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En route pour Educ'Eco 2015 avec les élèves de la Cité scolaire de Mirepoix

© midinews 2015

Après avoir mis au point il y a deux ans un moteur qui fonctionnait à la graisse de canard, puis l’an passé un prototype qui roulait à la graisse de porc, cette année les lycéens se sont orientés vers un concept beaucoup plus écologique réalisé en bambous et plaques de jute, alimenté par un moteur électrique de leur invention.

Car pour la 5e année consécutive, lycéen et BTS deal cité scolaire de Mirepoix participent au challenge Educ Éco qui se tient ce long week-end du 8 mai à Colomiers.

Cette course automobile internationale mettra en compétition 53 équipes de jeunes (collégiens, lycéens, étudiants en IUT à polytechnique, à l’université…) qui concourront au volant des véhicules qu’ils ont conçus.
Premiers essais sur route
L’objectif de cette compétition: dépenser le moins d’énergie possible, en parcourant le plus de kilomètres.

Mercredi après-midi, les jeunes en atelier réalisaient les derniers réglages sur cet engin écoresponsable fruit de leur réflexion et de leur travail collectif. «Vous pouvez voir les différentes évolutions de nos prototypes au fil des années, glisse David Nautré, professeur de génie civil.

Il y a trois ans nous sommes partis avec un châssis acier, c’était un peu lourd, l’an passé quand nous roulions à la graisse de porc c’était un châssis en aluminium. Cette année nous avons opté pour le bambou, l’ensemble des pièces en matériaux composites sont en fibre de lin, nous restons ainsi dans le recyclable.

Et quelques pièces en plastiques ont été imprimées directement en 3D et en PLA, des matériaux recyclables. La batterie électrique alimentant le moteur permet d’atteindre une moyenne de 25 km/h. Ainsi nous roulons propre et sans odeur !
»

Les équipes qui se sont relayées sur cet engin ont travaillé en relation avec l’entreprise Ariège Composites de Laroque d’Olmes, spécialisée dans tous ces matériaux à la fois techniques et écologiques, permettant ainsi de rester fidèle au concept d’écomobilité qui guide le challenge EducEco.

Un réel investissement et un vrai travail d’équipe pour ces jeunes, notamment pour les Terminale STI pour qui ce projet rentre dans un travail de fin d’études présenté dans quelques semaines au baccalauréat. Les BTS IMP ont quant à eux fabriqué la mécanique et les BTS CIM la conception industrielle et microtechnique.

C’est avec soulagement que Thomas et Pablo, les deux pilotes officiels ont réalisé leurs premiers tours de piste, d’abord sur le parking de la cité scolaire puis sur la route devant l’établissement.

«Notre objectif ce n’est pas de faire de la vitesse, mais des économies de carburant: il faut faire le plus de kilomètres possibles sur un circuit urbain avec l’équivalent d’un litre de SP 95, commente Thomas au volant du prototype.

Mais il n’y a pas que la mécanique, toute la partie électrique et programmation du fonctionnement du moteur doivent tenir et nous devons avoir une vraie stratégie de course, poursuit l’étudiant. D’où l’importance d’avoir différents angles et une géométrie qui influe sur le comportement du véhicule et sa consommation».
Le bambou un véritable atout
Cela peut paraitre exotique pour les néophytes, mais au final, le châssis bambou de la cité scolaire de Mirepoix pourrait faire la différence.

Le projet est né dans la classe STI 2D de Bertrand Facchetti: «c’est léger et on est en plein développement durable donc en plein dans la philosophie de l’épreuve […] cette année nous partons pour gagner et nous avons toutes nos chances d’y parvenir» avoue l’enseignant qui a déjà décroché avec les précédentes équipes de nombreux trophées (sécurité, partie électrique, etc).

Certains comme Cédric, 19 ans, en 1ere année de BTS CIM, est séduit par le côté compétition de cette épreuve, la confrontation avec des écoles d’ingénieur, des IUT, d’autres lycées.

Le jeune homme est catégorique: «notre atout c’est la légèreté… qui dit légèreté dit peu de consommation d’énergie […] cette compétition est stimulante, elle permet de repousser les limites techniques, mais c’est un gros investissement, tant pour nos professeurs que pour nous, élèves.

J’ai été nommé chef d’équipe, ce projet me tient particulièrement à cœur. C’est un sentiment mitigé qui nous anime aujourd’hui, à la fois beaucoup d’appréhension, c’est la dernière ligne droite, il ne faut pas que ça casse et de la fierté de voir le prototype rouler… on croise les doigts pour la suite !
»

Les premiers tours de circuit sont prévus vendredi matin.

Laurence Cabrol | 07/05/2015 - 19:15 | Lu: 17110 fois