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Les services de l'Etat en ordre de bataille pour lutter contre les vols dans les exploitations agricoles ariégeoises

© midinews 2014

Encore la nuit dernière deux tentatives de vols de câbles sur matériel d’irrigation ont eu lieu sur la commune de Montaut en basse-Ariège.

Depuis le début de l’année à peine quatre faits de cambriolages ont été déclarés mais selon les services de l’Etat ils seraient bien plus nombreux…

Dans le cadre de la déclinaison du plan national de lutte contre les cambriolages et les vols à main armée et conformément au plan d’action national de lutte contre les vols dans les exploitations agricoles adopté le 11 mars 2014 par le ministre de l’Intérieur, le préfet de l’Ariège souhaite renforcer la sécurité des exploitations agricoles de son territoire et l’a fait savoir ce matin à l’issue de la traditionnelle assemblée de l’état major de sécurité tenue en présence de la presse.
Un plan pour trouver des réponses adaptéesNathalie Marthien, préfet de l’Ariège a indiqué qu’il fallait adapter les différentes politiques pour favoriser la prévention et l’élucidation de ces faits de plus en plus fréquents dans notre département.

Elle s’est félicitée de la collaboration de la Chambre d’Agriculture et du partenariat de la FDSEA qui s’est proposé de mettre à disposition la cartographie exacte des installations du réseau d’irrigation sur l’ensemble du territoire.

Département rural, l’Ariège compte un nombre conséquent d’exploitations agricoles, majoritairement en zone gendarmerie. L’étude territoriale révèle que certains bassins géographiques sont particulièrement impactés: le nord-est, sur une zone s’étendant de Lézat au sud de Lavelanet, subit 90% des faits enregistrés.

Pour Olivier Caracotch, procureur de la République, l’enjeu de la protection des exploitations agricoles est loin d’être anecdotique:

«On est loin des clichés des voleurs de poules, ce sont des vols de carburant, d’outillage, de véhicules ou d’éléments de recyclage pour en extraire les métaux. Deux profils se détachent essentiellement chez ces délinquant: ce sont des locaux qui multiplient les faits ou des groupes criminel structurés basés à l’étranger»

Le commandant Loïc Kervoern, officier-adjoint chargé du judiciaire auprès du groupement de gendarmerie de l’Ariège a précisé que les objets les plus fréquemment dérobés étaient le carburant, les accessoires sur les véhicules (batteries), les animaux, les métaux (matériel d’irrigation) et l’outillage.

«Bien peu d’agriculteurs touchés déposent plainte, on est bien en deçà de la réalité, d’où la nécessité de multiplier les échanges avec les professionnels pour avoir connaissance de tous les faits et mieux localiser les périmètres de danger»

Sur les trois dernières années, les unités du groupement de gendarmerie de l’Ariège ont constaté 43 faits en 2012, 64 faits en 2013 et seulement 2 faits au cours des deux premiers mois en 2014 (contre 13 faits sur la même période en 2013).
Une surveillance supplémentaire doublée d’une capacité d’interventionLa première action consiste à signaler ces vols sans forcément porter plainte auprès des services: un correspondant sera mis en place dans chaque unité afin d’offrir un point d’accès privilégié aux exploitants agricoles, soucieux d’être rassurés. Une adresse mail sera fournie et intégrée dans la boite aux lettres des unités (BALU) comme passerelle de communication où tout fait sera signalé, qu’il y ait ou non, constitution de plainte.

«Parmi les actions de dissuasion, nous entendons développer des actions en civil dans les zones les plus sensibles et un contrôle systématique des filières de recels. Le dispositif anti-délinquance mis en place en novembre dernier sera décliné en faveur des exploitations agricoles: patrouilles de sécurité à proximité des exploitations avec possibilité d’intervention immédiate… mise en place de systèmes électroniques d’alerte en cas de coupure permettant de viser la flagrance. Dans les affaires les plus importantes, un technicien d’investigations criminelles (TIC) procédera aux opérations de police technique et scientifique. La mise en place d’alerte SMS sera étendue au monde agricole (protocole d’échange électronique»

Les agriculteurs demandent une meilleure efficacité en matière de prévention et on peut le comprendre. Les matériels dérobés (notamment en matière d’irrigation) sont extrêmement couteux.

Si les préjudices sont remboursés par les assurances, il ne faut pas qu’ils se renouvellent plusieurs fois sur la même exploitation. «Nous avons évoqué la possibilité d’installer un système d’alerte sur matériel mais il est à la charge du seul agriculteur et là aussi cela représente une certaine somme à débourser»

Ce nouveau plan départemental de lutte contre les vols dans les exploitations agricoles entre en vigueur ce mardi 29 avril et fera l’objet au plus tard au 1er septembre 2014 d’une remontée d’information auprès du Ministre de l’Intérieur (analyse, directives, bilan).

Laurence Cabrol | 29/04/2014 - 18:36 | Lu: 20541 fois