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Prat-Bonrepaux: un grand pas pour la solidarité, «Tous ensemble»
07/09/2012 | 20:21
© MidiNews 2012

«Vous vous rendez compte combien on était hier soir, près de 500, 600 personnes» s’exclame Marc-Emmanuel, devant cette foule de bénévoles revenus dès 9 heures ce matin sur les allées du Pré-commun à Bonrepaux.

Il est certain que la petite cour de l’école publique de Prat n’avait probablement jamais connu pareille affluence.

«Plus qu’à la fête du village» dira cet anonyme dans la foule. La fête de la solidarité, pour le moins.

L’objectif était de mobiliser. Première phase gagnée haut la main, haut les cœurs plutôt.

Les Pratéens et plus largement les Ariégeois ont su répondre présent à l’invitation de l’animateur vedette de l’émission de télé-réalité solidaire phare de TF1, qui vient là, pour sa centième émission, en aide à une famille installée ici dans le village, au rythme des «Poutous toulousains», le groupe folklorique qui bat la mesure pour ces stakhanovistes de la pierre, ces maçons du cœur.

C’est les larmes aux yeux, devant une foule toute acquise à sa cause, «à la bonne cause», que Marc-Emmanuel revient sans s’appesantir sur la terrible histoire de cette famille pour qui, lui et ses bénévoles vont désormais soulever les montagnes.

Laurent, le «papa de cœur», entouré de ses proches est là lui aussi. Un cœur gros «comme ça» surtout.

C’est par lui que tout a commencé il y a quelques mois lorsque devant la détresse de Frédéric, employé dans son garage à Castelnau-Durban, il a osé appeler la société de production La Concepteria, basée à Paris, pour qu’elle s’intéresse au cas de Frédéric et de ses frères et sœurs.

Agé de 20 ans Frédéric est l’aîné d’une famille qu’il a déjà dû se battre pour conserver, après le décès coup sur coup de leurs père et mère.

Lui et ses trois frères et sœurs âgés eux de 17, 10 et 2 ans habitent une maison à flanc de roche qui tombe en ruine à la sortie de Bonrepaux, qu’ils n’ont plus les moyens, ni la force surtout, de remettre en état.

Jeudi soir, c’est une armada de bénévoles, galvanisés par Marc-Emmanuel et toute son équipe qui est venue apporter son soutien et montrer sa détermination à prêter main forte à la famille.

Au soir comme au petit matin, les bras se lèvent bien haut, chacun veut participer, et c’est avec la même détermination que chacun marche vers cette maison à retaper.

Surtout, ce sont autant de gens de bonne volonté qui ont fait preuve de cœur, pour, comme le souligne Marc-Emmanuel, «recréer du lien social»; là est finalement peut-être le plus important.

La mobilisation n’a pas failli au réveil, en l’absence des caméras: plus d’une centaine de personnes sont déjà à pied d’œuvre dès 9 heures pour déblayer l’énorme chantier qui s’annonce car il faut tout refaire du sol au plafond tout en assurant la sécurisation des lieux.

Tout compte ici. Les bénévoles qui vont donner la main, les fournisseurs de matériaux et entrepreneurs du bâtiment (près de 80 se sont déjà portés volontaires) mais aussi tous ceux qui de près ou de loin vont intervenir dans cette vaste chaîne humaine: paysagiste, charpentier, plombier, jusqu’aux restaurateurs… «et un cassoulet géant» commandé par Marc-Emmanuel à Françoise la tenancière du bar-restaurant du village.

Et parce que c’est la centième de l’émission, «des anciens venus de tout le grand sud ont fait spontanément le déplacement»

Ceux qui ont participé à d’autres chantiers solidaires de la sorte ou ceux qui en ont bénéficié.

Plus rien ne semble devoir arrêter cette -belle- mécanique du cœur et de la solidarité.

Frédéric et ses frères et sœurs, eux, ont été relogés. Ils n’étaient pas présents à l’école de Prat et ne verront pas la maison.

Si tout va bien, si l’émulation fonctionne, si les bénévoles suivent, et personne ici n’en doute, d’ici 3 à 5 semaines la maison sera remise d’aplomb et la «grande révélation» aura lieu.

La remise des clés par Marc-Emmanuel à Frédéric et sa famille, sous les yeux des quelques 3 millions de spectateurs qui suivent l’émission tous les samedis sur TF1.

Pour Marc–Emmanuel, qui mène 5 chantiers tels que celui-ci en même temps, cela reste une gageure tout autant qu’un combat permanent, pour que tous se mobilisent, qu’au bout du compte triomphe la solidarité.

35 chantiers sont ainsi menés dans l’année. A l’arrivée, de Prat-Bonrepaux à Saint-Marcelin ou ailleurs encore, c’est par petites touches successives que se forme cette vaste chaîne de solidarité.

«Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité» aurait ainsi pu s’exprimer d’autres illustres grands hommes.

Pour Frédéric et les siens, le bonheur, ce bonheur partagé avec tant de bénévoles, est proche.

Pour les autres, tous les spectateurs, l’émission devrait passer d’ici à la fin de l’année, à la mi-novembre selon nos sources.

D’ici là chaque jour pendant près de 3 à 5 semaines, l’humanité va progresser à grand pas dans ce petit village de Prat-Bonrepaux, au fin fond de l’Ariège.

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auteur: Py.M | publié le: 07/09/2012 | 20:21 | Lu: 50464 fois