Violences: un nouveau visage à l'unité d'accueil pour les victimes
En 2007, l’unité ariégeoise d’accueil des victimes de violences ouvrait ses portes, dans le cadre du Centre hospitalier du val d’Ariège (CHIVA) au 10 rue Saint Vincent à Pamiers.
Depuis plus de six ans, cette structure propose en un même lieu un accueil pluridisciplinaire dans le domaine médical, juridique et psychologique. Une initiative portée par le Dr Frédérique Thiénnot.
Mais le service a grandi et l’équipe s’est développé. Même si l’on retrouve le noyau de base constitué par l’infirmière, la psychologue et les juristes, plusieurs médecins urgentistes sont amenés à réaliser ces permanences. Parmi eux, Marie-Lise Rémy, en poste aux urgences du Chiva et en cours de formation à Montpellier pour une capacité en médecine légale.
Cette jeune praticienne à l’UAV depuis plus d’un an réalise des examens sur les personnes qui ont subi des violences, tout type de violences.
Ce sont des victimes de violences conjugales ou d’agressions sexuelles, mais également de violences faites sur le lieu de travail, des victimes d’accidents de la route, d’agressions sur la voie publique, en réunion… la liste est longue, aussi pesante que la détresse morale et psychologique de ces personnes souvent isolées, parfois terrorisées.
Un parcours à la carteUn numéro d’appel permet d’être en relation avec l’UAV toute la semaine mais les rendez-vous sont pris pour le lundi ou le vendredi matin: «si les gens se présentent spontanément il est souvent difficile d’organiser un parcours cohérent» précise le Dr Rémy.
A son arrivée, le patient est pris en charge par l’infirmière qui fait un premier point avec la victime avant de l’orienter vers une démarche judiciaire, médicale ou psychologique: «la juriste peut l’aider à rédiger des courriers, il s’agit souvent de personnes qu’il faut reloger dans la journée. Si elle est choquée elle aura besoin de l’écoute de la psychologue et le médecin rédigera un certificat détaillé qui fera foi auprès des autorités judiciaires.
La victime peut également avoir accès aux services du Chiva pour des examens complémentaires. Rien n’est imposé, elle voit le nombre d’intervenants qu’elle souhaite en fonction des besoins. C’est une structure très ouverte. Par contre il y a un suivi, on sera ensuite certainement amenés à se revoir pour continuer à l’aider, l’orienter»
Si les départs ont été laborieux, actuellement l’Unité d’Accueil des Victimes réalise un nombre relativement stable de consultations (450 personnes sont accueillies chaque année).
Profil des personnes accueilliesOn s’en serait douté, il y a deux fois plus de femmes victimes de violences que d’hommes. La tranche d’âge est vaste, cela va de 19 à 60 ans avec deux pics qui se détachent: les 19-20 ans et les 41-60 ans.
«Nous enregistrons beaucoup de violences conjugales et dans les agressions autres que les violences familiales, beaucoup de violences sur la voie publique, dans le contexte festif ou en réunion»
Il faut compter pour l’année en cour 80 violences conjugales, 86 agressions tout type, des violences interfamiliales et 30 personnes pour violences routières.
«Les victimes présentent surtout des violences physiques et morales souvent bien plus difficiles à soigner. Concernant les violences sexuelles nous avons une équipe dédiée au Chiva qui prend directement en charge les victimes sur réquisition de la justice»
Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, a présenté le 22 novembre un plan triennal (2014-2016) de lutte contre les violences faites aux femmes. Objectif affiché: ne laisser «aucune violence déclarée sans réponse pénale, sanitaire et sociale»
Ce 4e plan, au budget doublé, avec 66 millions d'euros contre 31,6, est censé contribuer à faire de ces violences une «priorité de santé publique» et «sortir les victimes de ce cycle infernal le plus rapidement possible»
L’équipe de l’UAV de Pamiers espère que des moyens seront mis à sa disposition pour une meilleure prise en charge au niveau local.
UAV
10, rue Saint Vincent à Pamiers
Consultations les lundis et vendredis matin
Prise de RV du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 au 05 61 60 90 15
Numéro d’urgence: 39-19
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