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Rythmes scolaires à Foix: un premier bilan «plutôt satisfaisant et encourageant»

© midinews 2013

Appliquée à une écrasante majorité sur le département de l’Ariège, excepté à Cadirac, la réforme des rythmes scolaires concerne à Foix 7 écoles et 820 élèves.

24 associations se sont engagées aux côtés des Francas du Pays de Foix, missionnés pour mener à bien l’indispensable travail de coordination pour le développement de ces temps périscolaires, concernant à l’heure actuelle une trentaine d’animateurs et éducateurs.

Au terme de 4 mois d’expérimentation de ce dispositif censé mieux s’harmoniser avec les rythmes de l’enfant, Richard Senssac, maire de la ville de Foix, Norbert Meler, son adjoint à l’éducation, et Jean-Michel Ferré, président des Francas, se sont livrés à un exercice de synthèse de la démarche, issue des diverses rencontres effectuées ces derniers temps dont les conseils d’école pour en tirer les points positifs et ceux qui de leur avis restent à améliorer.

«Nous avons appliqué les directives telles qu'elles nous avaient été données, avance d’emblée Richard Senssac. Même s’il est vrai, reconnaît-il, que sur Foix nous avions les structures, notamment associatives, ad hoc et les moyens dont peut disposer une ville pour que tout ceci fonctionne»

Alors même si chacun admet que 4 mois restent une période courte pour tirer des conclusions définitives de l’expérimentation, cela reste néanmoins suffisant pour en tirer un bilan d’étape que Norber Meler qualifie de «globalement plutôt satisfaisant et encourageant»

Rappelant le contexte souvent passionnel dans lequel s’inscrit cette démarche, l’adjoint à l’éducation n’en oublie pas l’objectif principal poursuivi par le ministère au travers de cette réforme à savoir «la refondation de l’école»

L’un des principaux points positifs sur lequel il s’arrête, soutenu dans ses propos par Jean-Michel Ferré, est «la vraie démarche de consultation et de coordination entreprise dès le mois de mai qui a permis, selon lui, d’aboutir à une harmonisation à l’échelle de la ville, une gestion tant des personnels que des temps périscolaires qui soit cohérente, et ce en partenariat avec l’éducation nationale». Insistant au passage sur le rôle du mouvement associatif «qu’il soit culturel, sportif ou autre comme garant de l’harmonie sociale»

Norbert Meler voit essentiellement en ce nouveau dispositif «une mise en cohérence d’ensemble entre les personnels éducatifs et associatifs qui permet d’offrir à l’enfant un cheminement, un programme qui a une lisibilité, une logique pédagogique et éducative, au quotidien mais aussi tout au long de l’année»
Assurer une transition en douceur au sein d’un programme d’ensemble cohérent et organiséEn ce sens, Jean-Michel Ferré insiste sur l’un des points qui aura suscité le plus d’inquiétudes auprès des parents, ce temps de latence entre le temps scolaire et périscolaire, affirmant que «les enfants sont pris en charge dès la sortie de l’école et dirigés vers les ateliers mis en place»

Une efficacité qui prend sa source sur l’expérience des ALAE et a pu être reproduite, sous le travail de coordination des Francas en lien avec l’éducation nationale.

Pour autant au-delà des inévitables questions d’organisation et de moyens (tant humains que financiers) pour y faire face, Jean-Michel Ferré insiste davantage sur la complémentarité née de cette refonte des rythmes scolaires.

Louant au passage le rôle des animateurs des ALAE et des associations impliquées, il met en avant les notions partagées inculquées en premier lieu desquelles «le vivre ensemble, au travers du respect des autres, des règles, des lieux»

Pour autant il rappelle que ces temps périscolaires permettent aux enfants d’avoir plus de choix et de découvrir un ensemble d’activités soulignant par exemple le travail mené en partenariat avec l’Estive tout en rappelant que les enfants ont aussi le choix de ne rien faire, de disposer de temps libre pour se reposer voire même de rentrer chez eux selon la disponibilité de leurs parents.

Il en va de même pour «la prise en compte du temps de sommeil nécessaire à chaque enfant lors de la pause de midi, d’après repa

Ce «lourd travail de coordination, selon lui, permet de meilleures relations entre enseignants et animateurs qui engendrent une meilleure cohérence entre ce qui est dit et se passe en classe et ce qui se passe durant le temps périscolaire même si davantage de temps encore serait nécessaire pour des échanges plus approfondis entre chacun, voire la mise en place de formations communes»

Si le bilan s’avère somme toute positif pour les intervenants de la ville de Foix, Norbet Meler admet qu’«il ne faut pas que s’installe un système à deux vitesses entre le milieu urbain de Foix et le milieu rural»

Même s’il ne peut se positionner pour les secteurs concernés, il souligne toutefois que «les choses se mettent en place, reposant notamment sur les richesses dont ne dispose pas le milieu urbain à savoir, les milieux agricoles et artisanaux ou plus simplement les milieux naturels, dont on peut tirer profit à l’échelle de la communauté de communes qui dispose d’un vrai potentiel associatif»

Pour le maire Richard Senssac, «l’intérêt de commencer en 2013 est de se donner ce temps d’adaptation pour préparer au mieux 2014. On aura déjà cette expérience certaine et probante» conclut-il.

Les prochains bilans, décisifs probablement ceux-là, seront tirés en avril de l’année prochaine. Le dispositif saura alors s’il est admis à passer au niveau supérieur.

Sylvain Sastre | 19/12/2013 - 18:31 | Lu: 24414 fois