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Journée internationale de la femme: la CGT Ariège a son mot à dire

© midinews 2014

A la veille du 8 mars, les raisons de mener le combat syndical pour les droits des femmes sont toujours d’actualité.

Et, pour Maryline Lambert comme pour Pascal David, respectivement membres de l’union locale CGT de Foix et de Pamiers et tous deux engagés au sein de l’union départementale «le combat continu!»

Maryline Lambert n’y va pas par quatre chemins «l’état des lieux du sort réservé aux femmes est un véritable baromètre de l’état de notre société» Il serait donc au vu des chiffres présentés après orientés à la baisse, voire en dépression.

«Et l’Ariège n’est que le reflet démultiplié de la situation au niveau national, concernant la place des femmes notamment sur le plan professionnel dans nos sociétés»

Evoquant les derniers chiffres du chômage, Mme Lambert évoque «une montée du chômage et de la précarité dont les femmes sont souvent les premières victimes. Elles sont 52,8% dans le département à être ainsi privées d’emplois»

D’autres chiffres encore «15% des femmes occupaient un poste à temps partiel en 1980, chiffre multiplié par deux aujourd’hui et souvent du temps partiel subi» 82% du total des postes pourvu en temps partiel sont occupés par des femmes.

«En Ariège les femmes représentent environ la moitié des salariés, 38% sont à temps partiel et seulement 28% de ce total en CDI»

Sur le plan des salaires, là aussi on ne peut pas dire que l’égalité homme-femme, pourtant inscrite dans la loi soit une réalité probante «à qualification égale les femmes gagnent 28% de moins que les hommes»

Une situation qui fait dire à nos deux représentants syndicaux que le constat n’a pas changé.

Bref, sur le plan du déroulement de carrière et du salaire les femmes restent à la remorque des hommes. D’ailleurs «on confie à seulement 6 % d’entre elles des postes de cadre. Dans la fonction publique il en va de même, les femmes sont à 65% représentées dans les catégories B et C»

Elles restent majoritaires dans les métiers socialement dévalorisés. S’ajoute à cela le fait que les femmes sont 97% à utiliser le droit à congé parental. Un choix probablement lié aux conditions salariales (plus favorable aux hommes) mais aussi à un changement de mentalité voir de comportement qui reste à faire entrer dans les mœurs, et souvent chez les femmes elles-mêmes en premier lieu.

A l’arrivée, constate également Maryline Lambert, une contrainte plus importante pour le droit à retraite «puisque les femmes doivent souvent travailler encore aujourd’hui plus longtemps pour rattraper les trimestres ainsi perdus, sachant que la retraite moyenne d’une femme est de 932 euros par mois et quasiment le double pour un homme»

Sur le plan social il apparait que cette pauvreté subie touche davantage les femmes, isolées ou de familles monoparentales, jugées «plus corvéables et malléables par les employeurs»

Alors quand ici ou là en Europe on s’attaque à d’autres pans de la cause des femmes (comme l’IVG, par exemple) la CGT s’alarme.Les droits des femmes au travail comme dans la société, c’est l’affaire de la CGT tout entièreLe projet de loi sur l'égalité femmes-hommes adopté en Janvier 2014 contient de réelles avancées pour les représentants de la CGT. Mais il ne comporte aucune mesure contre le «recours abusif aux contrats précaires, invoque Mme Lambert retoquant par ailleurs l’ANI (que la CGT n’a pas signé) qui ouvre même la porte à des négociations encore moins favorables aux femmes»

Les représentants ariégeois se font l’écho des propositions de la CGT pour faciliter davantage l’articulation entre vie familiale et professionnelle et notamment un meilleur partage du congé parental.

La CGT dénonce la dévalorisation des emplois à dominante féminine et souhaite conditionner l’exonération des cotisations patronales à de réels efforts en faveur de l’égalité professionnelle.

Sanctionner davantage les entraves à la bonne progression des carrières féminines serait certainement une bonne chose. Enfin la CGT milite pour que les femmes soient davantage présente dans les instances représentatives du personnel, y compris dans les organes syndicaux.

Pour le 8 mars l’organisation syndicale n’organise pas de manifestations particulières sur le département de l’Ariège. Elle invite cependant à soutenir les opérations spécifiques menées localement, comme à Foix ou Pamiers par les associations culturelles notamment.

Car, comme le répète encore Maryline Lambert, «en matière d’égalité professionnelle homme femme la lutte continue»

Sylvain Sastre | 07/03/2014 - 19:01 | Lu: 15066 fois