Nathalie Marthien, préfet de l'Ariège rencontre les professionnels de l'hébergement d'urgence

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A quelques heures du réveillon de Noël, le Préfet a souhaité rencontrer les acteurs locaux de la lutte contre la pauvreté en Ariège. D’abord l'association Hérisson Bellor à Pamiers puis le centre Emmaüs à Saint-Jean du Falga.
C’est accompagnée par Véronique Castro, directrice de la DDCSPP, de Jean-Pierre Gillery, sous-préfet d'arrondissement et des responsables du Samu Social (Croix Rouge) qu'elle a été reçue par David Deceuninck, directeur de l’association Hérisson Bellor depuis 2006.
Dans la cour de l'établissement le petit Mario, 8 ans joue au ballon. Ce jeune albanais est arrivé il y a cinq mois dans le département de l'Ariège avec sa maman. Aujourd'hui scolarisé à l'école des Canonges, le petit garçon s'exprime avec un français sans accent. Il veut rester en France car selon lui c'est «ici le pays du Père Noël»
C'est une des réalités de l'association Hérisson Bellor qui depuis quelques temps est confrontée au même titre que les autres structures d'accueil de France et de Navarre à un nouveau public, celui des demandeurs d'asile.
Des demandes qui vont crescendo et inquiètent les responsables locaux: «quand une mère avec ses enfants arrivent devant notre porte on ne peut pas les laisser dehors, même si nous ne sommes plus ici en capacité de les héberger, on trouve toujours une solution», explique en aparté le directeur pour qui le public étranger en situation précaire est devenu un réel problème: «le Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asiles ne dispose que de 100 places. Dès qu’ils sortent, ils viennent ici»
Il y a les primo-arrivants, demandeurs d'asile qui ne parlent pas un mot de français mais qui connaissent la convention de Genève et savent qu'à ce titre la France se doit de les héberger.
Une obligation qui se heurte souvent aux réalités économiques: les associations tirent régulièrement la sonnette d'alarme pour dénoncer le problème de la prise en charge des demandeurs d'asile, de leur traitement administratif, juridique et humain. Le conjoncturel se substitue trop souvent au structurel.
On attendait le déblocage de moyens financiers. Il semblerait qu'avec le nouveau Plan Territorial de Sortie d’Hiver (PTSH) le département de l’Ariège tire son épingle du jeu mais jusqu'à quand? Car face à une demande exponentielle, les budgets manquent cruellement de souplesse.
Le département de l'Ariège terre d'asile des migrants de la rue Le système d'asile français est à bout souffle. Un rapport a été remis le 28 novembre dernier au ministre de l'intérieur pour servir de base à une importante réforme.
Principal enjeu du document rédigé par le député Jean-Louis Touraine (PS) et la sénatrice Valérie Létard (UDI): trouver les moyens de réduire les délais d'examen des demandeurs d'asiles actuellement de deux ans en moyenne.
Les experts considèrent qu'il sera difficile de les abaisser mais toutefois les mesures techniques envisagées permettraient de les compresser au maximum.
La première développe une mesure visant à les accélérer pour les personnes dites vulnérables (les malades notamment). La seconde est la systématisation de l'aide juridictionnelle (cette dernière est sollicitée par presque tous les migrants qui souhaitent faire un recours lorsque leur dossier est rejeté). Or les délais pour l'obtenir sont actuellement de près de six mois.
Mais «l'engorgement des structures d'hébergement vient en partie du fait que les déboutés ne quittent pas d'eux même les logements qui leur sont attribués», comme l'explique David Deceuninck qui à cette période de l'année navigue à vue.
«À la sortie du CADA, les demandeurs d’asile même une fois déboutés restent sur le territoire. Leurs droits sont incomplets mais il arrive que de familles avec enfants restent un a deux ans ici»
Pour lui ce rapport transmis à manuel Valls, «fait un état des lieux très réaliste mais la législation sur les étrangers est complexe»
Herisson Bellor, une association à visage humain Si l’association Hérisson Bellor (association loi 1901 reconnue d’utilité publique depuis 1866) propose à côté du pôle social et médico-social un ensemble de structures d’insertion, de formation, c’est le dispositif d’accompagnement et d’hébergement d’urgence qui fait en ce moment l’objet de toutes les attentions depuis le début du plan hiver.
«Nous avons sur un même site plusieurs entrées: l’accueil de jour, le dispositif d’hébergement d’urgence, des lits halte soins santé, nous assurons des permanences médico-sociales et nous gérons jour et nuit le 115 en coordonnant tous les accueils d’urgence du département» indique David Deceuninck.
«Nous fonctionnons à 90% grâce aux crédits de l’Etat, nous avons des aides du Conseil général notamment pour le plan d’insertion, de l’ARS qui finance les 4 lits de la structure halte soins santé et la Mairie de Pamiers»
La mutualisation des services a permis à l’association de monter en puissance: l’hébergement d’urgence fonctionne toute l’année et est ouvert 24h/24. La capacité initiale de 14 places (en 2008) a été, compte tenu des besoins et de l’adaptabilité des locaux, progressivement portée à 26 places.
Depuis deux mois le Service Intégré d’Accueil et d’Orientation (SIAO) confié par convention avec l’Etat à l’association Hérisson Bellor est chargé de la régulation du dispositif. Il est opérationnel depuis deux mois. Ce service est joignable 24h/24 et 7j/7 en appelant le 115.
Le SIAO est également chargé de l’évaluation sociale des personnes accueillies ainsi que de la mise en place, quand cela est possible, d’un accompagnement vers le logement autonome.
«Nous pouvons juger des effets de la politique du gouvernement, nous avons enregistré cette année une augmentation de 75% des places d’hébergement. Et si nous sommes ici aujourd’hui c’est pour que l’opérateur (l’association Hérisson Bellor) nous explique de vive voix comment il fonctionne et qu’elles sont les difficultés qu’il rencontre» indiquait madame le préfet en préambule à cette visite de terrain.
En 2013, dans l’Ariège, l’Etat a consacré 331 000€ à l’hébergement d’Urgence, 128 000€ à l’accompagnement vers le logement autonome et 9 000€ à l’aide alimentaire.
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