Elle est rondelette tout en restant tranchante et piquante. La «Georgette», fourchette-cuillère du trappeur, inventée par Jean-Louis Orengo au retour d’une de ses expéditions hivernales dans le grand nord Canadien, a pris du galon.
Après le département de l’Ariège, elle a réussi à conquérir les grandes tables de chefs étoilés (Alain Ducasse ou Hélène Darosse) avant de s’attaquer aux Etats unis, de conquérir New York où elle a fait un véritable tabac et d’être distribuée au Canada.
Aujourd’hui «Georgette» se prépare pour un grand voyage qui va la conduire au pays du soleil levant
Outre le dépaysement assuré, c’est une opportunité saisie par Jean-Louis Orengo, son génial créateur, et le fruit d’une rencontre avec deux jeunes ingénieurs de l’INSA de Toulouse qui dans le cadre de leur formation (master spécialisé ingénieur d’affaires industrielles) ont jeté leur dévolu sur ce produit du terroir à la fois élégant et bien utile.
«Dans le cadre de notre formation nous avons une mission export, explique Charles. Nous avions pensé en premier temps faire la promotion d’un produit du terroir comme le vin ou le foie gras mais c’est un peu compliqué au niveau de la réglementation. Nous avons découvert la Georgette sur un reportage et nous sommes tombés sous son charme»
Il y a un mois à peine, les deux étudiants rencontrent Jean-Louis à Saint Lizier qui leur fait découvrir et partager sa passion. La magie opère. Le 11 avril, tous trois embarqueront pour Tokyo, Kyoto, Osaka et Kobé avec des Georgettes dans leurs bagages.
«Si nous avons choisi le Japon, c’est que l’on trouve là-bas plus de 500 restaurants étoilés! Ils sont plus de 150 à Tokyo dont 7 trois étoiles au Michelin»
«Là-bas la cuisine est un art et le bien-manger une vertu» poursuit David.
Les deux jeunes ingénieurs de l’INSA travaillent en amont pour préparer ce voyage: «nous partons pour deux semaines, c’est très court. Aussi nous avons déjà contacté grâce à notre réseau (Germain Dufor, le directeur de notre Master, nous a donné un coup de main ainsi que la chambre de commerce de la France au Japon) restaurateurs et distributeurs susceptibles d’être intéressés par ce produit»
Un produit «so frenchy» qu’il faut désormais accompagner à l’international.
Et pour préparer ce voyage, l’équipe de la «Georgette» a tourné ce matin des images au restaurant d’application du Lycée des Métiers de la Restauration Camel à St Girons. Actuellement le seul établissement qui a décidé d’adopter dans son enseignement cet ustensile atypique mais tellement pratique.
«Nous avons décidé de l’utiliser pour impliquer davantage nos élèves au goût» indique Sandrine, enseignante en cuisine chef.
«Nous souhaitons l’intégrer dans la mallette de tous nos jeunes dès la prochaine rentrée, poursuit Sébastien Gendre, chef des Travaux au lycée. Cet instrument polyvalent permet de goûter plus souvent les plats, c’est essentiel pour cette formation.
De plus du côté du restaurant d’application où nos jeunes sont en contact direct avec la clientèle, la Georgette facilite le dialogue, c’est un excellent vecteur de communication.
Quant aux prestations extérieures que nous sommes en mesure de fournir (banquets, cocktails) en utilisant un seul couvert polyvalent nous réduisons les coûts (on ne lave qu’un instrument).
Le jeunes qui sortent de notre lycée sont amenés à travailler sur le bassin ariégeois où déjà une quarantaine d’établissements ont adopté Georgette, une telle formation est donc pour eux une valeur ajoutée»
Gérard Jourdain, enseignant en hôtellerie, réalise devant nous une expérience qui en dit long: il lève les filets d’une sole meunière à la Georgette… un jeu d’enfant.
Seconde démonstration par l’exemple, la préparation des fruits: «on est toujours embarrassé pour manger une poire ou un brugnon à la fourchette et au couteau. Georgette est étonnante, on peut l’utiliser pour remplacer un couteau-économe et elle éveille de nouveaux plaisirs au niveau de la dégustation: séparer les quartiers, les couper, les piquer avec les fourchons…»
Pour Jean-Louis Orengo, cette consécration vient après une longue traversée du désert: «Georgette est née il y a une quinzaine d’années mais elle n’a réellement émergé que depuis un an, explique le créateur.
C’est une succession de rencontres depuis le premier jour où le cabinet juridique m’a aidé à monter le dossier pour le brevet, où les deux ingénieurs ont mis l’argent que nous n’avions pas pour réaliser les premiers outillages, aujourd’hui c’est le lycée Camel de St Girons qui se mobilise pour intégrer Georgette à son enseignement ou ces jeunes ingénieurs de l’INSA de Toulouse qui m’ont contacté pour nous accompagner dans le développement de Georgette à l’international…
Nous avons eu la chance l’an dernier d’aller à New-York où un grand chef souhaite nous commercialiser aux Etats-Unis, dans quelques jours nous partons au Japon, la voie est ouverte !»
| Georgette d’Or, un concours pour promouvoir ce couvert révolutionnaire Un projet construit au pas de montagnard qui commence à porter ses fruits: Georgette a été vendue en 2012 à 10 000 exemplaires, soit autant qu’en dix ans d’existence. Jean-Louis Orengo reconnaît que Bernard Garcia, président de l’UMIH 09, et les chambres consulaires qui l’ont soutenu en organisant le concours «la Georgette d’Or» ont largement contribué à la promotion de son invention. Actuellement, la seconde édition de la Georgette d’Or est en préparation: «l’an passé, une quarantaine d’établissements ont participé à ce concours, c’était la première fois, on ne savait pas trop où on allait, pour la seconde édition on a peaufiné le concept» indique Bernard Garcia qui dans une conjoncture économique morose pour la profession voit dans cette manifestation une véritable planche de salut. «Ce concours va durer deux mois du 9 avril au 9 juin avec un dîner de clôture au Mas d’Azil car la politique de cette manifestation c’est de pouvoir coupler une bonne table et un site touristique majeur. Dans la dynamique de cette soirée d’inauguration, nous allons lancer la mini-Georgette, plus petite, calibrée pour les desserts, les cocktails… Mais c’est un scoop, il faut encore attendre jusqu’au mois de juin !» Preuve du succès grandissant de Georgette, les Tables Gourmandes d’Ariège, une association destinée à faire découvrir la cuisine et les produits du terroir, utilisent dans leurs établissements respectifs cet instrument 100% ariégeois. Parmi ces chefs, Marie-Jo Bru du restaurant Les Sapins, une inconditionnelle de «Georgette»: «nous l’avons adoptée depuis plus d’un an dans le cadre du concours la Georgette d’Or impulsé par l’UMIH et depuis elle fait l’unanimité auprès de nos clients» Pour en savoir plus: http://www.georgettes.fr |
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