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Foix: l'artisanat, cette grande maison où il faut trouver sa place

© midinews 2014

Au niveau national le nombre de jeunes engagés dans l’apprentissage connait une baisse inquiétante.

Du jamais vu depuis des années même puisqu’après une chute de 8% l'an passé, le nombre de jeunes entrés en contrat d'apprentissage a encore chuté de 15% en janvier et février, comparé à la même période de 2013. Une hémorragie qu’expliquent la crise, de maigres carnets de commande, une gestion en flux tendus mais aussi les divers coups de rabot fiscaux du gouvernement au fil des réformes concernant ce domaine.

«Depuis deux ans maintenant je cherche un apprentissage en cuisine pour être après spécialisée dans les desserts en restauration. Il faut que je passe en CAP cuisine, et après faire un Bac Pro cuisine puis faire une mention complémentaire en desserts en restauration. Moi j’y crois si on y croit pas on n’avance pas, il ne faut jamais baisser les bras»

La jeune Doriane est déterminée. Elle sait ce qu’elle veut faire plus tard et par quels moyens y arriver. Ce n’est pas toujours le cas. Et si nombre de facteurs extérieurs expliquent cette dégringolade de l’apprentissage, la dévalorisation des métiers de l’artisanat comme une méconnaissance des différents métiers ou des erreurs d’aiguillage contribuent aussi à détourner les jeunes.
Un contact direct pour mieux définir son avenir professionnelPlaquiste, mécanicien, coiffeur, boucher-charcutier, boulanger, maçon… une quinzaine de professionnels de l’artisanat représentant différents corps de métiers ont été invités dans les locaux de l’UPA pour échanger sur leurs métiers avec des jeunes.

Depuis plusieurs années, la Mission Locale et l’UPA 09 (l’Union Professionnelle Artisanale) ont en effet pris l’habitude de mettre en relation des jeunes en quête d’emploi avec des Artisans. Une journée complète puisque démarrée par une visite des locaux du Centre de Formation Aux Métiers de l’Ariège puis terminée par un échange direct avec les professionnels présents, sous forme de question-réponse afin de mieux cerner son propre projet professionnel, sous la houlette du Centre d’Aide à la Décision de la Chambre de Métiers, animé par Christelle Tolosa.

«Ces jeunes sont en recherche de contrats d’apprentissage ou bien sont en démarche d’orientation pour découvrir ces métiers,» indique Monique Lieures chargée de ces missions au sein de la Mission Locale qui accueille environ 2.500 jeunes par an, souvent en décrochage scolaire.

«Une partie de notre public veut faire de l’apprentissage. La difficulté sur le département quelquefois c’est de trouver un employeur. Il faut le trouver, faire des essais en milieu de travail. Notre objectif c’est de les faire se rencontrer. Certains jeunes sont déterminés mais le but de ces journées est de faire découvrir et s’ouvrir sur les autres possibilités car il y a beaucoup de métiers qui existent»
De la mise en relation à la transmission des savoir-faireFrancis Martins, l’animateur économique de l’UPA le confirme «dans le conseil que nous apportons à nos entreprises il y a aussi la mise en relation entre jeunes et entreprises. Nous intervenons par exemple dans le cadre du parcours orientation-insertion, des stages à l’initiative du Conseil Régional Midi-Pyrénées qui permettent aux jeunes de faire des stages en entreprises, de découvrir les métiers de l’artisanat, de s’intégrer dans les entreprises sur des périodes de deux à six semaines et puis tracer leur voie vers l’apprentissage ou des contrats de génération, voire de professionnalisation»

Pour lui cette étape de la mise en relation avec les entreprises reste difficile en Ariège du fait de la crise: «il n’y a pas toujours les moyens qui sont donnés aux entreprises pour pouvoir accueillir correctement et encadrer les jeunes»

Découvrir les bons et moins bons aspects des différents métiers pour forger son parcours professionnel via les échanges, visites et stages doit permettre aux employeurs comme aux futurs apprentis de partir sur de bonnes bases.

Conseillère sur l’apprentissage à la CMA 09, Christelle Tolosa, se veut optimiste: «En Ariège les employeurs sont très investis sur la transmission du savoir-faire. Sur la campagne dernière on n’a pas constaté une baisse par rapport à l’année passée… malgré la baisse de certaines aides de l’Etat. Il faut rester positif les employeurs sont toujours présents, on continue à avoir des offres et des jeunes toujours motivés.

Mais il est difficile c’est vrai de se projeter si loin car un contrat d’apprentissage c’est un engagement
(de part et d’autre, NDLR) sur un an, deux ans, trois ans. Travailler son orientation par le biais de stages d’observation, se confronter à la réalité du métier, mettre à profit la période d’essai des contrats d’apprentissage» sont autant de clés afin qu’un jeune peaufine son projet professionnel ou qu’un employeur trouve le bon profil.

L’apprentissage, cette grande maison que le slogan affiche comme «première entreprise de France» reste également en perpétuelle évolution s’adaptant au marché et à l’environnement économique et peut offrir de belles opportunités de carrières professionnelles. Les 500 apprentis qui fréquentent le centre de formation aux métiers de Foix chaque année, accueillant aussi des adultes en reconversion, y ont sans doute trouvé leur place.

Surement parce qu’en Ariège, pour l’instant, la courroie de transmission est bien entretenue.

Sylvain Sastre | 28/05/2014 - 18:48 | Lu: 13452 fois