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Tribunal correctionnel de Foix: l'un a des «extraterrestres dans la tête», l'autre comparaît pour 14 infractions

Hier après-midi, Jean-Louis a été présenté en comparution immédiate devant le Tribunal correctionnel de Foix, suspecté de 14 infractions.

Détention de cannabis, diverses contraventions routières, dont conduite sous l'empire de l'alcool, usage illicite, transfert ou cession de munitions ou d'arme, sans oublier outrages aux forces de l'ordre.
En sifflant «gros lard», il s'adressait à son chien et non aux gendarmesUn dernier chef d'inculpation pour lequel Jean-Louis semble être un fervent abonné, comme en a témoigné un militaire souhaitant rebondir «sur les outrages, insultes, menaces, allant crescendo, et réitérés du prévenu»

Un prévenu qui, malgré la présence de ses deux gardes pénitentiaires, s'énerve et fait mine de bondir... aussitôt cadré par la présidente du tribunal, le menaçant d'expulsion. Ambiance garantie.

Pour en revenir à notre gendarme, Vincent X qui s'est porté partie civile et demande 1000€ de dommages et intérêts, témoigne alors: «dans notre profession, on se fait constamment insulter... mais avec lui, ça dure pendant des heures alors qu'il sait qu'on ne peut répondre ni verbalement, ni physiquement»

Dans son box, le prévenu semble boire du petit lait et explique, «en sifflant et appelant gros lard, je m'adressais à mon chien, non aux gendarmes»

Propos approuvés par ses amis placés au premier rang. «Cette histoire est rocambolesque» affirme-t-il à la présidente. Incarcéré depuis le mois de janvier pour exécution de peines en attente, le prévenu a un casier judiciaire très ancien. Né en 1972, cet ancien toxicomane, lui même se définissant comme un «poly toxicomane» est un «beau gosse», tentant jouer de son charme. Peine perdue...

Concernant le chef d'inculpation de transfert ou cession de munitions d'un 38 spécial, Jean-Louis, «ne reconnait pas les faits et ne sait pas pourquoi Joël l'a dénoncé»

Joël autre prévenu dans ce dossier, s'avance libre à la barre du tribunal. Visiblement en état de manque, tremblant de tous ses membres, il comparait pour détention non autorisée d'arme, munitions ou élément essentiel de catégorie B, par une personne condamnée à une peine privative de liberté; des faits s'étant produits mi-avril, à Tarascon sur Ariège.

Aux gendarmes il a avoué que Jean-Louis lui aurait donné les munitions. A la barre, il s'enflamme et lance: «ce n'est que foutaises et malentendu» Il aurait trouvé les munitions dans un fossé et explique «j'ai l'impression d'avoir des extra-terrestres dans la tête»

On n'est pas loin de le croire, tellement le malheureux semble mal en point. Né en 1959, Joël est sous tutelle et selon le Dr Lazzaro, psychiatre, «des troubles psychotiques altéreraient son discernement» Du côté du Ministère public, Cécile Deprade pour Jean-Louis, parle de «faits constitués et reconnus»

Le vice-procureur revient sur les outrages et insultes à l'encontre des gendarmes, affirmant: «il se fait un malin plaisir à les insulter» Voulant «mettre un coup d'arrêt à de tels agissements, pour un prévenu dont le casier judicaire ne milite pas en sa faveur» (outrages, rébellion, conduite sous l'empire de l'alcool, stups, vols, violences avec usage d'une arme, recel, etc..., NRDL), Cécile Deprade a requis «contre quelqu'un de violent», 5 ou 6 mois ferme pour les outrages, et des amendes pour les contraventions.

Pour Joël, «qui en est là à cause de son passé pénal», confiscation des scellés et obligation de soins, «une nécessité»

Jean-Louis a été condamné à 6 mois ferme pour les outrages, et relaxé pour la cession de munitions. Il devra en outre s'acquitter de 50€ d’amende, pour chacune de ces 5 contraventions.

Concernant Joël, le tribunal a confisqué les scellés (munitions).

NR | 21/05/2014 - 19:23 | Lu: 11200 fois