La nouvelle répartition des postes d'enseignants fait grincer des dents en Ariège
C’est au siège du rectorat de l’académie de Toulouse que se tenait en ce jeudi en présence de toutes les parties prenantes et devant les principales organisations syndicales de l’enseignement le comité technique académique présidé par Mme Hélène Bernard, rectrice.
Un comité technique hautement stratégique puisque ce dernier devait entériner la nouvelle répartition des postes d’enseignants actant les ouvertures et les fermetures de postes, à l’échelle des 8 départements que compte la Région.
S’il y a eu de bonnes nouvelles pour l’Ariège il y en a eu aussi de plus désagréables. De fait la réaction de l’UNSA (Union nationale des syndicats autonomes) ne s’est pas faite attendre, Monique Gonzalès, secrétaire départementale de la branche du Syndicat d’enseignants et Antoine Lauguillard secrétaire départemental de l’UNSA faisaient part de leurs commentaires devant la presse réunie.Globalement nous rapportons un poste ce qui est insuffisant pour tenir compte des spécificités de l’Ariège«Hier nous avons eu à répartir les 287 postes du 1er et du second degré, affectés à l’académie de Toulouse», présente Antoine Lauguillard.
Compte tenu de l’accroissement démographique et du rattrapage qui aurait dû s’opérer sur la réalité des effectifs de rentrée de l’année passée ce dernier estime «nous aurions dû ramener 8 postes. Au global nous en rapportons un seul puisque si l’on en obtient 4 pour le second degré on en perd 3 pour le premier degré»
Or, si l’on tient compte des critères retenus pour les dotations de poste la décision concernant le premier degré s’avère infondée.
Pour le secrétaire départemental cette logique arithmétique «ne tient pas compte de la hausse démographique. Une fois de plus on déshabille les départements ruraux, en l’occurrence le Gers, le Lot et l’Ariège au profit de la Haute-Garonne, qui gagne à elle seule 158 postes»
Un constat amer pour le représentant de l’UNSA face aux difficultés sociales voire sociétales que traverse l’Ariège en particulier «avec des taux de redoublement supérieurs dans bien des classes, le 2ème plus fort taux d’élèves en ZEP et celui ou le taux de chômage ou encore de bénéficiaires du RSA sont au plus haut», confirmant par ailleurs le nombre plus important de familles dites défavorisées.
Pour lui «on ne peut pas se désoler des situations qui constatent le fort taux d’accroissement d’élèves en difficulté et n’avoir de l’autre côté que la calculette pour répartir les effectifs d’enseignants dans les classes»
A sa suite, Monique Gonzalès résume les revendications qui seront désormais celles du syndicat «le rectorat ne répond pas au contrat qu’il a passé avec l’état pour réduire les inégalités. Nous allons nous battre, on va se tourner vers les parlementaires et le législateur pour privilégier les zones en difficulté»
Au-delà d’une simple vision technique les représentants syndicaux réclament une approche pluriannuelle, fixant des dotations sur trois ans, plus cohérente et progressive, qui tienne compte des éléments démographiques, mais pas seulement.
«Il s’agit aussi de tenir compte des spécificités des départements et en particulier des zones rurales. On demande qu’il y ait un traitement spécifique de Toulouse et sa métropole en sus des 8 départements, avec des fléchages pertinents sur les zones en difficulté pour pouvoir travailler plus équitablement et sereinement»
Pour l’heure «avec moins trois postes dans le premier degré la fermeture à plus ou moins brève échéance d’une école, au Quérigut, par exemple» se fait craindre. Devant l’impasse constatée auprès de la rectrice qui dit «ne plus disposer de postes de réserve», l’UNSA ne voit plus qu’une solution pour parer au plus pressé «nous allons écrire au ministre pour réclamer une dotation exceptionnelle pour retrouver les trois postes perdus avec copie aux parlementaires»Le dernier Comité technique comporte aussi son lot de bonnes nouvellesLa mise en place d’une deuxième langue vivante pour tous dès la 5ème est bien perçue «on approuve ce choix et la disparition des classes bi-langues», atteste Antoine Lauguillard.
Le BTS service et prestation du secteur sanitaire et social, qui ouvre ses portes dès 2014 en Couserans associant le Lycée du Couserans et le LEP Camel avec 24 places est «également une bonne chose. Ça manquait dans le Couserans pour compléter le cursus des premières et terminales dans ces domaines»
A Foix, le BTS comptabilité et gestion des organisations devient un BTS mixte avec 24 places pour la section de Gabriel Fauré dans la même spécialité et d’une spécialisation sur les relations clients au Collège Jean Durroux doté de 12 places.
Si l’UNSA se félicite par ailleurs du maintien affiché des deux ZEP (à Tarascon-sur-Ariège et Lavelanet), elle réclame la création d’une 7ème ULIS (unités localisées pour l'inclusion scolaire) sur Tarascon pour un meilleur accueil des élèves en situation de handicap sur cette zone qui en est dépourvue.
Gageons que la prochaine séance, d’ici deux mois, de ce comité technique qui évoquera celle-là la répartition des postes non-enseignants fera l’objet, elle aussi, d’une attention toute particulière.
| Inquiétudes sur les services publics de l’état dits de proximité En marge de cette réunion de l’UNSA, Paul Alfonso secrétaire général de la branche «intérieur ATS» a renouvelé ses craintes à propos des services de l’Etat dans les territoires, en particulier les menaces qui planent sur les personnels des sous-préfectures et de la préfecture «en 4 ans dénonce ce dernier nous avons perdu 30 postes en Ariège. Paradoxalement pour faire fonctionner les services et assurer des fonctions pérennes par essence il y a un recours massif aux vacataires» Par ailleurs, la régionalisation des services engendrée notamment par la MAP lui fait craindre pour «le maintien d’un service de proximité de qualité dans les territoires, le coût des transferts des services vers les régions mais également l’impact pour les économies locales du déplacement de familles entières» Paul Alfonso prend aussi pour exemple le maintien du commissariat de Pamiers sur lequel planent encore bien des incertitudes. Autant d’éléments qui selon le secrétaire général pose la question d’un égal accès à un service public de proximité de qualité, dans une logique d’aménagement du territoire. |
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