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Tribunal correctionnel de Foix: l'agresseur sexuel écope de 3 ans de prison

© midinews (archives)

Agé de 21 ans, le prévenu déjà condamné pour agression sexuelle voici un an en Ariège, a été condamné cet après-midi à trois ans de détention.

Le jeune homme a comparu pour agression sexuelle en récidive, des faits commis à Foix mardi 15 avril. Il est également poursuivi pour détention d'images à caractère pédopornographique.

En détention provisoire, depuis son interpellation le lendemain de l'agression au domicile de sa mère à Ganac, le prévenu avait demandé, lors de sa première comparution, un délai pour préparer sa défense. Durant ces quelques semaines, Arnaud a dû se soumettre à une nouvelle expertise psychiatrique ordonnée par les juges.
Le discernement du prévenu était-il, ou non, altéré lors des faits?Voici bientôt un an, le prévenu avait été condamné à trente mois de prison, dont huit mois fermes, assortis d'une obligation de soins, pour avoir agressé une jeune femme qui pique-niquait, seule, au Calvaire.

La victime avait réussi à se libérer et à le repousser, avant de prendre la fuite. Condamné fin avril, libéré au mois de novembre, Arnaud avait ensuite été hospitalisé en psychiatrie, dans le cadre de l'obligation de soins imposée par la justice. Concernant le traitement médical qu'il devait suivre à sa sortie, il avoue ne pas l'avoir suivi, «n'aimant pas certains de ces médicaments»

Début 2014, c'est de son propre chef, que le prévenu décidait de suivre des soins psychiatriques en hôpital de jour, dans un nouvel établissement. Il a confié à la présidente du tribunal, «ne pas se sentir bien dans sa tête à l'époque»
Un passage à l'acte qui serait survenu d'un coupC'est ainsi qu'Arnaud tente d'expliquer son geste.

Le 15 avril, c'est à Montgauzy (avenue montant vers le Conseil Général), que l'agresseur s'est attaqué à une jeune femme qui promenait son chien dans un parc. Arnaud a avoué une partie des faits, mais dément avoir baissé le pantalon de X.

Ce jour là, il aurait fumé un joint et bu deux ou trois vodkas avant de se rendre chez un copain à Foix. Mais avant de rejoindre cet ami, il a fait un détour par le parc et s'est attaqué à X. Sa victime a témoigné de la violence de l'agression. La jeune femme a expliqué à la barre, avoir eu peur pour sa vie, «l'angoisse ne la quitte pas depuis»

Arnaud «ne sait pas pourquoi» il a commis cette agression sexuelle, il explique «avoir simplement voulu lui parler» A ce stade de son procès, le prévenu se défend: «les soins qu'on m'a donnés ne suffisaient pas» souligne-t-il et affirme avoir été victime de sa mère sexuellement. Arnaud avoue que cette dernière l'aurait agressé dès ses 5 ans, jusqu'à ses 11-12 ans.

Dans la salle, cette dernière réfute en pleurant. Concernant l'autre chef d'accusation, la détention d'images de mineur à caractère pornographique, le prévenu soutient que ces images étaient déjà dans l'ordinateur quand il l'a acheté d'occasion, ou alors, des amis auraient pu aller sur ces sites à son insu... Sur les culottes de femme, retrouvées à son domicile lors d'une perquisition, il souligne en avoir trouvé une dans la rue, pour les autres, il ne peut expliquer.

Pour la partie civile, «le profil du prévenu est inquiétant» Me Sabounji est revenu sur le rapport de l'expert psychiatrique, rappelant: «il majore ses troubles à but utilitaire» Selon l'avocat, «cet individu connait la partition, il est dangereux. Conscient de ses actes, il cherche à convaincre de son irresponsabilité» Pas de doute à avoir pour Me Sabounji, soulignant: «le risque de récidive, voire le risque pédophile»

Du côté du Parquet, Sarah Gonzalvez parle de «constat d'échec de l'administration judiciaire», «ce qui frappe» le procureur, «c'est l'absence totale de prise de responsabilité, il cherche à tout prix à nous convaincre de son irresponsabilité» soutient-elle. Dangerosité du prévenu, risque de récidive, antécédents judiciaires (5 condamnations, dont une en tant que mineur pour violence sur ascendant), autant d'arguments pour requérir, «afin de l'empêcher de recommencer et de protéger la société», 4 ans de prison, maintien en détention, suivi socio-judiciaire durant 5 ans, obligations de soins, révocation du sursis mise à l'épreuve et inscription au fichier des délinquants sexuels.
Me Alfort a plaidé pour l'enfance, «une enfance dont il ne voudrait pas»L'avocat n'a pas remis en cause la gravité des faits, mais a plaidé pour «un jeune homme de 21 ans, atteint de troubles psychotiques à tendance schizophrène»

S'adressant aux magistrates, il explique «j'ai parlé avec lui, il suffit de quelques minutes pour savoir qu'il est malade» Dénonçant la prison «où il sera gavé de cachets, mais pas soigné», l'avocat toulousain est revenu sur une enfance sans père, avec une mère présentant «des problèmes, et qui aura divers conjoints qui font n'importe quoi avec elle ou lui»

Sur l'accusation d'agression sexuelle à l'encontre de sa mère, l'avocat avoue «l'un des deux ment; je ne sais si j'ai eu de la chance d'avoir ou non rencontré sa mère» Me Alfort en est convaincu, «la mère a une part de responsabilité dans l'agression sexuelle reprochée à Arnaud... il n'est pas né comme ça» et son client est incapable d'expliquer ses actes.

«Il n'a rien dans la tête» souligne-t-il avant de revenir sur la personnalité du prévenu. «Ce n'est pas un dégénéré, mais un mal-généré» Pour un jeune homme «qui, s'il n'est pas pris en charge, n'est pas soigné, est un danger public», l'avocat «que la sanction intéresse» aimerait «que la justice fasse bien son travail» et que son client «soit pris en charge psychiatriquement»
Le jugement«Le tribunal n’a pas la même analyse que votre avocat, mais tient compte du manque de discernement», a expliqué Isabelle de Combette de Caumon, présidente à Arnaud.

Le jeune homme a été condamné à 3 ans de prison, maintient en détention, suivi socio-judiciaire durant 5 ans (s'il ne le respectait pas, il écoperait de 2 ans de plus), obligations de soins, révocation du sursis mise à l'épreuve et inscription au fichier des délinquants sexuels.

La partie civile a été jugée recevable. Avant qu’il ne retourne en cellule, la présidente l'a averti: «se ne sera pas des soins, si vous voulez bien, mais des soins obligatoires»

NR | 13/05/2014 - 19:40 | Lu: 12044 fois