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Mariage homosexuel en Ariège: mariage pour tous... ou presque?
13/11/2012 | 19:18
© MidiNews 2012
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société Les élus ariégeois sont-ils prêts à célébrer un mariage homosexuel?

Le cardinal André Vingt-Trois qui présidait ces jours-ci la conférence des évêques de France à Lourdes a relancé la polémique ou la discussion, du mariage homosexuel en déclarant au sujet de ce projet de loi:

«Ne pas connaitre la différence sexuelle serait une supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société […]

Contrairement à ce que l’on nous présente ce ne serait pas le mariage pour tous, ce serait le mariage de quelques uns imposé à tous
» a-t-il souligné en invitant les chrétiens à protester.

Des déclarations qui ont mis le feu aux poudres, il faut le reconnaitre.

Car globalement si toutes les religions monothéistes s’opposent à ce projet en vertu de leur foi puisée dans le Coran ou dans Bible, elles restent dans leur rôle, la règle religieuse s’effaçant devant la loi, compte tenu du principe de laïcité.

Ainsi le conseil du culte musulman a estimé que le mariage homosexuel est «non conforme» à l’Islam mais «les normes d’une religion ne peuvent se soustraire aux normes et aux règles de la République qui s’appliquent à tous»

Cependant les catholiques depuis le mois d’août ont cherché à en faire un sujet d’opposition polémique, plutôt qu’un débat sociétal.

Sans revenir à une explication de texte, dans cette loi il est question de mariage civil et non de mariage religieux.

Le mariage civil permet en effet aux époux d’hériter de leur conjoint même en l’absence d’un testament, de percevoir une pension de réversion en cas de décès de l’un d’entre eux, il ouvre également la voie de l’adoption des enfants de son conjoint.

Nous avons rencontré deux personnalités ariégeoises, Philippe Mousset, évêque de Pamiers de retour de la conférence des évêques de France, et Nobert Meler, maire adjoint de Foix et militant associatif engagé dans le mouvement humaniste.

Pour l’évêque, le mariage pour tous «n’est pas seulement le toilettage d’une loi, c’est un projet qui touche en profondeur un des piliers fondamental de la famille et de la société.

Nous pensons unanimement les évêques de France qu’il est important de se donner les moyens d’un débat.

Nous ne cherchons pas la polémique mais on ne peut pas toucher ainsi à un socle de vie en société, à la famille, sans qu’on puisse en parler.

La position de l’évêque de Pamiers est claire, le débat est nécessaire et personnellement je vais en avoir un dans les semaines à venir avec Michel Teychenné, ici même à Pamiers.

Dans ce débat, la première des choses qui me semble importante c’est le respect et que nous puissions nous retrouver dans notre société démocratique autour de questions importantes.

L’église se permet d’apporter une position critique à la loi, se permet d’apporter sa voie mais non pas pour l’imposer mais pour approfondir le sujet.

Malheureusement parfois dès qu’il y a une voie qui diffère, on peut tomber dans une caricature: c’est un homophobe et c’est dommage car l’homosexuel doit être respecté et à travers ce projet se mettre à l’écoute de ce qu’il veut […]

A mon sens c’est une reconnaissance sociale de leur amour qu’ils demandent  mais on n’a pas besoin d’avoir recours à l’institution du mariage pour cela [...]

Peut-on mettre sur le même pied un couple homosexuel et hétérosexuel, sachant que le mariage permet d’avoir une filiation?

Est-ce bien le moment d’affaiblir la paternité, la maternité et donc la filiation?… s’ils ont besoin de reconnaissance il faut dialoguer avec eux et trouver le chemin le plus juste possible leur permettant d’accéder à leur demande
»

A la question, ne pensez-vous pas vous éloigner de votre registre à travers cette prise de position? L’évêque de Pamiers ajoute: «la laïcité ce n’est pas neutraliser les débats.

J’ai une haute opinion de la laïcité, de la démocratie, celle-ci est d’autant plus vivante et enthousiasmante pour les générations à venir qu’elle sera capable de permettre de s’exprimer les uns les autres sans pour autant mettre la main sur l’espace laïc […]

Avoir le souci des uns et des autres, chercher ensemble la voie la plus juste pour tous, en tenant compte de la diversité des situations…ce n’est pas faire la même chose pour tous, uniformément. Soyons libres !
»

Du côté de la Libre Pensée, l’opinion, on s’en serait douté, diverge.

Nobert Meler trouve même «inquiétant que pour des raisons électorales, ce sujet soit porté en 1ère ligne de l’ordre du jour car les sujets de société ne doivent pas être des sujets de division.

Je voudrais rappeler que dans les années 70 Simone Veil avait trouvé en face d’elle les mêmes adversaires s’agissant de la loi pour l’interruption volontaire de grossesse
»

Et évoquant les principes qui le guident, d’ajouter: «dans une société normalement constituée c’est la démocratie qui décide c'est-à-dire les groupes humains dans leur totalité, ce n’est jamais, en aucun cas, un groupe de pression, jamais une hiérarchie même si c’est une hiérarchie religieuse qui décide pour l’ensemble de la population.

Cela pose un problème institutionnel cette intrusion de la hiérarchie catholique dans la vie publique.

Je dis bien la hiérarchie religieuse car sur le terrain ce n’est pas tout à fait la même chose, les membres de cette religion n’ont pas de positions aussi radicales.

Au plan politique je voudrais rappeler qu’en 2007, Nicolas Sarkozy dans le magazine Têtu s’était déclaré en faveur du mariage entre personnes du même sexe. Inversement cela ne porte pas atteinte à la liberté de ce qui n’ont pas envie de le faire
»

A la question célèbrerez-vous en tant qu’élu des mariages homosexuels? Norbert Meler conclut en bon républicain: «en tant qu’élu je suis légaliste, quand on est en démocratie, si la loi le dit je le fais. Et quand on est élu on est là pour appliquer la loi»

Un débat qui devrait se poursuivre dans les semaines à venir.

actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 13/11/2012 | 19:18 | Lu: 15195 fois