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Lutte contre les violences faites aux femmes: nouveau plan triennal pour plus de moyens en Ariège

© midinews 2013

La lutte contre les violences faites aux femmes constitue un enjeu majeur tant au niveau national que local.

Le 4e plan triennal a été présenté par Najat Vallaud Belkacem le 22 novembre dernier: les moyens seront doublés pour les trois prochaines années. Son objectif: ne laisser aucune victime sans réponse pénale, sanitaire et sociale.

Nathalie Marthien, préfet de l’Ariège, au terme d'une réunion avec les partenaires départementaux (associations, services de l'état), vient d’en dévoiler les déclinaisons, qualifiant ces violences faites aux femmes de véritables actes de délinquance.
De bien tristes constats«Ces violences sont insupportables, elles témoignent d'une réalité effrayante. Lors du précédent plan on a recensé 201 000 femmes victimes (dont 83 000 ont été victimes de viols), seulement une sur six porte plainte et tous les deux jours et demi une femme meurt sous les coups de son conjoint (soit pour la seule année 2012, 48 femmes mortes).

Le département de l'Ariège n'est pas épargné: on a recensé 286 faits de violences en 2012 et 5 femmes ont été tuées depuis 2006. Ce ne sont pas des incidents anodins, c'est un sujet majeur sur lequel on doit intensifier les efforts
»

Et le nouveau plan interministériel permettra de doubler les crédits alloués aux actions de prévention, soit 66 M€ pour les trois prochaines années.

«C'est un travail collectif, tous les ministères y ont participé, poursuit madame le préfet. Ces travaux sont issus des expériences locales, un plan qui tient en compte toutes les études scientifiques. Mais il y a encore des à priori sur ce sujet. Les violences faites aux femmes n'ont pas lieu seulement sur les populations déstructurées ou désolidarisées, elles concernent tous les âges et tous les milieux sociaux ou professionnels»

Consciente des actions à améliorer, Nicole Surre, déléguée aux Droits des Femmes en Ariège, tient des statistiques précises qu'elle analyse à travers des fiches navettes. Mais à ce jour on a bien peu de données sur les origines des auteurs de ces violences (niveau d'étude, profession...) ce sont donc autant de paramètres à améliorer.
Un plan ambitieux pour 2014-2016L'objectif de ce nouveau plan interministériel est de laisser aucune victime déclarée sans réponse, la prise en charge doit être la plus précoce possible et le dépôt de plainte doit être la règle (et la main courante l'exception).

Il sera fait du 39-19 le numéro de référence d'accueil téléphonique et d'orientation des femmes victimes de violences, gratuit (y compris à partir d'un téléphone portable) et ouvert 7 jours sur 7 à compter du 1er janvier 2014.

Un meilleur accueil devra être fait aux victimes de violences: «ce sont en général des femmes qui partent de chez elles, elles bénéficient d'hébergements d'urgence sanctuarisés (un studio et deux places d'hébergement d'urgence à Hérisson Bellor). Idéalement il faudrait parvenir à ce que ce soit l'homme qui quitte son domicile. On se donnera davantage de moyens pour y parvenir» a précisé Nathalie Marthien.

Au sujet de l'aide financière, elle souhaite que «ces victimes accèdent à l'ensemble de leurs droits car l'objectif c'est de leur assurer une indépendance matérielle»

La protection des victimes doit être répandue à l'ensemble du territoire et le téléphone grand danger (TGD) expérimenté dans d'autres régions va être étendu à l'Ariège: 5 téléphones seront disponibles pour gérer les cas les plus graves.

Enfin madame le préfet a salué la mobilisation de toute la société et la professionnalisation des acteurs de la vie associative, les gendarmes, les policiers formés à l'accueil des femmes victimes de violences et tous les référents formés à ces problématiques.

Elle a également rappelé que l'Ariège a été précurseur en matière d'unité d'accueil des victimes, créée en 2007 elle offre un parcours pluridisciplinaire aux victimes de violences (tous types de violences) qui peuvent rencontrer juriste, psychologue, médecin.

Le travail de sensibilisation réalisé en milieu scolaire permet également de faire prendre conscience aux jeunes de ces faits de société. «Nous avons encore beaucoup de travail pour mettre en œuvre ce nouveau plan d'action à finaliser d'ici fin mars 2014 et qui nécessite la mobilisation de tous»

Laurence Cabrol | 11/12/2013 - 18:26 | Lu: 24815 fois