La fête des morts est un rituel pratiqué dans de nombreuses cultures.
En France, traditionnellement, le 2 novembre est dédié à la commémoration des défunts, un moment privilégié pour les honorer et penser à eux.
Dans la tradition catholique, c’est l’occasion de faire le tour du cimetière et de fleurir les tombes.
Mais on assiste aujourd’hui à un véritable phénomène de société, pour leurs propres obsèques, de plus en plus de Français choisissent la crémation plutôt que l'inhumation.
Selon un sondage IPSOS réalisé en 2010, 32 % des Français - 50 % dans les grandes villes - demandent à se faire incinérer.
Roland Pavan, président de l’association des crématistes de l’Ariège, précise qu’au début des années 80, elle ne représentait environ que 3% des pratiques.
Selon lui une courbe qui augmente pour deux raisons: «les gens ne sont plus attachés à un lieu, ils bougent beaucoup, s’installent ailleurs que sur leur territoire de naissance… le souvenir des tombes est moins prégnant.
D’autre part il y a l’aspect économique, la crémation est logiquement moins onéreuse.
Notre message est simple ne vous laissez pas piéger par les belles paroles des agents commerciaux des pompes funèbres qui malgré la peine des familles essaient de vendre des cercueils traditionnels en sapin ou pire encore en chêne… demandez le moins cher car au final le cercueil sera incinéré.
Dans certains pays de tradition protestante comme le Danemark, l’Allemagne ou les Pays-Bas, on n’hésite pas à proposer des cercueils en carton !»
Outre la baisse de la pratique religieuse qui motive cette augmentation, on observe également que la hausse impacte davantage les pratiques en milieu urbain que dans les campagnes.
Cependant en Ariège, l’inauguration du crématorium de Pamiers en 2010 a permis de briser les tabous et les lieux communs: le schéma d’obsèques traditionnel tend à évoluer vers la crémation.
«Si la personne meurt à l’hôpital ou à la maison de retraite, on a le droit de laisser le corps trois jours, c’est totalement gratuit et souvent les familles ne le savent pas» ajoute Roland Pavan pour qui la philosophie de la crémation s’adresse aux croyants et aux non-croyants:
«Depuis 1963 et le concile de Vatican III la crémation n’est plus interdite par l’église. Dans le département de l’Ariège l’évêque actuel Philippe Mousset et les autorités ecclésiastiques se sont prononcés pour faire la messe en présence du cercueil et non en présence d’une urne.
Dans certains diocèses c’est différent… je pense que c’est l’affaire des familles et de leurs convictions»
Le président de l’association des crématistes de l’Ariège a adressé récemment un courrier à l’évêché demandant qu’un diacre puisse accompagner la famille au crématorium pour une prière collective.
Il lui a été répondu par voie de presse par Bertrand de Sentenac, curé de Pamiers que c’était impossible.
«L’église d’Ariège privilégie l’inhumation mais ne s’oppose pas à l’incinération… En 1963 une fenêtre s’était ouverte mais actuellement elle tend à se refermer»
Du fait de son déplacement à Lourdes pour assister à l’assemblée épiscopale, Philippe Mousset n’était pas joignable ces jours-ci et personne n’a pu nous donner la position de l’évêché.
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