accueil  |  ariège   |  france

Plus que le mal logement, l'habitat indigne première des préoccupations en Ariège

La presse nationale s’en fait déjà l’écho.

Alors qu’il manque environ 3.000.000 de logements en France pour répondre aux besoins, à la demande, il s’annonce déjà que 2014 sera une année noire pour le secteur de la construction. Malgré les lois et dispositifs successifs, la problématique du mal logement reste donc plus que jamais d’actualité, et surement l’une des grandes absentes des débats pré-électoraux communaux, en Ariège comme au plan national.

En Ariège faute à la crise le nombre de logements neufs diminue (on les estime à 100 dans le public et 150 par an dans le privé). Pourtant, pour Philippe Sauvannet et Jacques Guilbaud, le problème se situe ailleurs.

Le premier, sous-préfet de l’arrondissement de Saint-Girons est responsable du pôle départemental de lutte contre l’habitat indigne mis en place en 2010. Le second est chef de service à la DDT, la direction départementale des territoires, l’organisme chargé de suivre la démarche.

«En Ariège, cadre le sous-préfet, il y a une insuffisance de logements mais elle est surtout au regard des besoins exprimés»

De fait complète Jacques Guilbaud «on ne peut pas réellement parler de mal logement dans le sens où nous ne sommes pas sur un marché tendu, même s’il y a la pression toulousaine, car il y a aussi beaucoup de vacances»

Et qui dit vacances, dit aussi déliquescence du parc de logement, habité ou plus, devenu indigne au fil du temps.

«Un habitat indigne rappelle le sous-préfet c’est un local utilisé à des fins d’habitations, impropre par nature à cet usage et qui peut exposer ses occupants à des risques manifestes pouvant porter atteinte à leur sécurité ou à leur santé»
Près de 7.000 logements considérés insalubres en AriègeBien sûr l’Ariège compte quelques marchands de sommeil qui relèvent alors de l’action du procureur. Cependant, hormis ces cas qui restent rares, c’est surtout le fait de centres anciens «qui connaissent des difficultés mais également les logements collectifs»

Même si d’après les données issues de relevés cadastraux l’Ariège connait une légère régression depuis 2007, l’habitat indigne reste «encore trop important, poursuit le sous-préfet qui cite: il y a un parc potentiellement indigne ou insalubre évalué à environ 7.000 logements en 2011. Soit 8,6% du parc des propriétaires occupants (3900 logements) et 18,2% dans le parc locatif privé soit environ 3.000 logements» Des situations préoccupantes qu’on retrouve un peu partout en Ariège: à Lavelanet, Tarascon, à Pamiers ou encore Saint-Girons et le Pays de Foix.

A cela se greffe un autre phénomène qu’expose le sous-préfet: «Nous sommes dans un département où il y a une forte précarité sociale, caractérisée par un taux de chômage important mais aussi par le nombre de bénéficiaire du RSA ou de personnes à bas revenus»

Cette situation rend difficile «l’évaluation des besoins en termes de logements avec d’une part des familles recomposées, monoparentales (etc.) qui font qu’il n’y a pas toujours adéquation entre la demande et l’existant. De plus les comportements ont changé, tout le monde voudrait sa maison individuelle avec jardin» Parallèlement on accepte un logement limite impropre à cette destination parce qu’un petit peu moins cher.

Une situation généralisée de précarité qui fait dire à Philippe Sauvannet «qu’il faut traiter autant le mal que le malade» Sur le plan social c’est bien entendu le rôle des travailleurs sociaux et des accompagnements socio-professionnels lorsque nécessaire.

Sur le plan du logement c’est bien l’objectif du pôle, qui regroupe 23 partenaires engagés à leur niveau dans la lutte contre l’habitat indigne, épaulé par les politiques mises en œuvre dans le cadre de l’ANAH.

«C’est une synergie exemplaire qu’on a créée en Ariège,» relève le sous-préfet. L’organisme d’Etat soutient différents programmes de réhabilitation et de rénovation des centres anciens et centre-bourgs au travers des programmes d’OPAH, et plus récemment les PIG (programme d’intérêt généraux) portés par les collectivités (communes, intercommunalités et conseil général) pour résorber ces vacances, développer l’offre de logements réhabilités, notamment les logements aidés et bien sûr contribuer à lutter contre l’habitat indigne.

Des programmes qui se réalisent désormais à la sauce du développement durable et plus particulièrement sur le plan énergétique ou de l’accessibilité.

Reste que, en Ariège comme au niveau national beaucoup de progrès doivent encore être réalisés pour lutter contre l’habitat indigne certes, mais aussi proposer des solutions de logements adaptés aux besoins de toutes les franges de populations, y compris les nouvelles, toujours plus nombreuses attirées par la qualité de vie du département...

Lutte contre le logement indigne: du mieux

Le nombre de signalement et de bailleurs identifiés a doublé ces quatre dernières années pour atteindre 281 dossiers traités en matière de logement insalubre, entrainant parallèlement une forte croissance du nombre d’arrêtés d’insalubrité (passés de 6 en 2010, à 34 en 2012 et 21 en 2013).

Tout comme ceux de sortie d’insalubrité (18 en 2013) suite aux travaux effectués. Rappelons par ailleurs que c’est un technicien assermenté de l’ARS (l’agence régionale de santé) qui motive ensuite la décision du CODERST (le conseil départemental de l’environnement, des risques sanitaires et technologiques) de demander la prise d’arrêtés préfectoraux concernant le logement indigne préalables à la mise en œuvre de mesures appropriées pouvant induire le relogement des occupants.
Sylvain Sastre | 13/03/2014 - 19:15 | Lu: 21213 fois