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L'Hippomobile développée par le Sictom pour la collecte des cartons, «c'est pas du folklore»!
04/07/2013 | 18:39
© MidiNews 2013

Bien sûr il fait beau, ça aide aujourd’hui. Alors c’est tout sourire que Véronique, ripeuse au Sictom du Couserans, entame sa tournée pour le collectage des déchets (emballages cartons essentiellement).

Pour le coup, trois autres employés du Sictom dont Romain Nunez, directeur de la structure, l’accompagnent à vélo. Car aujourd’hui, grande première avec Fabrice Bourianne, éleveur de chevaux de race Castillonnaise sur Montesquieu-Volvestre, elle emprunte la carriole de ramassage, spécialement conçue pour cette collecte, au rythme chaloupé de «Oyé de jamoun», un hongre recruté et entraîné pour l’occasion.

«L’idée c’est de remettre le cheval au travail. La race Castillonnaise, une race locale, s’y prête bien puisque longtemps utilisée pour les travaux de traction animale, travaux des champs ou encore débardage, sans oublier les nombreuses balades en calèche pour les mariages ou autres»

Aussi sur une idée du PNR des Pyrénées Ariégeoises et avec le concours de la municipalité de Saint-Girons, Fabrice le souligne, «cela fait plus de cinq ans qu’on travaille sur ce projet, car il fallait étudier et préparer plusieurs facteurs: le cheval, le meneur (lui en l’occurrence qui a suivi une formation spécifique) mais aussi le trajet et le type de déchet que l’on pouvait collecter»

«Un parcours de collecte en hyper centre au rythme de 5 km/h»
Aussi, après les tests grandeur nature des semaines passées, cette fois c’est pour de bon que du 2 juillet au 17 août la collecte hippomobile des déchets cartonnés va se réaliser en matinée.

«Une trentaine de points de collecte sont prévus, complète romain Nunez, plus les apports inopinés sur le parcours par les différents commerçants. Un parcours dans l’hyper centre, le même que d’habitude car l’intérêt c’était de ne pas changer le circuit ni les consignes de tri, adressées par notre ambassadeur à tous les commerçants qui jouent le jeu. On veut que tout soit réversible si on devait changer à nouveau»

A raison d’une vitesse moyenne de 5 km/h uniquement en centre-ville, confirme Fabrice «on va plus vite que le camion, on perd moins de temps… et c’est moins polluant», d’autant que le cheval a un vaste sac qui lui sert de couche pour ses déjections.

A sa suite, Romain Nunez, l’affiche clairement: «on n’est pas dans de l’animation estivale pour les touristes, ce n’est pas du folklore, c’est un vrai travail. On est plus dans une approche métier. Le cheval nous apporte quelque chose d’intéressant, aide aussi à avoir le bon geste de tri.

De plus les commerçants y adhèrent. On veut simplement prouver qu’on peut réaliser ce type de collecte avec le cheval de façon professionnelle, sécurisée et sans risques. L’idée c’est bien d’essayer de pérenniser cette démarche
»

S’il n’est pas sûr que tous les automobilistes apprécient, quoi que à bien y réfléchir le même trajet en camion de collecte pose autant de contraintes sur les flux de circulation, manifestement les piétons, touristes ou pas, adhèrent, eux, sans réserve.

Désormais, Oyé, Fabrice et Véronique doivent démontrer que l’expérience peut être concluante à tous points de vue et pas seulement pour le folklore.

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auteur: Sylvain Sastre | publié le: 04/07/2013 | 18:39 | Lu: 11057 fois