Avec l'Handitour débute une opération de sensibilisation pour porter un autre regard sur le handicap
«On est sur le départ de notre troisième édition de l’Handitour en Ariège, la quatrième officiellement car la première était un coup d’essai. On est motivé!»
Dans son fauteuil roulant, Bruno Sans, membre de l’APF depuis 5 ans participe avec ses camarades aux derniers préparatifs pour ce qui est donc la troisième édition officielle de l’Handitour.
Une caravane composée de plusieurs véhicules et de 25 personnes, dont une dizaine en situation de handicap moteur ou visuel, a pris la route ce mardi depuis le siège de l’APF à Loubières. Première étape d’ici la fin de matinée, la gare de Saint-Jean-de-Verges afin de rejoindre Tarascon-sur-Ariège en TER, manière de mettre un coup de projecteur sur ce train désormais accessible aux personnes à mobilité réduite.
Puis, les étapes vont se succéder durant toute cette fin de semaine et non des moindres. «Etablir un parcours, essayer d’éviter de repasser aux mêmes endroits, demande un sacré travail, surtout qu’en Ariège il y a de sacrés reliefs… cette année la particularité c’est qu’on fait le col de Port, alors qu’on hésitait à s’y aventurer. Là on va être confronté à la Haute-Ariège»
En handbike (vélo adapté aux personnes à mobilité réduite ou paraplégiques) et en tandem (permettant aux personnes déficientes visuelles d’être guidées par un pilote voyant), la dizaine de personnes en situation de handicap sillonnera en effet les territoires montagneux du Vicdessos et du Couserans avant de rejoindre les plaines de l’Arize et emprunter la voie verte.
Un petit tour pour une noble cause: avant tout sensibiliser le public et surtout les jeunesSur près de 200 kms, l’équipage s’arrêtera principalement dans les écoles primaires, mais également quelques collèges (comme au Mas d’Azil) et rencontrera des jeunes d’IME. Ces rencontres directes entre personnes en situation de handicap et le jeune public sont les temps forts de ce projet.
Un moment d’échange avec des jeunes consacré à un temps de sensibilisation approfondi au handicap qui vient parachever le travail accompli en amont de ces rencontres avec les enfants des écoles primaires.
«C’est ce qui me tient à cœur, rajoute Bruno Sans, c’est l’approche et la sensibilisation avec les élèves que ce soit du primaire, de la maternelle, jusqu’aux lycées»
Organisée par l’Association des Paralysés de France (APF) l’objectif de cette 3ème édition de l’Handitour09 est avant tout de mener une campagne de sensibilisation scolaire au handicap. Les membres de l’APF et de 3 associations ariégeoises (Comité Départemental Handisport, Pourquoi Pas Moi et Envol), vont par étapes au fil des petites routes du Parc Naturel Régional d’Ariège-Pyrénées privilégier la rencontre directe avec des enfants et des jeunes.
«Le vendredi on a des écoles qui vont nous suivre sur les routes. C’est une première. De Saint-Girons jusqu’à Lescure puis le Mas d’Azil et le long de la voie verte. Le partage va être direct», s’enthousiasme Bruno Sans.
«A l’arrivée on est récompensé, continue Bruno Sans. C’est des moments chouettes de rentrer dans les écoles… c’est plus que de la sensibilisation, on prend carrément les élèves qui font des tours en handbike ou tandem. C’est chouette, ça brise réellement la glace par rapport au handicap et ça les confronte directement au handicap»
Et de sensibilisation comme de pédagogie il va falloir en faire encore. A tous les étages. Alors que la Loi «handicap» de 2005 portant notamment sur l’accessibilité va bientôt fêter ses 10 ans les principales mesures - avancées - qu’elle contenait pour favoriser une vie «normale pour tous» sont susceptibles d’être repoussées de dix ans encore au bas mot.
«On est une microsociété, on le sait, exprime Bruno Sans, on se bat et on espère que tout cela va changer les mentalités… ça fait quasiment un demi siècle, plus de cinquante ans, en 2025 ou 27 depuis les premiers prémisses des lois datant de 73/74, qu’il aura fallu attendre pour arriver à mettre en place des lois sur l’accessibilité.
Le fait qu’elle soit remise en question c’est grave. Ça passe aussi par la sensibilisation même si l’approche n’est pas la même. C’est tout un mouvement civique qu’on met en place et on y croit profondément»
dans la même rubrique
- Rassemblement et grève jeudi aux usines du Fossat
- Malgré la période estivale, le chômage persiste en Ariège
- Usines Cottes du Fossat: un accord d'entreprise se dessine dans un climat plus serein
- L'ETM, une «arme redoutable», dernier cri de la technologie de radars mobiles, sur les routes ariégeoises
- Réforme de la cartographie de l'éducation prioritaire: l'UNSA tire la sonette d'alarme
- Lavelanet: le Secours Populaire en mission à Madagascar
- Foix: les avocats du barreau de l'Ariège en grève illimitée, «une grève du zèle»
- Ariège: «Ambition apprenti», testez le métier de votre choix avant de vous lancer
- Vacances d'été: accroissement des contrôles routiers pendant la période estivale en Ariège
- Bac: quel que soit le résultat, jour de délivrance pour 600 lycéens ariégeois
- Les jeunes en vacances en Sac'Ados
- Pays d'Olmes: l'Etat réaffirme son autorité et lutte contre la délinquance
- L'Education nationale tire les cartes de l'échec scolaire au département de l'Ariège
- Le collège du Mas d'Azil innove en matière de résolution de conflits
- L'union sacrée du monde rural contre les prédateurs a eu lieu samedi à Foix
- Foix: 62 jeunes élèves reçoivent leur diplôme d'enseignement de la langue française















