Usine Cottes du Fossat: à la recherche du dialogue social perdu
«Pour l’instant, on porte une position de dialogue, s’il y a dialogue il faut qu’il soit loyal. On n’est pas dans une logique de conflit. Personne n’a à y gagner» Frédéric Birobent, de l'Union Départementale CGT, rapporte ainsi les motivations de ses camarades.
Une union sacrée des deux syndicats majoritaires au sein des établissements COTTES USINES SAS sur le site du Fossat, CGT et CFDT, qui se mobilisent d’abord pour la défense de l’emploi.
Lors de la réunion du Comité Central d’Entreprise du 20 mai 2014, la direction de l’usine appartenant au groupe belge Vandemoortele, leader européen de la boulangerie industrielle, a en effet annoncé un projet de licenciement de 26 postes, conséquence de l’arrêt d’une ligne de production (celle du pain cru), programmée le 31 août.
Un plan social, largement contesté, entrant dans le cadre des dernières dispositions de l’ANI, l’Accord National Interprofessionnel, serait alors mis en place avec ses premières mesures d’accompagnement (voir notre article publié le 21/05/2014).
«Si on perd 26 emplois sur le site, c’est à court terme la pérennité même de l’usine du Fossat qui est en question, analyse Frédéric Birobent, soit 150 familles touchées et un impact conséquent pour l’ensemble du territoire»
«Or, depuis la refonte des plans sociaux dans le cadre de l’ANI, il est intégré que dans le même temps se mettent en place les mesures d’accompagnement social. Et les 26 salariés seront licenciés dans les délais impartis»
On veut une mobilisation la plus large possibleEstimant «que les salariés paient les erreurs et mauvais choix de la direction» (baisse des investissements, absence de recherche et développement, échec du Mc Baguette entrainant une perte d’1.2m€ imputée sur l’exercice 2013), Philippe Cicutto délégué syndical central de la CGT Cottes et le secrétaire Rabah Sedikhi font état d’une «divergence claire sur la situation de l’entreprise» et contestent «la légitimité du Plan social d’entreprise»
Comme la loi les y autorise les syndicats ont obtenu l’intervention d’un cabinet d’expert comptable pour analyser en toute transparence la situation de la société. Une démarche d’une durée variable, reposant aussi «sur la bonne volonté des dirigeants» qui, espèrent-ils étayera leur propre analyse remettant en cause la légitimité de ce plan.
Or, dénonce encore Frédéric Birobent «on considère qu’il n’est pas loyal de mettre en place les mesures d’accompagnement social concernant les 26 licenciés avant que l’expert ne rende son rapport. L’intérêt c’est de l’avoir en amont et avoir une négociation loyale. Car, même s’ils sont indemnisés les 26 salariés ne pourront réintégrer l’entreprise. Aussi, on veut pouvoir ouvrir le dialogue et avoir un échange clair»
Une volonté qui s’appuie aussi sur l’expérience: «le groupe a été débouté sur les trois derniers plans sociaux pour motif économique qu’il a voulu mettre en place»
Pour faire passer ces messages, ouvrir le dialogue et la négociation, et équilibrer le rapport de force qui s’engage pour une lecture claire sur la situation de l’entreprise et compte tenu des impacts sur le territoire, l’intersyndicale entend organiser une réunion publique à l’attention de la population et des élus ce vendredi 6 juin 2014 à 18h30 au Fossat (salle Multimédia) afin d’informer sur le projet et construire la mobilisation de tout un territoire.
«On souhaite un soutien le plus large possible des élus (maire, président de la Communauté de communes, conseiller général du canton, député et même sénateur) et de la population. Une pétition circulera qui nourrira une délibération collective mise sur la table des négociations»
Et ce, dès le prochain Comité Central d’Entreprise du mardi 10 juin à 10h au Fossat réunissant 4 élus de la direction (2 pour chacun des sites du Fossat et de Saint-Estève) ainsi que 4 délégués syndicaux, censé ouvrir, ou pas, le dialogue. L’expert devrait y être nommé» Un rassemblement espéré «massif de la part des élus et de la population pour afficher leur soutien» est prévu sur le parking du site.
En attendant ce jour là les lignes de production ne tourneront pas. Un arrêt de travail pour la journée a d’ores et déjà été posé. Peut-être le premier d’une longue série pour des salariés qui affichent clairement, eux, leur détermination et «leur volonté de ne rien lâcher»
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