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Les syndicats en ordre dispersé pour le 1er mai en Ariège

Rassemblement des syndicats CGT, FSU et Solidaires devant l'entrée du CHIVA le 1er mai 2014
© midinews 2014

De mémoire de syndicaliste on ne se souvient pas qu’un jour de 1er mai  il y ait eu deux manifestations séparées, en ce jour de fête du travail. Mais toujours est-il, que la CGT, la FSU et Solidaires, se sont retrouvés à l’entrée du CHIVA, tandis que l’UNSA et la CFDT se sont regroupés sous la halle de Foix.
Les parapluies de la colère au CHIVALa pluie faisait des claquettes sur le macadam, devant l’hôpital le CHIVA, tandis que les responsables ont commencé leurs interventions respectives, devant un cortège de parapluies, sous lesquels le public avait trouvé refuge.

Didier Mezin, secrétaire de la CGT, entouré de François Carbou, de Manuel Tellez, mais aussi de Daniel Memain expliquent que les divergences qui opposent les responsables de chaque  syndicat, non pas permis de  faire un 1er mai commun, l’intersyndicale estimant que les conditions n’étaient réunies.  «Mais ce n’est pas une cassure et le 15 mai prochain nous serons tous réunis»

Chacun est parti avec ses revendications sur des terrains différents, en des lieux différents.

La CGT, la FSU et Solidaires, souhaitant faire un bilan social et garder, tous les jours, un esprit critique. Au départ, le rassemblement devait se tenir à Saint-Girons.
Mais les responsables de la CGT du CHIVA, que Marc Baby nomme «comme le fer de lance de cette journée», ont changé la donne.

«Les conflits aux urgences et à l’EHPAD, au Bariol de Pamiers, à Belissen à Foix, les diminutions de postes, la perte des protections des personnels, des usagers et des famille, la rupture de la direction, d’une manière unilatérale, alors que le responsable n°2 de l’ARS s’est engagé à créer des lits, le mécontentement des personnels, les congés fractionnés lié aux absences, les nouveaux horaires qui bouleversent la vie familiale, la réorganisation d’un personnel usé»

Voilà les grandes revendications, qui sont défendues par les responsables au micro. Les applaudissements du public devant des intervenants déterminés, sont à la hauteur de l’engagement des propos.

Il a peut-être manqué, cependant, cette petite bulle de bonne humeur et de joyeuseté dans l’air, bien connu dans les grands rendez-vous traditionnels, organisés par les syndicats lorsqu’ils rassemblent, les 1er mai, la foule de leurs sympathisants.

«L’air du temps» y est pour beaucoup,  la pluie, elle, n’y est pour rien…
Combat pour l’Europe sociale pour l’UNSA et la CFDTSous la halle de Foix, Antoine Loguillard représentant l’UNSA et Michel Labeur représentant la CFDT ont mené, de leur côté, l’autre rassemblement syndical. Les deux responsables ont regretté la séparation, à l’occasion de la fête des travailleurs, des forces syndicales. «C’est une première, nous déplorons ce manque d’unité»

Tous les deux expriment à leur tour, le souhait de se retrouver, le 15 mai, dans une unité syndicale forte.

5% des salariés, seulement, sont syndiqués. C’est une vraie réflexion sur laquelle, l’ensemble des syndicats doivent se pencher. Les divisions, aujourd’hui, ne sont pas là pour arranger les choses, disent-ils.   

Antoine Loguillard exprime « la volonté de ne pas renier les priorités devant la gravité de la situation. Il faut assumer les responsabilités, vis-à-vis des travailleurs, ne pas baisser pavillon. Mais aussi écouter les expressions et les idées diverses, dans le respect des différences»

Michel Labeur souhaite «mettre l’accent sur la politique sociale, mais aussi sur l’Europe. Sur la force d’une confédération européenne des Syndicats. Pas être contre les patrons, ni contre les entreprises, trouver des solutions pour les salariés. Mais, s’il ne s’agit pas d’être anti patron, il faut rester très vigilant et attentif sur la défense des salariés devant les décisions du même patronat»

Le Député, Alain Fauré, de la deuxième circonscription de l’Ariège, présent à cette manifestation, à Foix, exprime, lui aussi, «les même regrets sur la scission des syndicats, ce 1er mai. Il s’inscrit dans le rassemblement des forces. Il faut savoir prendre des mesures courageuses. Maintenir et protéger le système social de notre pays. Travailler pour l’ensemble de la collectivité. Défendre l’éducation. Savoir appréhender les choses pour construire. Prendre conscience que nous devons défendre l’Europe, pour ne pas sombrer»

On l’a compris, cette seconde manifestation, en ce 1er mai en Ariège, avait choisi, elle, un autre discours, un autre regard, un autre engagement. Mais si le langage n’était pas le même, même si les objectifs et les cibles n’étaient pas les mêmes, l’orientation des défenses et des protections, elles étaient bien les mêmes : défendre et protéger les travailleurs, partout en France, mais aussi ailleurs.

Rassurant ? Oui, sans aucun doute, mais se serait, peut-être tellement mieux et plus fort quand on est «Tous ensemble…»
Rendez-vous en 2015, alors ?

Pat Chaddy | 01/05/2014 - 19:03 | Lu: 15185 fois