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Carte scolaire de l'Ariège: 3-2 après prolongations

© midinews 2014

Je pose 0.75 ici, retiens 0.5 là et j’obtiens 0.25 postes pour ailleurs.

A moyens constants répartir les dotations allouées par le ministère de l’éducation nationale sur le département tout en évitant une logique purement mathématique dévastatrice constitue une sacrée équation et en tous les cas un exercice périlleux, millimétré au cordeau sur le fil du rasoir.

Un exercice que semble avoir résolu Nathalie Costantini, directrice académique de l’éducation nationale - Dasen, qui rendait hier au soir devant la presse sa copie, âprement négociée tout l’après-midi en préfecture lors du Comité Départemental de l’éducation nationale.

Un exercice rendu d’autant plus compliqué que faute aux élections, à la période de réserve puis aux changements de têtes, le travail en amont avec les élus a été pour le moins perturbé.

A l’arrivée, c’est «une carte scolaire à minima» que défend Nathalie Costantini dans une logique où chaque ouverture s’accompagne d’une fermeture de classe, un savant équilibre qui permet aussi de conserver toutes les postes d’enseignants. D’ores et déjà, trois ouvertures sont annoncées pour deux fermetures, 5 établissements sont placés en blocage fermeture et sept autres en situation d’alerte, sous surveillance.
Trois ouvertures pour deux fermeturesAu chapitre des bonnes nouvelles une ouverture de classe est décrétée à Saverdun élémentaire, accompagnée de la création d’1,5 poste avec décharge totale du poste de direction justifiée sur une école qui de fait avec 13 classes pour 317 élèves est le plus gros établissement d’Ariège.

Un demi-poste occitan est confirmé sur l’école Saint-Alary de Saint-Girons (pour assurer la continuité avec l’enseignement déjà proposé à l’école maternelle Guynemer). Mais un poste en sursis «si les effectifs à la rentrée s’avéraient insuffisants» Enfin, sur le RPI de Rimont-Castelnau jusque-là en blocage à l’ouverture décision a été prise d’une ouverture de classe maternelle, qui demande encore à être confirmée selon les effectifs de rentrée, sans cela un retour en arrière reste possible.

Déjà placée en alerte, la fermeture d’Auzat sur le RPI Auzat-Vicdessos devient définitive. De même sur Niaux et Capoulet, cette dernière subira une fermeture au regard d’effectifs insuffisants.

Dans ce cas de figure, la directrice d’académie se prononce pour un RPI avec Vicdessos. Elle ouvre également la porte pour la création d’une maternelle de proximité (qui permettrait d’accueillir tous les scolaires y compris les deux ans) soumise à réflexion sur le territoire et de préférence sur Niaux qui dispose des infrastructures adaptées. Couplée avec l’école élémentaire d’Auzat ou de Tarascon, c’est maintenant aux deux communautés de Tarascon et du Vicdessos de se positionner.

5 blocages en fermeture sont proposés par la Dasen qui insiste «alerter n’est pas fermer» Par ordre d’importance, les sites les plus menacés sont le RPI de Gouze-Quérigut, la maternelle de Verniolle, la maternelle de Seix. Suivent ensuite en alerte surveillance même «s’ils sortent du blocage qui, lui, est levé» le RPI Orgibet / Saint-jean du Castillonnais puis Luzenac, mais il faudra «travailler sur leur territoire car sinon l’année prochaine ils seront peut-être en position de blocage ou carrément en fermeture» Enfin sept établissements restent sous procédure de surveillance «accrue car réclamant une potentielle vigilance»

Sur ce chapitre Nathalie Costantini se veut rassurante «je mets plus de blocages que de fermetures et suis plus ferme sur les ouvertures. Pour autant concède-t-elle, le reste ce sera la rentrée qui nous le dira. Je m’assure toutefois d’une réserve de rentrée pour toutes les situations d’urgences qui pourraient survenir. Mais cela veut dire que j’aurai des décisions à prendre à la rentrée»

Il convient de souligner par ailleurs, le renforcement d’un demi-poste de maître inter degré ou encore de titulaires remplaçants et la transformation des 4 postes d’animateurs TICE à 0,75 (soit trois-quarts temps) en trois postes à temps plein.

Concernant les professeurs des écoles «dont le département est en manque crucial, le seul à être en sous-effectif dans l’académie» et les maitres formateurs la directrice d’académie estime que les effectifs dont elle dispose avec les vingt stagiaires prévus l’année prochaine et les 13 déjà affectés l’an passé «ça me suffit»

Pour ce qui concerne la situation des enfants en situation de handicap il était souhaité un poste de coordonnateur de l’AVS (auxiliaire de vie scolaire) mais parmi les AVS en poste deux personnes peuvent assurer cette mission, sans prendre un poste sur les professeurs des écoles.

