Smectom du Plantaurel: vers une issue au conflit social?
Depuis hier mardi, suite au mouvement de grève lancé par l’intersyndicale CGT/UNSA, les collectes des ordures ménagères ont été annulées et les salariés du syndicat mixte départemental, le Smectom du Plantaurel bloquent les trois sites de Villeneuve d’Olmes, Varilhes et Manses.
Ils dénoncent le manque de dialogue et de prise en compte de leurs revendications par la direction. Ils réclament entre autre une meilleure prise en compte de la pénibilité et l’insalubrité de leur travail ainsi que la revalorisation de leur pouvoir d’achat: «Le bâtiment de Varilhes a été construit en 1991 pour 20 employés, aujourd’hui on est trois fois plus et nous devons partager une douche pour trente personnes!», note cet agent.
«Nous n’avons que 24 tickets-restaurants par an alors que dans le reste de la fonction publique, c’est 24 par mois, nous voulons être acteurs de notre pouvoir d’achat» poursuit son collègue. Quant au volet social, le cas d’un agent contractuel gravement accidenté est au cœur des préoccupations des délégués du personnel:
«Il s’agissait d’un contrat long c'est-à-dire voué à être titularisé mais manque de chance, il y a eu cet accident malheureux, le 22 novembre 2013, 7 vertèbres brisées. Nous demandons qu’il soit traité comme un titulaire avec un accompagnement administratif et social, qu’on l’aide à retrouver un poste aménagé» poursuit Alain Gomès secrétaire de la filière collecte et traitement des déchets à la CGT.
La liste des doléances s’allonge au fil du temps avec l’impression de ne pas être écoutés. Forts de cette mobilisation «historique» en ce premier jour de grève qui a permis de réunir simples exécutants, cadres et membres de la direction dans ce mouvement revendicatif, une cinquantaine de salariés ont perturbé mardi soir le conseil d’administration.
Des actions qui témoignent d’un véritable malaiseLe choix du mardi 27 mai pour lancer ce préavis de grève illimitée avait une résonnance hautement symbolique car le conseil d’administration se réunissait le soir même aux Forges de Pyrène à Montgailhard pour élire son président.
«Nous n’avons rien contre Monsieur Pédoussat, le président sortant qui brigue un second mandat mais nous réclamons un dialogue direct avec lui et les élus» avoue Carmélo Garcia de la CGT sur le piquet de grève de la déchetterie. «Mais les conditions de travail, les grilles salariales, l’avancement, le respect des règles d’hygiène… tout est au point mort! C’est pour cette raison que nous allons donner de la voix»
Mardi soir plus d’une cinquantaine de salariés grévistes ont distribué des tracts avant le conseil d’administration et ont occupé la salle, réussissant à obtenir une première réunion de négociation pour mercredi matin à 10h.
En ce second jour de grève le nouveau bureau a donc rencontré les représentants des salariés, plutôt satisfaits de cette première rencontre aux dires d’Alain Gomès: «Hier soir nous étions présents, nous avons pris la parole devant le nouveau bureau administratif pour rendre compte à nos élus des problèmes que nous rencontrions, aujourd’hui nous avons l’impression d’être entendus. Une bataille est gagnée mais pas la guerre, nous avons rendez-vous ce soir pour un bureau exceptionnel et c’est à partir des avancées de ce soir que nous voterons ou pas le retour au travail ou le maintien de la grève.
La direction a les cartes en main et les points que nous venons de leur soumettre ne sont pas négociables, à savoir le retour du dialogue social avec des réunions régulières nous permettant de faire notre travail de représentants syndicaux, la prolongation du contrat pour notre collègue accidenté du travail, le versement des indemnités et la prise en compte des deux jours de grève dans nos indemnités»
Des grévistes cependant déterminés à poursuivre la grève si les négociations n’aboutissaient pas à du concret. «La patience à ses limites, nous sommes déterminés»
| Beaucoup de non-dits Les salariés du Smectom sont des fonctionnaires territoriaux et donc soumis par leur statut à un devoir de réserve, il n’empêche que hors caméra les langues se délient. «Ce matin nous avons pu dialoguer avec Robert Pédoussat notre nouveau président, il n’y a pas eu de frein mais jusqu’à présent beaucoup de choses n’avaient pas été dites et c’est regrettable» Le Smectom est de la compétence de la Communauté de communes. Elle a demandé par la voix de son président Roger Sicre, aux nouveaux maires de désigner un délégué pour intégrer le conseil d’administration. Robert Pédoussat, ancien maire de Verniolle et dont la liste a été battue aux dernières élections municipales, a lui été réélu hier soir pour un second mandat. Le score est sans appel, Robert Pédoussat obtient 67 voix contre 50 à Lionel Olivier, adjoint à l’urbanisme à Verniolle. Numen Munoz, nouveau maire de Verniolle est de son coté persuadé que son adjoint à la mairie de Verniolle aurait pu inverser la donne avec un peu de préparation. |
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