25ème semaine d'information de la Santé Mentale en Ariège: une semaine pour comprendre et en parler
Pourquoi la santé mentale est-elle si peu médiatisée alors que les troubles psychiques touchent un quart de la population (cela va de la dépression passagère aux troubles installés dans le temps) qu’ils représentent 6,4 milliards d’euros de dépenses hospitalières et 2,2 milliards d’euros de médicaments?
Des tabous qu’entendent lever professionnels de santé et associations dans le cadre de cette 25ème semaine de la santé mentale. Ce matin lors d’une conférence de presse organisée par le Conseil général, des messages ont été délivrés en direction du grand public. Parmi les invités aux côtés d’André Montané, vice-président délégué à la Solidarité, Bernard Dufouleur représentant de Union nationale des familles et amis de malades psychiques (Unafam), Jean-Mathieu Defour, directeur du CHAC le Dt Anne Pracca, chef du pôle pédopsychiatrie et le Dt Pascal Goineau, responsable du pôle Psychiatrie dans ce même hôpital.
La plupart du temps, ce qui est en relation avec la santé mentale fait peur et stigmatise les individus qui sont confrontés avec de telles pathologies... d’où le rôle déterminant que peuvent avoir les médias et la communication en direction du grand public pour dédramatiser la prise en charge, contribuer à aider les aidants concernés par la maladie d’un proche ou tout simplement partager l’information.
André Montané a rappelé que la loi du 11 février 2005 incluait désormais dans sa définition du handicap, le handicap psychique. Pour autant il a reconnu que ce type de handicap a longtemps été sous-estimé car mal connu et mal défini. Pour lui l’approche sociale est importante et le maillage territorial indispensable.
Cette année la semaine de la santé mentale a pour thématique: «information et santé mentale» Pour Bernard Dufouleur, l’accès à Internet a favorisé le partage des expériences personnelles des patients, mais si certaines pathologies font l’objet de campagnes de sensibilisation régulières, il n’en est pas de même pour les troubles psychiques regrette le responsable de l’association.
«La santé mentale fait partie des cinq priorités de santé publique annoncée au niveau national, paradoxalement seulement 2% de la recherche et des investissements lui sont alloués… dans le département de l’Ariège nous n’avons même pas de conseil local de santé mentale»
L’organisation territoriale s’articule autour du centre hospitalier Ariège Couserans. Le Dt Pracca dans sa spécialité enregistre depuis plusieurs années une forte augmentation des activités du fait de l’organisation du pole: une grande majorité de prises en charge se déroule en ambulatoire (16 000 actes en 2012) avec 1300 patients traités:
«Nous avons beaucoup de difficultés pour recruter des psychiatres en Ariège et nous manquons de structures pour les bébés et les adolescents, il faut palier cette carence avec notamment la création d’un hôpital de jour pour les enfants à Foix»
Cet accroissement d’activité n’est pas dû à l’augmentation des cas détectés chez les enfants mais à la démocratisation de l’accès aux soins. «Avec la loi HPST nous avons des projets de co-construction ou de redéploiement de lits avec les autres structures, notamment un partenariat avec l’institut de la Vergnière pour des lits pour accueillir des adolescents sur Foix (dans des locaux en face le lycée) et une maison des Adolescents en partenariat avec le CHIVA»
Le Dt Goineau a évoqué quant à lui les deux principaux projets dans le secteur adulte: la création d’une structure intersectorielle de type Cap 48 ou 72. Il s’agit de centres d’accueil permanents qui sont des centres medico-psychologiques habilités à répondre à l’urgence psychiatrique, ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre, disposant notamment d’une permanence téléphonique reliée avec les organismes d’aide médicale urgente et organisant l’accueil, l’orientation et, le cas échéant, les soins d’urgence ambulatoire et à domicile nécessaires.
Ces centres peuvent comporter quelques lits pour des prises en charge ne pouvant dépasser quarante-huit heures (CAP48) ou soixante douze heures (CAP72).
«Il s’agit de soins adaptés sans provoquer de séparations» Et la création de l’hospitalisation à domicile (HAD) «Nous allons tenter cette expérience à partir du CMP de Pamiers sur 6 lits avec le passage quotidien d’infirmiers, la visite de psychiatres une fois par semaine, d’assistantes sociales, de psychologues»
Cette expérience demande l’intervention de nombreux spécialistes mais elle a fait ses preuves notamment en Italie qui a déjà une longue expérience de ce suivi à domicile:
«Il faut des structures d’accompagnement pour que le malade et la famille respirent. Cette pratique de la psychiatrie moderne ne peut s’envisager autrement qu’au plus près des gens. A partir du moment où l’on travaille avec des individus en souffrances, on travaille avec les familles et c’est à nous de leur apporter une information adaptée» souligne le chef du pôle psychiatrie adulte, qui milite également pour les groupes de paroles, les démarches de soins particulières et l’éducation thérapeutique avant de conclure «la folie n’appartient pas aux psychiatres»
Enfin Jean-Mathieu Dufour a souligné les enjeux du CHAC dans l’organisation territoriale de la santé mentale: «Nous sommes dans un département, éclaté, compliqué, isolé, le recrutement médical est stratégique nous avons mené une politique active à ce niveau mais il reste encore des postes vacants.
Ensuite l’idée n’est pas de créer des lits d’hospitalisation, nous voulons éviter l’hospitalisation, mais travailler sur une réorganisation de la psychiatrie sur le département pour assurer des soins de proximité des patients… il faut travailler sur des projets réalistes en terme financier, en collaboration avec le CHIVA, l’EPMS de la Vergnière, l’ARS et le Conseil général»
| Les cinq objectifs des Semaines «information et santé mentale»: - Convier aux événements SISM un public pas habituellement sensibilisé aux questions de Santé mentale, dans un double but de pédagogie et de dédramatisation. - Informer, à partir du thème annuel, sur les différentes approches de la Santé mentale. - Rassembler par cet effort de communication, acteurs et spectateurs des manifestations, professionnels et usagers de la santé mentale. - Aider au développement des réseaux de solidarité, de réflexion et de soin en santé mentale. - Faire connaître les lieux, les moyens et les personnes pouvant apporter un soutien ou une information de proximité. Voir le programme complet sur le site officiel: semaine-sante-mentale.fr UNAFAM au 09 63 59 49 88 ou 06 79 70 82 92 site: www.unafam.org/section/09 |
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