Dans le cadre du «plus de maitres que de classes», la Dasen affirme encore vouloir favoriser la scolarisation des moins de trois ans. 4 candidats potentiels sont pressentis: Mirepoix, la Communauté de communes de la Vallée de la Lèze, Lézat et Saverdun mais pour l’instant aucun projet n’a été présenté.
Il faut que les élus s’organisent entre euxS’il y a au moins un message que la directrice académique de l’éducation nationale a voulu faire passer c’est bien celui concernant «l’engagement d’une réflexion pluriannuelle, dans le cadre de conventionnements avec l’éducation nationale»

«Si les effectifs restent un critère prioritaire, ils ne sont plus le seul et c’est bien dans le cadre d’une réflexion globale à l’échelle de territoires que cette carte scolaire doit se redessiner» Et Nathalie Costantini de poser in fine la question du périmètre pertinent et de la redéfinition de la compétence scolaire.

Une réflexion qui suppose un préalable pas si anodin que cela lorsqu’on aborde cet aspect souvent passionnel de l’éducation et du maintien d’une école «la définition du territoire, alors que bien des communes ont l’impression de perdre un bras lorsqu’on ferme une école»

7 autres critères doivent entrer en ligne de compte selon les directives du Ministère: le service public apporté sur le territoire, le réseau des écoles existants, les projets économiques, la vitalité du territoire sur le principe qu’«une école ne suffit pas», la topographie selon le zonage INSEE (urbain, montagne, périurbain, etc.), la structuration des écoles, les projets particuliers hors éducation nationale ou encore la capacité à mettre sur pied des dispositifs innovants. A cela s’ajoute un 8ème critère, celui de la prise en charge des élèves en situation de handicap.

«Il appartient aux élus, avec les représentants des enseignants et des parents d’élèves de s’organiser entre eux» insiste-t-elle invoquant au final l’objectif de réussite scolaire souhaité pour tous les enfants.

«Il s’agit d’avoir une vision un peu plus prospective qui tienne compte aussi des conditions d’enseignement» Ce conventionnement sur «un, deux ou trois ans dépendra des élus et des territoires mais convient-elle il faut du temps même si la dynamique doit s’enclencher. Plus les élus seront sûr de la réflexion dynamique d’un territoire qui inclut l’école et plus on sera en capacité de faire comprendre au ministère la nécessité d’une dotation adéquate»

Il est à parier que la vigilance sera redoublée à la rentrée prochaine de part et d’autres, et que l’équation menace de se complexifier davantage. Cela reste une inconnue encore à ce jour.

Avis partagés à l’Unsa comme à la FSU

Pour Monique Gonzalez, déléguée syndicale à L’Unsa, le moins qu’on puisse dire est «que le sentiment est plutôt mitigé après plus de quatre heures de discussions» Cependant à l’Unsa on veut retenir quelques points positifs comme l’ouverture «arrachée de haute lutte» à Rimont, la levée de deux blocages (sur Orgibet/St-Jean du Castillonnais et Luzenac) ou l’ouverture à Saverdun couplée avec le poste de directeur en décharge complète.

Le passage des animateurs TICE (technologie de l’information et de la communication) en temps complet est vu positivement également. Par contre «bien des incertitudes demeurent pour la rentrée qui constituent autant de points négatifs» Et en particulier les situations de blocages. Pour autant Monique Gonzales l’affirme «on va continuer à travailler avec les élus sur les territoires pour arriver en septembre avec des situations clarifiées»

Enfin, «plutôt que de colmater les fuites», à l’Unsa on se réjouit du travail en partenariat annoncé et ce suffisamment en amont, dans le cadre de plan pluriannuels jusqu’à trois ans. «On peut travailler dans le sens d’améliorer les conditions d’accueil des enfants et des conditions de travail des enseignants dans l’objectif de la réussite scolaire des enfants»

Le discours est plus circonspect encore à la FSU où Marc Faget son représentant regrette une «carte scolaire bâtie sur des dotations à moyens constants qui implique d’essayer de faire peu de fermeture et par voie de conséquence peu d’ouverture» Manière aussi de reconnaitre du bout des lèvres que la directrice d’académie a dû faire avec les moyens «constants» qui sont les siens.

Cependant pour Marc Faget le constat est sans appel «des besoins en ouverture ne sont pas satisfaits» (sur Pamiers, Mazères et même Saverdun). A la FSU on soulève plus particulièrement le «problème grave des remplacements qui entraine à ce jour 414 journées non remplacées de janvier à mars. Il manque, selon le délégué de la FSU, une dizaine de places et on est bien loin de ce qui serait nécessaire avec le demi-poste prévu»

Pour Marc Faget «cette carte scolaire ne permettra pas d’atteindre les objectifs ambitieux initialement évoqués. On se contente de saupoudrage avec des bouts de poste ici ou là, pour répondre aux urgences» Ce qui est sûr c’est que la FSU sera «particulièrement vigilante, elle aussi, à la rentrée»

Pour résumer la FSU déplore «à effectif croissant l’absence de moyens supplémentaires. Si elle peut se satisfaire de la dotation allouée au département elle l’est moins en ce qui concerne la répartition envisagée»
Sylvain Sastre | 18/04/2014 - 19:34 | Lu: 20784 fois