Grève nationale des éboueurs: les agents du Smectom demandent une meilleure reconnaissance de leur travail
372kg de déchets ramassés par an et par habitants en France. Inutile de dire que quand les éboueurs font grève les pouvoirs publics se crispent de peur d’avoir à gérer des situations de crise inextricables et d’être obligés de faire appel à l’armée pour nettoyer les rues.
Ce lundi 12 mai c’est à l’appel de la CGT que les 35 000 agents de la filière collecte et traitement des déchets du secteur privé et public ont faire grève en France pour sensibiliser le public à leurs conditions de travail (insalubrité, pénibilité, manque de reconnaissance).
Pénibilité, insalubrité, une urgence à reconnaitre
Dans le département de l’Ariège c’est au prix de longues luttes que le service de collecte et traitement des déchets est resté dans le giron du service public.
Près de 200 salariés travaillent sur les trois sites du Smectom à Varilhes, Villeneuve d’Olmes et Berbiac (Manses). Ce sont essentiellement des agents de la fonction publique de catégorie C, des exécutants qui n’ont pas beaucoup de pouvoir d’achat et qui ont profité de cette tribune pour mettre en avant leurs revendications.
«Nous avons 5 ans et demi d'espérance de vie en moins, nos travaux sont insalubres et pénibles si bien que nos agents sont souvent sujets à maladies, explique Carmelo Garcia secrétaire adjoint de la filière à la CGT. Notre but c’est de protéger nos agents tant au niveau de leur santé que de leur pouvoir d’achat car avec les mesures du gouvernement et le gel du point d’indice, les territoriaux du Smectom sont touchés au même titre que les autres fonctionnaires territoriaux.
Nous demandons un départ à la retraite anticipé de 5 ans à taux plein pour tous les acteurs de la filière, un départ anticipé de 10 ans à taux plein pour les métiers les plus exposés, la réduction de la durée du travail à 28h par semaine et la refonte des grilles salariales avec un SMIC à 1 700€»
Pour Carmelo Garcia il s’agit là d’un premier avertissement car au niveau local la centrale syndicale entend organiser des réunions dans les jours à venir sur les trois sites et faire remonter les revendications des salariés: «Nous sommes dans le rapport de force, nous voulons rencontrer les nouveaux élus du CA et revoir point par point tous nos avantages à la hausse puis nous rencontrerons les pouvoirs publics et les parlementaires… il se peut qu’un préavis de grève soit posé les 26 et 27 mai»
Les plus petits salaires de la fonction publique sont impactésPartir plus tôt avec des bonifications plus importantes, profiter des avancées réalisées en matière de pénibilité au travail… Alain Gomès secrétaire de la filière à la CGT est persuadé qu’il ne faut pas en rester à la mobilisation nationale, il compte élargir la mobilisation aux personnels de santé (dont certains étaient déjà sur place ce midi):
«A chaque période sa bataille, nous nous sommes mobilisés pour garder cette structure dans le service public (alors qu’au départ les déchets de l’Ariège devaient être traités en Haute-Garonne), le Smectom permet aujourd’hui de consolider l’emploi local; mais c’est désormais une bataille pour la qualité des conditions de travail»
Des arguments repris en chœur par Frédéric Birebent et Aldo Pitarresi, respectivement responsables de la fonction publique hospitalière et des Territoriaux CGT de l’Ariège (les élections professionnelles ont lieu au mois de décembre):
«Il faut que nos revendications nationales soient mises sur un cahier et qu’elles soient doublées de revendications locales. Si on parle de santé au travail, on peut parler d’hygiène… comparez le nombre de personnes qui sont ici et le nombre de douches dont vous disposez. Il faut se poser les bonnes questions. Si toute la filière reste soudée (et pas seulement le ramassage) la fédération des services publics fera en sorte que ce mouvement arrive au bout, on vous accompagnera s’il le faut jusqu’au comité territorial et au-delà»
Un mouvement qui risque d’être reconduit.
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