Marie Lajus, préfète de l'Ariège à la rencontre des professionnels de l'Hébergement d'Urgence

© midinews 2015

À l’agenda de la Préfète Marie Lajus, hier la visite de la structure appaméenne Hérisson Bellor et l’Institut Protestant de Saverdun.

Une journée qui aura permis à la représentante de l’État de bien connaitre les deux structures et d’aller à la rencontre des usagers.

L’œuvre «Hérisson Bellor» a été créée en 1862. Cette institution charitable en faveur des jeunes filles orphelines ou pauvres du culte réformé a été reconnue, par décret impérial du 28 novembre 1866, comme établissement d’utilité publique, sous le nom «d’ouvroir protestant».

C’est en 1864, que Julie Madeleine Brives, veuve Charles Martin Hérisson-Bellor, fait don, au profit de l’œuvre, d’une maison située à Mazères.

L’association dont le siège social est à Mazères gère différentes structures implantées sur la bastide et Pamiers. Dans la cité des trois clochers, les structures d’urgence sociale sont installées dans les locaux de l’ancienne Maison de retraite de «La Bourdette» depuis l’hiver 2007/2008.

Elles regroupent le 115, le Service Intégré d’Accueil et d’Orientation, l’accueil de jour, l’hébergement d’urgence, les lits halte soins santé, le GEM (Groupe d’Entraide Mutuelle).

«Le SIAO existe dans chaque département, et c’est Hérisson Bellor qui en est en charge en Ariège, il a pour objectif de mettre en relation l’offre et la demande en terme d’hébergement, explique David Deceuninck, directeur.

Le SIAO sur son volet «urgence», via le numéro d’appel téléphonique «115» fonctionne 24h/24. C’est la particularité d’Hérisson Bellor
».

Jusqu’en 2012, le service était géré par la Maison de l’Habitat et Hérisson Bellor. À la demande de la DDCSPP de voir cette mission confiée à un guichet unique, Hérisson Bellor a présenté un projet pour lequel il a été retenu.

Le SIAO sur son volet «insertion» est saisi par les travailleurs sociaux du département, de demandes d’insertion et de logement adapté. Pour ce faire, dans le cadre d’une commission mensuelle à laquelle participent les structures et la DDCSPP, il étudie et propose des solutions d’insertion en matière de: résidence sociale, pension de famille, logements ALT et CHRS.

L’accueil de jour fonctionne du lundi au vendredi de 9h20 à 12h40 et les après-midis de 14h à 17h sur rendez-vous ou inscription dans des ateliers. Il offre différents services: d’hygiène (douches, vestiaires), lieu d’écoute et d’accompagnement social et/ou psychologique, permanence santé.

L’hébergement d’urgence propose 28 places sur la structure collective et 6 places en logement-relais (deux appartements sur Pamiers et Foix). Le public accueilli est essentiellement constitué d’étrangers en situation administrative précaire.

Suite aux constats du diagnostic 360°, une place «femme victime de violences» a été créée et identifiée comme une place à mobiliser en urgence, servant de transition avant une orientation sur une place CHRS ou place femmes victimes de violence.

Quatre lits destinés à l’accueil de personnes sans domicile en situation de convalescence ont été également mis en service à la mi-année 2008. Un encadrement médical et un suivi infirmier en garantissent le fonctionnement. Le financement est assuré par l’ARS.

Le GEM (Groupe d’Entraide Mutualiste) offre des activités de jour à des personnes en situation de souffrance psycho-sociale et/ou atteintes de maladies psychiques.

Le Centre d’Hébergement et de Réinsertion sociale est installé sur Mazères. Il dispose de 47 places, dont, depuis 2014 trois places spécifiques crées et réservées pour l’accueil des femmes victimes de violence.

Le centre parental accueille sur 13 places dans le cadre de la protection de l’enfance, des femmes avec enfants de moins de 3 ans. L’association gère sur Mazères une entreprise d’insertion de 20 places et un chantier d’insertion de 13 places, dont l’activité est tournée vers l’hôtellerie et la restauration.

«En projet également pour 2016, la création d’une épicerie sociale et solidaire, poursuit le directeur. Elle répond à une demande et permettra un accompagnement des ménages dans une autonomie de gestion de la vie quotidienne, au travers notamment d’ateliers cuisine et d’un accompagnement social.

