École: les ébauches de la nouvelle carte scolaire en Ariège ne font pas que des heureux

Alors que la carte scolaire de la rentrée 2016-2017 commence à se dessiner, des mécontentements remontent du terrain.

Vendredi matin, coup de gueule des parents d’élèves et des enseignants du collège Pasteur à Lavelanet qui ont manifesté devant les grilles de l’établissement, inscrit rappelons-le dans le dispositif Éducation Prioritaire (REP) et bénéficiant depuis quelques années, d’une enveloppe d’heures spécifiques censée améliorer la réussite des élèves.

Or pour l’année scolaire 2016-2017, à la lecture du document préparatoire, la totalité de ces heures disparaît alors même que le Ministère de l’Éducation Nationale affirme la poursuite de l’accompagnement des établissements de l’éducation prioritaire pour la rentrée 2016.

Avec ces heures, les enseignants ont la possibilité de dédoubler les classes, de faire du soutien, de créer des projets, voire de limiter les effectifs d’un niveau en créant une classe supplémentaire pour améliorer les résultats des élèves notamment pour le Brevet des collèges.

À 17h30, les enseignants soutenus par des parents d’élèves ont été reçus à l’Inspection Académique pour rencontrer le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale (DASEN) et pour exiger le maintien des heures dues à l’Éducation Prioritaire mais n’ont pas obtenu satisfaction.

Depuis ils ont envoyé un courrier à la rectrice et ont alerté les parlementaires.

Autre son de cloche à 1 500m sur les flancs du Canrusc où les parents d’élèves et les élus du Donezan se sont retrouvés samedi pour donner de la voix contre la fermeture d’une des deux écoles du RPI Rouze-Quérigut (du fait du non-renouvellement d’un poste d’enseignant à la retraite).

Ce n’est pas la première fois que de telles menaces planent sur ce petit territoire qui se sentait pourtant jusqu’à présent protégé par la fameuse loi montagne comme l’explique cette mère de famille: «les textes disent bien que la scolarisation précoce doit être développée en priorité dans les écoles situées dans un environnement social défavorisé, que ce soit dans les zones urbaines, rurales ou de montagne…

Selon nous, exclure de l’éducation les enfants de 3 à 5 ans en supprimant une école, favorise des conditions discriminatoires par rapport aux autres enfants issus de communautés moins défavorisées.

D’autre part, créer une classe unique au lieu de deux pour assurer l’éducation d’enfants depuis l’âge de 3 à 5 ans, c’est créer à nouveau des conditions discriminatoires…

Nous avons fait le choix de venir vivre dans ce canton enclavé, mais il en va des valeurs de la République que de nous permettre d’avoir accès à l’école…

D’autant qu’ici il n’y a pas de crèche, ni de garderie, aucune alternative pour les parents. L’an passé on nous a imposé un seuil (12 enfants), aujourd’hui ils sont 19 et ils seront 21 à la rentrée, les effectifs ont doublé, mais cela ne suffit pas!
»

Bien entendu les maires de Rouze et Mijanes n’ont pas répondu au courrier de l’IA leur demandant de choisir quelle école fermer à la prochaine rentrée.
Du côté de l’UNSA «pas de suspens»
Le comité technique académique a eu lieu jeudi et l’on a parlé des dotations pour le département de l’Ariège et Antoine Loguillard, délégué régional pour ce syndicat de l’enseignement s’en est fait l’écho.

«C’est un protocole d’accord qui a contextualisé les moyens: moins un poste pour la prochaine rentrée, sachant qu’il y a des baisses d’effectifs (-59 élèves).

Avec un recul de 5 ans, on enregistre -720 élèves et 3 postes en moins, ce qui nous fait dire que l’on est relativement protégé, d’autant que la démographie ne cesse de diminuer
».

Le responsable de la centrale syndicale souligne que le département de l’Ariège est le dernier de la classe en matière de prise en charge des groupes et selon lui il faut mettre les moyens dans l’enseignement spécialisé (poste RASED) et accompagner les ouvertures en basse Ariège.

Revenant un instant sur les collèges (qui contrairement aux écoles ne bénéficient pas de protocoles) qui vont s’engager dans la nouvelle réforme à la rentrée prochaine, il souligne que la dotation est en positif (28 élèves de moins et un demi-poste de plus).

«Le seul bémol c’est au collège Pasteur à Lavelanet où l’on aurait du maintenir le nombre d’heures alors que l’IA en enlève 20!

Par contre nous sommes particulièrement satisfaits de la dotation des lycées professionnels qui sont cette fois aussi bien traités que l’enseignement général (3 postes en plus pour 30 élèves en plus).

Dernière satisfaction, tous les internats seront pourvus de CPE puis 2 postes ont été crées l’un pour l’EREA et l’autre pour le collège de Vicdessos
».

Dernier rendez-vous pour affiner le tracé, le mois prochain dans le cadre du comité technique et de la CDEN.

Laurence Cabrol | 01/02/2016 - 18:00 | Lu: 36828 fois