Privatisation des barrages hydroélectriques: la résistance s'organise
Ce jeudi matin une vingtaine d’agents du GEH EDF Aude-Ariège distribuaient des tracts au rond point principal d’Ax les Thermes. Une manière pour ces professionnels d’exprimer leur inquiétude.
Car l’Assemblée nationale a voté, dans la loi de transition énergétique, une disposition autorisant la privatisation partielle des barrages hydroélectriques (deuxième source de production d’électricité en France après le nucléaire).
Une mesure bien peu médiatisée, mais qui risque d’avoir dans le département de l’Ariège des conséquences graves comme l’indique Laurent Farenc secrétaire CGT des agents de production, porte-parole des 140 salariés ariégeois (toutes tendances syndicales confondues) qui contribuent tous les jours à l’entretien du réseau et à la production hydraulique des quatre groupements d’usines et des 17 barrages du département.
«Cette mesure a été votée en catimini dans la nuit avec 29 députés pour et 3 contre… La privatisation annoncée des barrages a été votée à 32 députés, on peut mesurer l’intérêt que nos politiques portent au bien public !», tempête ce colosse barbu.
«Au travers de la loi de transition énergétique, le gouvernement veut ouvrir à la concurrence l’exploitation des concessions hydrauliques: aujourd’hui si les agents de la production hydroélectrique sont dans l’action ce n’est pas pour leurs salaires ou leurs conditions de travail, mais contre la privatisation des barrages et la production hydroélectrique dans le pays. La loi de transition énergétique prévoit la mise en place de SEM (Sociétés d’économie mixte) où l’État pourrait se désengager jusqu’à 66 % et ne garderait plus que 34 % des parts.
Notre inquiétude c’est que tout l’argent que l’on met aujourd’hui pour la sécurité et la sureté des ouvrages ou la maintenance de nos installations ne serve plus qu’a rétribuer des actionnaires privés ou des fonds de pension. Ici en Ariège on est très inquiet pour l’avenir».
La première centrale concernée par le renouvellement de la concession en 2017 c’est précisément la centrale du Teich à Ax les Thermes.
«La direction nous soutenait jusqu’à présent, poursuit Laurent Farenc. Et Henri Proglio le PDG d’EDF indiquait lui-même que les SEM seraient une catastrophe pour l’entreprise, mais depuis hier il a été débarqué par le gouvernement et remplacé par Jean-Bernard Levy l’ancien PDG de Thales.
Nous ne sommes pas dupes sur les velléités de ce gouvernement qui veut vendre le patrimoine et qui d’un monopole public qui sert l’intérêt de tous les citoyens veut faire un monopole privé pour servir les intérêts de quelques nantis»
Le responsable syndical ne cache pas ses intentions, les actions risquent de se durcir dans les jours à venir. «Les gens vont bientôt prendre la mesure de ce qu’est la production hydroélectrique dans le pays»
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