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La fin de la trêve hivernale relance les expulsions locatives en Ariège

© midinews 2014

Hasard du calendrier, mardi 1er avril la trêve hivernale cessait et des centaines de personnes dans la détresse se sont retrouvées dans la rue.

En même temps Manuel Valls, ministre de l'intérieur à qui l'on doit le durcissement politique de l'immigration est nommé 1er ministre... de quoi inquiéter Christian Morisse LDH et RESF09, la Cimade, les Restos du Cœur et tous les bénévoles travaillant dans le social et qui se voient confrontés tous les jours au désespoir des plus défavorisés.
Le jeu des chaises musicalesSelon eux les conditions sur le terrain sont dramatiques et la trêve hivernale sonne le glas de la reprise des expulsions pour impayés mais aussi la fermeture des hébergements d'urgence mis en place pendant la période de froid.

Des mesures qui ont autant de conséquences sur les démunis: «Nous sommes là pour aider les gens dans la précarité extrême qui ont des dettes de loyer monumentales et qui vont se retrouver dehors dans les semaines a venir»

Et Christian Morisse d'ajouter «Pour les étrangers il y a convergences de catastrophes: la trêve hivernale se conjugue avec le durcissement phénoménal de leur traitement à travers la circulaire Valls du 11 mars dernier en direction des préfectures. Ce document aurait très bien pu être signé par Buisson ou Hortefeux tant le traitement des étrangers se durcit... le mot d'ordre c'est dehors par n'importe quel moyen. Tout cela se combine avec une préfecture servile a l'égard du ministère qui ne joue pas le jeu du pouvoir discrétionnaire dont elle dispose.

On arrive à un important de gens en grande difficulté et n'en déplaise aux services de l'Etat il y a de gros problèmes d'hébergements, des gens sont dehors, chassés des hôtels, les assignés à résidence que l'on expulse pour faire de la place a ceux que l'on doit sortir des centres d'hébergement... c'est le jeu des chaises musicales!
»

D’après le Réseau Educations Sans Frontière de l’Ariège, trente à quarante personnes sans papiers devraient dès le 1er avril grossir les rangs des personnes en situation de précarité qui se retrouvent à la rue ou dans leur voiture faute de pouvoir payer un loyer.
Non à la gestion au thermomètreLe militant associatif site le cas de deux familles avec enfant avec papiers, en situation régulière mais précaire, chassées de l'hôtel lundi 31 mars (alors que la trêve c'est jusqu'au 31 inclus):

«Nous avons pris la décision avec mon collègue de la Cimade de prolonger les chambres d'hôtel de ces gens sur nos propres deniers... cela ne peut pas durer! Il y avait 8 personnes dehors dont 4 enfants avec un bébé de 3 mois... les 23 places d'hébergements d'urgence ont été fermées le 31 mars alors qu'elles été occupées… nous regrettons les procédures expéditives d'expulsion qui vont se traduire par des procès car toutes les procédures ne sont pas respectées ou on les bouscule quand elles le sont»

Christian Morisse et les associations caritatives tirent la sonnette d'alarme: «nous ne sommes pas faits pour gérer ce volet social, la politique de restriction des budgets sociaux mise en place depuis deux ans porte ses fruits, nous n'avons plus aucun moyens financiers pour agir... on a l'impression que la chasse à l'homme est ouverte!»

Les associations demandent au gouvernement d'agir pour qu'il n'y ait aucune remise à la rue. Elles ont le sentiment d’avoir été trompées par les ministres et les services de l'Etat qui avaient pourtant promis de mettre fin à la «gestion au thermomètre»

Laurence Cabrol | 02/04/2014 - 18:59 | Lu: 13090 fois