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Tribunal correctionnel de Foix: condamné pour violences aggravées. Tout serait-il prétexte à un jeu pour le compagnon?

© midinews (archives)

Un homme de 43 ans a été condamné, hier, à 6 mois de prison ferme, et à un sursis et mise à l'épreuve de 18 mois, pour violences aggravées. Des faits commis à deux occasions sur son ancienne conjointe, et faisant suite à une première agression.
Manipulateur et violentEn octobre 2013, Jérôme, avait asséné une gifle à N., mais elle n'avait pas déposé plainte auprès de la gendarmerie de Tarascon, «trop amoureuse»

Fin mars de cette année, le prévenu a lancé un cendrier à la tête de la jeune femme. Secours et gendarmes étaient joints par le prévenu expliquant alors: «j'ai réagi par réflexe, elle venait de me gifler»

Le 29 avril, nouvelles violences. La victime a décidé de quitter Jérôme, et fait ses valises, quand elle est à nouveau frappée et reçoit des coups de poing au visage. Cette dernière agression vaudra 2 jours d'ITT à N, un trauma crânien avec perte de connaissance, et divers hématomes sur le visage et les bras.

«Marquée physiquement et moralement», la jeune femme raconte à la barre du tribunal: «j'ai quand même été inconsciente à chaque fois. Je l'ai extrêmement aimé» poursuit-elle, soulignant: «c'est quelqu'un de violent, de manipulateur, je me suis aperçue qu'il jouait avec moi»

Pour sa défense, le prévenu, n'a qu'un mot: «ce qui est fait, est fait... il faut payer les conséquences»
Une sordide histoire, «un jeu» pour le prévenuSous contrôle judiciaire depuis la 1ère agression, Jérôme a été déféré devant le procureur le 30 avril et placé en détention provisoire.

De prison, il écrit à N. D'abord des lettres enflammées, puis des courriers d'insultes. «C'était un jeu. Pour voir jusqu'où elle pouvait aller pour vous mentir», explique-t-il aux trois magistrates. «J'ai perdu» lance-t-il, envoyant un clin d'œil et mimiques à sa nouvelle compagne, une ex avec qui il vient de renouer.

Sûr de lui, un tantinet provocateur, le prévenu semble indifférent à la souffrance provoquée, aux coups portés. Tout juste admet-il, «qu'il pourrait se faire soigner pour les nerfs»... Concernant sa dépendance à l'alcool, il rétorque à la présidente du tribunal, «20 jours que j'ai été incarcéré, 20 jours que j'ai arrêté de boire»

Auparavant, l'homme avait interrompu sa prise de Baclofène, utilisé dans le sevrage de la dépendance à l'alcool. Selon ses dires, sa dépendance daterait de 1999, et du décès de ses parents.

Me Alzieu a bien tenté d'incriminer la victime. En effet, il ressort du dossier que N. a été entendue par les militaires. «Oui, j'ai tenté de mettre le feu à la porte de la maison de la nouvelle compagne de Jérôme. Oui, j'ai été placée en garde à vue pour ça», reconnaît-elle en réponse aux questions de l'avocate de la défense.

Mais explique-t-elle, «quand je me suis rendue compte qu'il nous envoyait les mêmes lettres d'amour, j'ai compris que j'étais manipulée»

«Et non», affirme cette infirmière, «je ne bois pas, et n'ai jamais été interpellée pour cela» L'alcoolisme, un terrain sur lequel tentait de l'entrainer, en vain, l'avocate de Jérôme.

Du côté du Parquet, Cécile Deprade quant à elle juge «inadmissible le comportement du prévenu»; elle lui lance: «le contrôle judiciaire n'a eu aucun écho sur vous. Vous savez que vous allez comparaitre et vous arrêtez le Baclofène»

Pour le vice-procureur, pas de doute. «Cette violence est inadmissible. Vous réagissez à vos propres pulsions et non aux injonctions de la justice»

Dans ses réquisitions, Cécile Deprade martèle «au regard de l'alcoolisme, du peu de considération pour votre victime,» avant de requérir: pour le 1er dossier (du 30 mars), une peine de 18 mois d'emprisonnement avec sursis et mise à l'épreuve, obligations de soins, de réparer le préjudice et interdiction d'entrer en contact avec N. Pour le 2ème dossier du 29 avril, quelques mois de prison et maintien en détention.

Le tribunal a suivi toutes les réquisitions du vice-procureur et a condamné Jérôme à 6 mois ferme pour les 2nds faits. La présidente lui expliquant que s'il tentait de rentrer en contact avec N, il subirait également les 18 mois de sursis et mise à l'épreuve.

Tout guilleret à la fin de son procès, ce dernier lance à sa nouvelle petite amie: «six mois, c'est rien», avant de quitter son box entouré du personnel pénitentiaire.

NR | 21/05/2014 - 19:30 | Lu: 14093 fois