Journée mondiale contre le Sida: dépistage anonyme et gratuit en Ariège

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C’est une antenne du Centre Hospitalier du Val d’Ariège située dans les bâtiments de l’ancien hôpital au 10 rue Saint-Vincent à Pamiers qui prend en charge depuis plusieurs années le dépistage des IST (infections sexuellement transmissibles) parmi lesquelles le virus du VIH.

Le Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (C.D.A.G.) et le Centre d’Information de Dépistage et de Diagnostic des Infections Sexuellement Transmissibles (C.I.D.D.I.S.T.), deux dispositifs sous tutelle de l’Agence Régionale de Santé (ARS) qui vont fusionner au 1er janvier pour donner le CEGIDD ou Centre Gratuit d’Information de Dépistage et de Diagnostic des IST.

Pour le faire fonctionner, un personnel hospitalier constitué de deux médecins se répartissant trois demi-journées de consultations par semaine, une infirmière et une secrétaire, travaillant en directe relation avec le laboratoire d’analyse du CHIVA.

«Nous proposons ici une prise en charge anonyme et gratuite, indique le Dr Marie Biboulet qui reçoit plus de 500 personnes par an pour ces dépistages VIH. Ici on privilégie l’accueil et l’anonymat du patient, le résultat des prélèvements sont disponibles sous une semaine».

Une goutte de sang qui peut chambouler toute une vie. Aujourd’hui la France compte encore 30 000 séropositifs qui s’ignorent alors que paradoxalement, c’est l’un des pays où l’on réalise le plus de dépistage du VIH.

«Encore pour beaucoup le Sida concerne les autres et ce déni du risque s’accompagne parfois d’une ignorance des modes de transmission», poursuit la praticienne.

L’apparition des trithérapies a fait voler en éclat les risques de la maladie, pour les jeunes c’est une maladie d’une autre génération ou encore certains publics, comme les hétéros sont dans le déni.
Mieux cibler la prévention

Le personnel du Centre d’Information de Dépistage et de Diagnostic des Infections Sexuellement Transmissibles (C.I.D.D.I.S.T.) réalise des campagnes d’information dans les établissements scolaires sur les prises de risque et les infections sexuellement transmissibles.

«Ce mardi nous étions présents au lycée du Couserans, mais nous inscrivons nos interventions dans un champ beaucoup plus large: risques sexuels, infections, mais aussi grossesses non désirées, car le taux d’IVG dans le département de l’Ariège est le plus important de Midi-Pyrénées» précise le Dr Biboulet également en charge du planning familial.

C’est donc un public de jeunes, mais également de moins jeunes orientés par les associations partenaires qui travaillent sur le terrain à la prise en charge de la précarité.

«Les jeunes viennent spontanément, les autres sont orientés par des structures relais, mais tous bénéficient du même accueil garantissant anonymat, conseils individuels et prise en charge personnalisée».

Dans une pièce adjacente à son bureau une pharmacie permet de donner les premiers traitements concernant les infections sexuelles: «les médicaments sont gratuits et là aussi pas besoin de carte vitale».

La notion de prise en charge du risque est bien présente, mais des gens mieux informés sont plus autonomes et prennent moins de risques.

Les personnes qui ont déjà effectué un test de dépistage ont tendance à se sentir protégées durablement et n’en refont pas régulièrement… «Il faut poursuivre et intensifier la prévention et ne pas hésiter à venir nous voir tous les deux ans».

Enfin selon le médecin référent «les garçons éprouvent souvent des difficultés à enfiler un préservatif pendant l’acte sexuel et préfèrent s’en passer.

Le préservatif constitue le premier degré de prévention ensuite il faut les orienter vers des centres de dépistage anonymes et gratuits, ce sont des lieux ressources où une relation de confiance se tisse. À l’âge où l’on découvre la sexualité, il ne faut pas être frustré, se cacher, être malade…
»
L’auto-test: un bilan en demi-teinte
Depuis le mois de septembre, les pharmacies sont en mesure de délivrer sans ordonnance des tests de dépistage VIH.

Ce test est à faire soi-même, il équivaut au test rapide d’orientation diagnostique ou Trod qui était proposé dans certains centres.

«Il fallait compter 150€ par test, il coutait beaucoup trop cher et n’était utilisé qu’en milieu urbain» note le Dr Biboulet. L’auto-test «nouvelle génération» est beaucoup plus fiable et son prix varie entre 25 et 30€.

Alors que 70 000 kits ont été achetés par 9 000 pharmacies, il ne s’en vendrait en moyenne que deux par mois et par officine.

Cela peut paraitre anecdotique, mais l’autotest est tout de même complémentaire au dépistage en centre. Les associations engagées dans la lutte contre le sida demandent à présent à la ministre de la santé sa gratuité, car le dépistage doit être banalisé pas la maladie.

CIDDIST-CDAG
10 rue St Vincent, bâtiment dit des 120 lits (2ème étage)
VIH, hépatites, infections sexuellement transmissibles. Informations, conseils, dépistage anonyme et gratuit, diagnostic et traitement.

Consultation sans rdv: lundi de 9h30 à 17h30, mercredi de 13h à 16h, jeudi de 9h30 à 17h30.

Appelez le centre au 06 63 24 86 05.

www.sida-info-service.org

Laurence Cabrol | 01/12/2015 - 18:52 | Lu: 11638 fois