L’objectif est d’agir sur 2 volets: l’emploi pour permettre à des personnes sans emploi, de bénéficier de contrats de travail en vue de faciliter leur insertion sociale et professionnelle, et apporter une aide alimentaire variée et de qualité à des personnes qui rencontrent des difficultés sociales, sur une durée déterminée et moyennant une contribution
».

Dans le projet présenté, les ménages participeront par le biais d’une contribution symbolique, la valeur d’achat des produits se situant au maximum à 30% de la valeur commerciale.

Par ailleurs, cette initiative poursuit un objectif de chantier d’insertion, par la création de 6 postes de caissier, livreur, employé de libre-service, postes qui seront encadrés par des emplois permanents (conseillère en économie sociale et familiale et responsable des achats notamment).

La DDCSPP a soutenu le projet et a alloué en 2015 un montant de 1 000€ sur sa ligne départementale «aide alimentaire» de 9 188€.

Ce projet pourra être soutenu par l’État dans le cadre de la politique de la ville. La DDCSPP accompagnera en 2016 ce projet en partenariat avec la DIRECCTE, le Conseil départemental et le Conseil régional à solliciter.

La préfète connaît désormais les structures de Mazères et Pamiers. Elle a pu échanger avec les usagers, sur leur accueil et notamment sur leurs parcours de vie.

Après la visite du site appaméen, Marie Lajus s’est rendue à l’Institut Protestant de Saverdun. La fondation Institut Protestant de son vrai nom «Institut de charité pour les orphelins protestants» a été créée en 1839.

Elle a eu pour objectif d’accueillir, d’éduquer et de former les enfants protestants orphelins et abandonnés. Dans les années 1970, l’Institut Protestant a accueilli des populations immigrées et s’est spécialisé dans la prise en charge de mineurs étrangers isolés.

L’institut gère plusieurs sites. Le site de «Jeanne Petite» qui abrite une Maison d’Enfants à caractère sanitaire et social, de compétence Conseil départemental, spécialisé depuis plus de quinze ans dans l’accueil et l’accompagnement éducatif des mineurs étrangers isolés.

L’accompagnement éducatif et pédagogique s’articule autour de l’apprentissage de la langue française dans le cadre de cours de F.L.E (Français Langue Étrangère), de l’accès progressif à l’autonomie et à la citoyenneté par l’insertion scolaire pré-professionnelle et professionnelle.

La prise en charge s’accompagne également d’un suivi médical et thérapeutique, si besoin est.

Durant leur séjour, les jeunes peuvent acquérir une formation d’agent de restauration ainsi que l’acquisition de la conduite d’un deux roues ou d’une voiture, grâce à des cours de l’auto-école sociale et solidaire dispensés sur le site de Jeanne Petite.

Le site de «Rivière» accueille 16 personnes sur des places d’Hébergement d’Urgence ouvertes pendant la période hivernale du 1er novembre au 31 mars. C’est la troisième année que l’Institut protestant gère cette structure hivernale.

Suite à l’allocation de crédits de fin d’année en 2015, 10 places supplémentaires ont pu être ouvertes sur Saverdun, sur le site de «Jinjean». Ces places comme celles de Rivière sont financées jusqu’à la fin du plan grand froid, soit mars 2016.


L’Institut protestant a également investi le domaine de l’hébergement d’urgence après le rachat de l’Auberge Collective du Pont de l’Écho à Foix en 2012. 16 places sont actuellement financées, sachant que depuis le diagnostic 360°, deux d’entre elles servent à l’accueil d’hommes isolés sur des places de courte durée, dites tournantes.

Depuis 2015, l’Institut protestant gère 11 places Hébergement d’Urgence des Demandeurs d’Asile, situées sur Foix, sur des logements HLM.

Trois d’entre elles sont à destination d’isolés, le reste a vocation à accueillir des familles. Au titre de 2015, la structure a reçu une allocation totale de la DDCSPP de 314 586€.

L’Institut protestant s’est porté candidat pour l’accueil, sur financement de l’État, d’une quinzaine de réfugiés. Une dizaine pourrait être rapidement accueillie.

PR | 08/01/2016 - 16:57 | Lu: 24995 fois