Salvador Pérez, préfet de l’Ariège, a présidé hier à Montoulieu la traditionnelle cérémonie en hommage aux Harkis en présence de Fatima Rubio-Mokrani, vice-présidente de l’association «Coordination Jeunesse Harkie Ariégeoise et leurs Amis», du général Roquejeoffre et d’Eric Donzé maire du village.
Celui-ci a indiqué en introduction qu’après deux années de travaux, un nouvel espace accueillait désormais la stèle commémorative: «nous avons souhaité recréer un nouvel espace de vie, favoriser le lien social et la mixité sociale avec ce projet de logements locatifs mené en relation avec l’OPAH»
Désormais en lieu et place de l’ancien hameau forestier construit en 1964 pour accueillir 25 familles de harkis, un nouveau quartier résidentiel a vu le jour.
Une nouvelle page de l’histoire du village va s’écrire sans pour autant oublier le passé: «tout le projet a été pensé autour de la stèle commémorative, symbole de cet épisode tragique qui a marqué l’histoire de la commune»
Pour Fatima Rubio-Mokrani il ne faut pas oublier le combat mené pour la reconnaissance des Harkis et en cette date anniversaire des 50 ans des accords d’Evian (qui avaient marqué, le 18 mars 1962, la fin de la guerre d'Algérie), «accords auxquels les Harkis n’ont jamais été associés», il est temps que la France étudie leurs «légitimes revendications»
Kader Arif, ministre délégué aux anciens combattants, a rencontré le 18 septembre dernier les associations de Harkis, «la première reconnaissance était de rétablir le dialogue , de corriger les dysfonctionnements dans la gestion des dossiers, un travail de concertation est engagé pour un prochain chantier de réforme visant la reconnaissance des Harkis en France et leur accompagnement dans les difficultés sociales»
Concernant le département de l’Ariège, Fatima Rubio-Mokrani a remercié les élus qui ont soutenu son association: Frédérique Massat, Jean-Pierre Bel mais également les services de l’Etat qui sont des interlocuteurs privilégiés avant de conclure: «aujourd’hui nous sommes sereins»
Le préfet de l’Ariège a ensuite lu le message du président de la République aux anciens supplétifs de l'armée française en Algérie.
«La mémoire des Harkis est une mémoire vivante et souffrante, elle impose à la France un retour sur elle-même et sur son histoire.
En cette journée nationale dédiée au souvenir, il importe que la vérité soit dite, que les leçons en soient retenues et que les conclusions en soient tirées»
Le mea culpa du gouvernement français est explicite: «il y a 50 ans la France a abandonné ses propres soldats […] Les Harkis sont les oubliés de cette histoire. Au-delà des désaccords, au-delà des confrontations, au-delà de la guerre elle-même, l’oubli est pire que tout»
L'engagement de François Hollande pris en cette année 2012 marquant le cinquantenaire des accords d'Evian, intervenant après une longue bataille pour les Harkis, est un symbole fort pour cette communauté qui représente quelques 500 000 personnes.
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