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L'Ariège et la fracture sanitaire
17/10/2012 | 18:40
Crédit photo: Endostock

L’étude a fait les gros titres de la presse nationale en ce début de semaine.

La dernière enquête de l’UFC Que Choisir concerne les déserts médicaux et pointe du doigt un phénomène qualifié de véritable fracture sanitaire.

Département à la qualité de vie reconnue et souvent mise en avant, l’Ariège souffre pourtant des maux relevés dans cette grande enquête nationale en matière de santé et d’accès aux soins.

L’étude révèle que les deux postes principaux de préoccupations des Ariégeois interrogés sont le coût (71%) et l’accès aux soins (46%).

Carte à l’appui (celle-ci est consultable sur le site de l’association) les responsables de l’association parlent même d’une offre médicale «alarmante» dans notre département.

La situation diffère bien entendu selon que l’on habite en ville ou en zone de montagne et elle s’accentue davantage selon que l’on souhaite faire appel à un généraliste ou à un spécialiste.

Pour autant l’enquête comporte quelques éclairages forts.

Souvent abordés séparément, l’accès géographique aux soins et les dépassements d’honoraires (qui ont doublé en 20 ans) apparaissent étroitement liés, et viennent conjointement affaiblir l’égalité des Ariégeois devant le système de santé.

Une étude exhaustive de la localisation des médecins et des tarifs pratiqués pour 4 spécialités (généralistes, ophtalmologistes, gynécologues et pédiatres) et qui tient compte de la capacité financière des usagers à se soigner, permet à la Fédération UFC–Que Choisir d’avoir une vision fine à l’échelle du département, commune par commune.

Premier enseignement: si les déserts géographiques ne concernent qu’à la marge les médecins généralistes, tel n’est pas le cas pour les spécialistes puisque pour les pédiatres, les gynécologues ou les ophtalmologistes, c’est respectivement 52%, 66 % et 90 % de la population qui se trouve dans des déserts médicaux.

Rappelons que pour le ministère de la Santé, un territoire est un désert médical quand, au-delà d’une activité soutenue des médecins, leur densité par rapport à la population est de 30 % inférieure à la moyenne nationale.

Sachant également que pour cette étude l’UFC s’est basé sur un temps de trajet maximal entre le domicile et le cabinet du médecin de 30 minutes pour les généralistes, et de 45 minutes pour les spécialistes.

Ensuite, au-delà des déserts géographiques, si l’on ne tient compte que des médecins qui ne pratiquent pas de dépassements d’honoraires, la situation s’aggrave très nettement: la pénurie de médecins s’intensifie.

Une situation qualifiée de «double peine»

C’est ainsi que dans notre département, le pourcentage de la population vivant dans un désert médical ophtalmique passe de 47 à 90% si l’on ne peut financièrement accéder qu’à un ophtalmologiste aux tarifs de la sécurité sociale (pour les gynécologues 44 à 66%).

Plus inquiétant encore, l’exclusion sanitaire n’épargne aucune zone.

L’exclusion sanitaire liée à la capacité financière des usagers, donc à la cherté des soins, est généralisée contrairement aux déserts géographiques qui touchent principalement les zones rurales.

Toujours selon cette grande enquête, les habitants de Pamiers et Foix par exemple, seraient à considérer dans des déserts médicaux s’agissant des ophtalmos ne pratiquant pas de dépassement d’honoraires.

En revanche, les dépassements d’honoraires n’ont qu’un impact limité sur l’accès aux généralistes.

Dans ce cas de figure «seulement» 11 % de la population du département vit dans un désert médical pour l’accès aux généralistes.

Lavelanet et Pamiers sont les deux villes qui se distinguent par une plus grande difficulté à accéder aux généralistes sans dépassements d’honoraires.

Comme sur le plan national, l’Ariège se caractérise également par ce phénomène de fracture sanitaire.

Au-delà des déserts géographiques qui concernent surtout les spécialistes en zones de montagne, l’UFC que Choisir pointe du doigt la fracture qui s’installe entre ceux qui peuvent accepter de se soigner dans de bonnes conditions malgré les dépassements d’honoraires et les autres, progressivement exclus du système de santé.

Un phénomène que l’UFC que Choisir entend dénoncer et solutionner en interpellant les parlementaires du département, pour demander notamment un conventionnement sélectif des médecins, une réduction des aides publiques aux médecins installés en zone sur-dotée ou encore de plafonner les dépassements d’honoraires.

L’Ariège est indéniablement un département où il fait bon vivre. Il faut également qu’il y fasse bon se soigner pour tous et pas seulement pour ceux qui peuvent se le permettre ou accepter de se déplacer.

Une enquête exhaustive à retrouver dans les dernières publications de l’UFC Que Choisir.

Plus d’infos sur ce thème:

Union locale de l’Ariège
Maison du Couserans, Place Alphonse-Sentein 09200 Saint-Girons
05 61 66 03 66
[email protected]

actualites Ariege
auteur: Py.M | publié le: 17/10/2012 | 18:40 | Lu: 15512 fois