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Tribunal correctionnel de Foix. Abus de confiance: le prévenu pensait «que seule la banque en serait pour ses pieds»

© midinews (archives)

Deux hommes ont comparu cet après-midi au tribunal correctionnel de Foix pour une sombre histoire de chèques contrefaits et usage de faux document administratif. Tous deux ont été condamnés à 6 mois de prison avec sursis.
Il pensait «que seule la banque en serait pour ses pieds»Jérémy plaquiste de métier avait monté une société, la SARL Placo-sud avec un ancien copain.

A la fermeture de ladite société, il oublie de rendre, ainsi qu'il s'y était engagé, un chéquier à Manuel, son ancien partenaire. Un peu plus tard, il donne ce chéquier à Mbavu afin que ce dernier émette des paiements en faveur de personnes à qui il devait de l'argent; des dettes concernant des stupéfiants.

Avec ces chèques contrefaits par Mbavu ont été achetés ordinateur, télé ou carburant. Jérémy est donc suspecté d'abus de confiance, de complicité d'usage de chèque contrefaisant et de falsification de chèque.

Pour sa défense, le jeune homme certifie ne pas avoir remis de carte d'identité à son complice. Il n'aurait donné ce chéquier, que pour régler ses dettes, pensant de bonne foi, «ne pas faire de tort à Manuel et que seule la banque en serait pour ses pieds»

Essayant d'attendrir ses juges et de prouver sa bonne foi, il relate: «on n'a pas eu d'argent dessus, c'était plus des échanges»

Détenu pour d'autres faits, Mbavu est quant à lui suspecté dans cette affaire de détention frauduleuse de faux documents administratifs (la carte d'identité), de contrefaçon ou falsification et usage de chèques contrefaits.

En France depuis l'âge de 16 ans, il explique à la présidente du tribunal s'étonnant des contrefaçons, «chez nous il n'y a pas de chèques... je ne savais pas comment ça marche» Sourires dans la salle. Pour la fausse carte d'identité, Mbavu est formel, Jérémy la lui a donnée en l'exhortant à être prudent, en lui disant, «ne te fais pas griller»

Il maintient qu'il ne savait pas que cette carte était fausse.

Dénonçant «un mode opératoire bien rodé», le procureur souligne que les «faits sont simples, constitués et désagréables pour les commerçants et le gérant de l'ex société»

19 victimes ont été recensées, 2 se sont constituées parties civiles. Le Parquet ne pouvant apporter la preuve que Mbavu était au courant de la fraude concernant la carte d'identité, Sarah Gonzalvez a requis 8 mois assortis du sursis.

Pour Jérémy, dont le délit d'abus de confiance est constitué, 3 mois avec sursis et mise à l'épreuve, «une peine d'avertissement», et obligation d'indemniser les victimes.

A la défense de Mbvadu, Me Cazellas a plaidé sur le manque d'élément intentionnel concernant l'usage de faux. Sans avocat, Jérémy a expliqué «avoir pris un autre chemin depuis», alors que son complice lançait: «c'est en faisant des erreurs qu'on apprend»

Tous deux ont été condamnés à 6 mois assortis du sursis. Mbavu est retourné en détention en attendant son prochain procès.

NR | 03/06/2014 - 19:21 | Lu: 9526 fois