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Renaissance du retable de Roquefixade

© midinews 2011
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Depuis le mois de mars, Hervé Langlois et son équipe travaillent sur un échafaudage de 8 mètres de haut à la restauration du retable de l’église de Roquefixade.

Une pièce monumentale réalisée au XVIIIe siècle à partir d’essences locales (résineux, chêne, tilleul) mais dont certaines parties affaiblies par les outrages du temps menaçaient de tomber sur les paroissiens (la statue de la vierge à l’enfant avait été déposée par mesure de sécurité).

La mairie du village a décidé de prendre les choses en main: «la préservation et la mise en valeur du patrimoine de Roquefixade constituent un axe majeur de la politique municipale.

Depuis 1983, les différents Conseils Municipaux ont poursuivi ce mouvement,
explique Francine Authié, maire du village.

Mais cette préoccupation est bien sûr liée aux capacités de financement de la commune rurale qu’est Roquefixade.

Notre ressource essentielle repose sur la taxe foncière qui représente 43 000 € par an soit le prix de cette première tranche de travaux!

Tout investissement dépend donc en grande partie du montant des subventions espérées et de l’étalement sur plusieurs années des projets les plus importants
»

Si pour cette première tranche de travaux (la restauration des boiseries polychromes), les aides des institutionnels (Conseil général, Conseil régional et Direction Régionale des Affaires Culturelles) ont représenté 65% de la somme, la création en juin 2010 de l’association «Patrimoine de Roquefixade» a permis de faire appel au mécénat privé en sollicitant la fondation du Patrimoine à Toulouse, de créer des évènements culturels permettant de lever des fonds (concerts, tombolas).

Si bien qu’aujourd’hui les restaurations du retable du maître autel sont en bonne voie…

Il retrouve peu à peu son lustre d’antan grâce aux interventions expertes des restaurateurs: dépoussiérage, nettoyage avant de traiter les boiseries dévorées par les insectes xylophages, consolidation de toutes les parties affaiblies en injectant du durcisseur, réfection des enduits et apprêts avant de poser à certains endroits la dorure à la feuille d’or 23 carats…

Certaines pièces trop endommagées par l’humidité ont même été refaites à l’identique.

Un travail minutieux réalisé avec des instruments chirurgicaux  où rien n’est laissé au hasard.

Hervé Langlois connaît bien son métier, après une solide formation aux beaux Arts de Paris complétée par des études universitaires en Arts Plastiques, ce professionnel a acquis après plus de 20 ans d’activité un savoir-faire au service des monuments historiques, musées et collectivités, une expérience à toute épreuve en matière de décors muraux (peintures murales, bois polychromes et dorés).

Son atelier, longtemps basé à Saint-Girons, vient de déménager à Lavaur dans le Tarn, une position centrale qui lui permet de rayonner dans les régions du grand Sud.

Ici on lui doit les restaurations des retables de Surba (17e), Galey, Castillon ou Pamiers (Notre Dame du Camp ou la Cathédrale): «compte tenu de l’architecture de ce bâtiment à nef unique, le retable vient fermer l’abside du cœur […]

Il y avait beaucoup de travail car cette œuvre monumentale était encrassée et les apprêts à la colle de peau sont une matière très sensible à l’humidité et aux insectes […] il aura fallu donner force à cette structure qui avait des défaillances.

Nous avons ajouté des pièces de bois au dos pour garantir une bonne tenue de l’ensemble […] on ne fait pas ce genre d’opérations tous les dix ans !
»

Car si le volet conservation représente les 2/3 de son travail, la restauration a été réalisée en suivant le choix esthétique de conserver la polychromie rajoutée au XIXe siècle:


«On avait la possibilité d’enlever ces repeints et de retrouver la présentation de l’œuvre telle qu’elle était au XVIIIe mais la commune a préféré conserver cette présentation esthétique avec des rinceaux, statues, feuilles d’acanthes à la feuille d’or sur des fonds plus calmes (bleu, gris et faux marbres)»

Actuellement le tabernacle en bois de tilleul est déposé à Lavaur car trop altéré pour le traiter in situ.

Il fait l’objet de toutes les attentions d’Hervé Langlois qui devrait le réinstaller avant la fin du mois d’août et le début du festival de musique ancienne de Roquefixade.

En attendant, Mme le Maire n’entend pas en rester là, elle remplit des dossiers de demande de subventions pour la restauration du tableau central, un anonyme du XIXe, qui paraît bien terne depuis que les boiseries ont retrouvé tout l’éclat de la polychromie et le faste des dorures…. une seconde tranche de travaux pourrait bien voir le jour dans les mois à venir.

L’appel à mécènes est donc plus que jamais d’actualité!

Laurence Cabrol | 28/06/2011 - 20:28 | Lu: 20160 fois