Crise des migrants: neuf réfugiés déjà accueillis en Ariège

© 2015 AFP
Alors que le Commissaire européen aux migrations Dimitris Avramopoulos demande à la France d’accélérer en matière d’accueil des réfugiés (rappelons que le gouvernement s’est engagé à prendre en charge 30 000 demandeurs d’asile sur deux ans), après les premiers élans de solidarité et les interventions publiques qu’en est-il réellement pour le département de l’Ariège?
Le mois dernier sept réfugiés syriens et deux irakiens sont arrivés en Ariège dans le cadre du programme européen de relocalisation.
Pour des raisons évidentes de sécurité, Gilles Brunatti, responsable du dossier à la préfecture ne donne pas de détails précis sur leur localisation: les Syriens seraient installés à Foix et les Irakiens en Basse-Ariège.
«La France a proposé à l’Italie et à la Grèce de prendre en charge 200 réfugiés en novembre, 300 en décembre et 400 en janvier en provenance de ces deux pays…
Nous devions en accueillir deux de plus début décembre, ce n’est pas fait… nous ne parlons que de ceux qui sont arrivés».
Ce sont tous des hommes plutôt jeunes (entre 25 et 40 ans) qui ont été contraints de se séparer de leur famille restée au pays ou dans des structures d’accompagnement rencontrées sur la route de l’exil, en Turquie ou en Allemagne.
«Chacun d’entre eux souhaite faire venir ici leur famille, même si c’est en différé» précise M. Brunatti.
Ces réfugiés ont fui la guerre et ont été d’abord accueillis en centre d’accueil dans les Yvelines. Leur arrivée en France est contrôlée par l’office de protection des réfugiés apatrides (OFPRA) qui leur a délivré un statut de réfugiés avant de les répartir sur le territoire national où les préfectures prennent ensuite le relai.
«Il y a deux volets, le logement et l’accompagnent social, poursuit Gilles Brunatti. Nous avons recours soit à l’office HLM ou à des bailleurs sociaux, type Alogéa, aux particuliers qui nous ont fait des propositions ou aux communes.
Une fois que l’on a trouvé un logement, il faut le meubler, l’aménager en relation avec les associations comme Emmaüs, le secours Populaire ou le secours Catholique.
Mais ce n’est que la moitié du problème résolu, car il y a ensuite l’accompagnement social au sens large avec l’aide aux démarches administratives, à la compréhension du fonctionnement de la société française, les inscriptions dans les organismes comme la CAF, la CPAM… pour chaque réfugié nous désignons une structure référente.
Par exemple pour ceux de Foix c’est l’association Chélidoine (responsable de l’accueil de Jour) et le CIDFF. On ne demande pas à ces structures de tout faire, mais de coordonner les actions».
Notamment les propositions des particuliers: certains ont spontanément offert leurs services pour des promenades pendant le week-end afin de leur faire découvrir l’Ariège, d’autres de préparer des plats locaux pour les habituer à la nourriture, ou à les aider tout simplement à l’aménagement de leur intérieur.
L’État leur a accordé le statut de réfugié (c’est la protection maximale) cela leur ouvre des droits tels que l’accès au RSA, l’aide personnalisée au logement ou a la couverture santé universelle, mais ils sont ensuite autonomes et considérés en capacité de payer leur loyer, les factures EDF et d’accéder à la formation et à l’emploi, un levier à l’insertion indispensable.
Actuellement tout se passe plutôt bien pour ces nouveaux arrivants pour qui l’Ariège constitue une opportunité pour redémarrer dans la vie loin de la guerre et de la barbarie.
Contact à la préfecture: Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP). Dossier suivi par Gilles Brunatti 05 61 02 43 02.
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