Foix: les personnels de la justice se pourvoient en manifestations
Deux axes successifs du projet de réforme du fonctionnement des arcanes de la justice ont provoqué l'émoi, le mot est faible, des personnels, tous grades confondus, de la justice au niveau national.
Il y a eu d'abord celui qui prévoit la refonte en un tribunal de première instance des diverses juridictions (tribunal de grande instance, conseil des prud'hommes et tribunal d'instance). La deuxième, comme une goutte d'eau qui a fait déborder le vase, est le projet de refonte du statut des personnels au sein de ce qui est appelé le NES, pour Nouvel Espace Statutaire.
Devant la grogne suscitée un peu partout auprès des personnels concernés, la chancellerie a provoqué une réunion le 11 avril dernier pour clarifier et aplanir la situation. Nonobstant des «avancées qualifiées de positives par la chancellerie», la situation n'a fait qu'empirer devant «des propositions considérées comme très discutables»
«Justice en colère» pouvait-on encore lire ce matin sur les banderoles dressées devant l'entrée du tribunal de grande instance de Foix. Là, Marie-Bénédicte Le Gouen, greffier de son état et déléguée du syndicat des greffiers de France - Force Ouvrière, devant une vingtaine de ses collègues présents, exprime le courroux d'une profession qui s'estime être «la grand oubliée de la justice»
«Les fonctionnaires, tous grades confondus, de la juridiction de Foix (tribunal de grande instance, conseil des prud'hommes et tribunal d'instance de Foix et Saint Girons) se mobilisent depuis plusieurs semaines pour protester contre la réforme de la Justice du XXIème siècle que souhaite mettre en place Madame Taubira», dénonce cette dernière.
Un courroux manifesté sur leur pause déjeuner par l'ensemble des personnels du Tribunal de Foix«Nous sommes tous concernés», clame encore Marie-Bénédicte Le Gouen, la trentaine de fonctionnaires de justice, dont une grande majorité de greffiers, que compte le tribunal de Foix participe par roulement chaque jour à ces manifestations sur le perron du tribunal, banderoles et pancartes en main.
«La refonte des tribunaux, annonce-t-elle menace à terme les juridictions comme le tribunal d'instance de Saint-Girons, posant le problème du maintien d'une juridiction de proximité. Concernant le statut des personnels, cette refonte entraine une extension des tâches confiées aux personnels de la justice et des greffiers en particuliers, tâches normalement dévolues aux magistrats, sans aucune revalorisation statutaire ni salariale.
De même, rajoute Marie-Bénédicte Le Gouen, on en confie plus également aux adjoints de catégorie C qui font fonction de greffiers sans même en avoir ni le statut ni le salaire. Globalement il y a une volonté de revalorisation de tous les fonctionnaires de tout le personnel du greffe qui sont les grands oubliés de toutes les réformes de la fonction publique»
De fait, à Foix, comme un peu partout en France les personnels tous grades confondus (C, B, et A) réclament que leur travail au quotidien soit reconnu, que leurs grilles indiciaires soient revues. Parallèlement à ce qui est dénoncé comme une surcharge de travail, les moyens pour l'exercer sont considérés comme obsolètes (le matériel en premier lieu mais aussi le papier qui vient souvent à manquer...).
Des revendications appelées à se poursuivre... au moins jusqu'au 29 avrilUn «ras le bol», celui d'une certaine catégorie de fonctionnaires de la justice qui dénoncent le manque flagrant de reconnaissance de leur compétence spécifique et la dégradation de leur condition de travail. Tandis que parallèlement se dessine la création d'un corps de greffiers juridictionnels qui suscite bien des interrogations aux agents déjà en fonction. «Des personnels qui auront encore une moins bonne reconnaissance statutaire et des conditions salariales dévalorisées»
Exigeant une redéfinition de leurs compétences, de leurs statuts et des grilles indiciaires de chacun des corps, Marie-Bénédicte Le Gouen et tous ses collègues de Foix, d'Ariège comme au niveau national espèrent beaucoup de la prochaine rencontre organisée le 29 avril prochain par la chancellerie. Cette fois c'est une journée de grève nationale qui accompagnera cette rencontre.
Pour autant la déléguée FO l'affirme «on continuera tant que le ministère ne proposera pas des avancées dignes de ce nom» Car, rappelle le tract distribué à tous les justiciables qui franchissent le perron «le respect de l'institution judiciaire passe nécessairement par le respect de ses personnels»
L'audience est reportée au 29 avril prochain.
dans la même rubrique
- Le 39 66, un numéro unique pour trouver un médecin en Ariège en période estivale
- Rassemblement et grève jeudi aux usines du Fossat
- Malgré la période estivale, le chômage persiste en Ariège
- Usines Cottes du Fossat: un accord d'entreprise se dessine dans un climat plus serein
- L'ETM, une «arme redoutable», dernier cri de la technologie de radars mobiles, sur les routes ariégeoises
- Réforme de la cartographie de l'éducation prioritaire: l'UNSA tire la sonette d'alarme
- Lavelanet: le Secours Populaire en mission à Madagascar
- Foix: les avocats du barreau de l'Ariège en grève illimitée, «une grève du zèle»
- Ariège: «Ambition apprenti», testez le métier de votre choix avant de vous lancer
- Vacances d'été: accroissement des contrôles routiers pendant la période estivale en Ariège
- Bac: quel que soit le résultat, jour de délivrance pour 600 lycéens ariégeois
- Les jeunes en vacances en Sac'Ados
- Pays d'Olmes: l'Etat réaffirme son autorité et lutte contre la délinquance
- L'Education nationale tire les cartes de l'échec scolaire au département de l'Ariège
- Le collège du Mas d'Azil innove en matière de résolution de conflits
- L'union sacrée du monde rural contre les prédateurs a eu lieu samedi à Foix









