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Agression sexuelle: le «jeu du goût» le conduit au tribunal correctionnel

© midinews (archives)

Le 21 septembre 2001, Nicolas S. avait proposé le «jeu du goût» à une petite fille de 8 ans.

Après l'avoir entrainée dans une remise non loin de la maison où il avait été placé en famille d'accueil chez la grand-mère, le garçon de 20 ans, demandait à la fillette de fermer les yeux et d'ouvrir la bouche afin de lui imposer une fellation. Aujourd'hui âgé de 32 ans, le prévenu avoue avoir entrainé X à l'abri des regards, mais nie une partie des faits.

La fillette aurait confié son agression à une camarade d'école, cette dernière avait également été agressée sexuellement. Devenue adulte et sur les conseils de son psychiatre, elle décidait de porter plainte, mais n'a pas suivi l'aboutissement de celle-ci; «une carence», que le procureur explique par «l'envie de tourner la page, de laisser ces faits derrière elle»

Treize ans après les faits, Nicolas S. en a nié une partie à la barre du tribunal correctionnel, en dépit d'une condamnation pour des faits similaires (une agression sur son cousin âgé de 3 ans, un mois après les faits commis à l'encontre de X).

Selon ses dires, il se serait arrêté à temps et n'aurait pas baissé son pantalon qu'il était en train de déboutonner. Pour expliquer son geste, il parle de pulsion, «ayant des difficultés avec les filles» Vierge à l'époque, «il se serait arrêté, se rendant compte qu'il allait faire une connerie»

Concernant l'agression du 13 novembre 2001, celle de son cousin, le prévenu confie à ses juges, «qu'il ne s'explique pas pourquoi il n'a pas pu arrêter» Il avait été condamné à un an avec sursis, et suivi socio-judiciaire pendant 5 ans.

Nicolas S. suit une psychothérapie, il serait bipolaire selon un psychiatre. Pour un autre expert, le prévenu ne présenterait pas de pathologie, mais serait «de type dissocial»
Tentative ou désistement volontaire?«Le point d'achoppement de la procédure» selon Olivier Caracotch, soulignant à l'attention des juges: «Vous aurez à trancher entre ces deux versions»

Soulignant «une distorsion entre les propos du prévenu et l'analyse presque scientifique qu'il fait, une analyse pas en lien avec les faits qu'il décrit ou que raconte X», Oliver Caracotch est entré en voie de condamnation.

«Compte tenu de l'ancienneté des faits», le procureur a requis une peine de huit mois de prison avec sursis et inscription au fichier des délinquants sexuels.

A la défense, Me Trespeuch est revenue sur les deux versions qui s'affrontent, alors que son client «assume ses actes»

Dénonçant «un contexte particulier, une seule parole de la victime, le manque d'expertise, aucun élément objectif à cette affaire, des faits toutefois perturbateurs pour une jeune fille», l'avocate a plaidé l'indulgence.

Nicolas S. a été condamné à un an de prison avec sursis et son inscription au FIJAIS actée.

NR | 11/06/2014 - 19:10 | Lu: 16866 fois