A quelques jours du 25 septembre, date de la traditionnelle cérémonie rendant hommage aux Harkis, l’impatience gagne les rangs d’une communauté meurtrie par l’histoire.
En effet, 2012 est une année cruciale pour tous les harkis et leurs enfants qui soixante ans après la tragédie du 19 mars 1952 attendent toujours réparation de l’Etat français.
Certes Jacques Chirac avait en son temps pris acte de la dette de la France à l’égard de tous les harkis en reconnaissant solennellement que la Nation ne leur avait pas fait la place qui leur était due. Mais depuis rien de concret.
Cette année, les harkis attendent une véritable «politique de réparation» car François Hollande au cours de sa campagne électorale s’est engagé à reconnaître officiellement la responsabilité du gouvernement de 1962 dans l’abandon et le massacre des harkis.
Il s’est également prononcé en faveur d’une politique structurée à la réussite des enfants et des petits-enfants de harkis.
La communauté entend que cette commémoration du 25 septembre qui coïncide cette année avec l’arrivée d’un président socialiste marque un tournant dans l’histoire et qu’elle constitue un véritable signe d’apaisement et de réconciliation.
Dans le département de l’Ariège, «les dossiers n’avancent guère» regrette Fatima Rubio-Mokrani, vice-présidente de l’association «Coordination Jeunesse Harkie Ariégeoise et leurs Amis»
La jeune femme se bat depuis des années pour que le monument à la mémoire des harkis, une stèle située au cœur d’un lotissement dans le hameau de Ginabat (commune de Montoulieu), soit rehaussé afin de le protéger des déjections animales.
Seul lieu de mémoire de la communauté, cette stèle rappelle l’emplacement de l’ancien hameau forestier construit en 1964 pour accueillir 25 familles de Harkis.
«M. Laborie, secrétaire général à la Préfecture, s’est engagé, il s’est également rapproché du maire de Ginabat… mais au final rien n’est fait.
Ils ont peur de casser la stèle. La réponse est loin de satisfaire les anciens qui cette année encore pourront constater le 25 septembre, jour de la cérémonie commémorative, que rien n’a été fait, pas même le minimum syndical»
Quant aux deux autres dossiers: les emplois réservés pour les fils de harkis et le cimetière de St jean du Falga… la situation est au point mort.
«Pour les emplois réservés, nous avons eu une réunion publique le 13 juillet afin de sensibiliser la population, le préfet de l’Ariège a adressé une lettre le 18 juillet à toutes les administrations pour leur demander de faire bon accueil aux enfants de harkis… depuis 2010 il y a eu des embauches mais pas de fils de harkis.
Quant au carré confessionnel de St Jean du Falga*, il y a eu une légère avancée puisqu'on a octroyé aux harkis dont un parent est inhumé ici un emplacement (en tout 2 rangées de 5 concessions chacune). Nous sommes déçus car nous attendions un geste plus significatif»
Fatima Rubio-Mokrani malgré ses années de combat ne désarme pas même si elle traverse des périodes de doute: «le 25 septembre approche et j’aurai tellement aimé faire un discours positif, annoncer un changement significatif… mais les gouvernements changent et les harkis attendent toujours»
Elle attend dans les jours prochains un entretien avec Jean-Pierre Bel, président du Sénat, et elle sera reçue mardi par Frédérique Massat, députée de l’Ariège.
* Si aujourd’hui de nombreuses villes comme Laroque d’Olmes, Lavelanet, Villeneuve d’Olmes, Tarascon, Pamiers… mettent à disposition de la communauté musulmane des carrés confessionnels, à leur arrivée dans le département de l’Ariège, en 1964, les Harkis ne pouvaient se faire inhumer que dans le cimetière de St Jean du Falga. En 1996 des tombes musulmanes ont été vandalisées et le maire a décidé de n’accepter dans ce carré confessionnel que les musulmans de sa commune. Une décision mal vécue par les harkis ariégeois qui se voyaient interdire du jour au lendemain la possibilité d’accéder à ce cimetière où les membres de leur communauté reposaient.
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