Grève au Smectom du Plantaurel: le bras de fer entre les agents et la direction se poursuit
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Le conflit ne date pas d’hier, mais à force de malentendus, de maladresses et de rendez-vous manqués il s’est terriblement envenimé ces temps derniers.
Si le Syndicat Mixte d’Etude, de Collecte et de Traitement des Ordures Ménagères est né en 1987, ce n’est qu’à partir de 2008 que les représentants du personnel (160 agents) ont pu se faire élire au sein de la structure (3 élus pour la CGT, 1 pour FO et 1 pour l’UNSA) et en 2012 qu’ils ont enfin siégé en CHSCT (comité hygiène sécurité et conditions de travail).
C’est précisément à partir de ce moment qu’ils ont mis au jour un certain nombre de dysfonctionnements : des manquements en terme d’hygiène, de sécurité au travail, mais aussi en matière de pouvoir d’achat, de déroulement de carrière ou de transparence dans les procédures de recrutement. Ils ont alerté le président, lui demandant d’établir un calendrier et d’engager un programme pluriannuel d’actions.
«Il s’agissait tout simplement de se mettre en règle rien de plus», indique Eric Coneim délégué UNSA au CTP. N’ayant pas obtenu de réponse de la part de la direction les élus CGT et FO ont démissionné collectivement en mars 2013.
«C’était un signal fort face à un malaise interne profond» poursuit le délégué syndical. «Le dialogue social n’a repris qu’à l’automne 2013, le DRH et le DG ont organisé six réunions avec les représentants de la CGT (précisons que 60 % des agents sont à la CGT). Ici si les longues carrières arrivent à tirer leur épingle du jeu, les derniers arrivants sont des catégories C à 1300 € par mois.
Nous n’avons pas de 13e mois, comme tous les agents de la fonction publique le point indiciaire est gelé depuis quatre ans et quand on nous promet un chèque déjeuner de 8 € pour 2 jours travaillé, ce n’est pas un cadeau! Non nous ne sommes pas des privilégiés, ce sont des tâches ingrates, traiter les déchets ménagers de 120 000 personnes est souvent dangereux»
Le 22 novembre 2013, un agent chute d’une plate forme à 2,50 m du sol, il passe à deux doigts de la mort. Cela crée un véritable électrochoc sur le personnel qui demande depuis des mois de meilleures conditions de travail: «suite à cet accident, il y a une prise de conscience collective qui met le feu aux poudres, poursuit Éric.
Coup de tonnerre lors des élections municipales de mai 2014 la liste Pédoussat est battue à Verniolle et «le président du SMECTOM (Robert Pédoussat NDLR) est mis en ballotage au sein du syndicat mixte malgré le verrouillage des opérations.
Là-dessus 95 % du personnel fait grève. Un nouveau bureau est élu et de nouvelles négociations permettent de faire évoluer le dialogue entre direction, élus et représentants du personnel qui était auparavant au point mort. Quatre réunions ont lieu avant l’été.
Le 9 juillet on enregistre certaines avancées en matière de pouvoir d’achat, la création d’un service prévention, santé hygiène et sécurité, des solutions de douches en urgence et de locaux transitoires avant la création d’un bâtiment en dur… »
Mais cette embellie ne dure qu’un temps dès le mois de septembre, les représentants syndicaux commencent à déchanter: «lors du bureau de rentrée le président revient sur l’attribution des tickets restaurants, sur le mode de calcul de la participation employeur au risque prévoyance et au risque santé.
Quant aux locaux transitoires, la situation d’urgence va certainement durer encore belle lurette, car nous avons appris que le SMECTOM ne pouvait pas déposer le permis de construire du bâtiment, le PLU de la commune de Varilhes n’ayant pas encore été voté».
Une volte-face incompréhensible, une reprise en main, des problèmes de management interne… chacun y va de son analyse, mais l’incompréhension domine et rien ne transparait de cette chape de plomb mis à part une communication très officielle.
Aujourd’hui si les employés du SMECTOM sont en grève c’est que la situation est bloquée: «nous avons pointé de graves dysfonctionnements dans cette structure, nous avons mis en place un calendrier pour faire évoluer les choses, mais face aux difficultés rencontrées pour se comprendre et les réponses qui nous ont été données nous n’avons pas eu le choix que de déposer un préavis de grève reconductible pour le jeudi 16 octobre».
La situation s’est crispée davantage quand le président Robert Pedoussat a signé un communiqué de presse publié dans les colonnes de deux médias locaux sous la forme d’une insertion publicitaire tarifée.
Nul n’ignore en effet que l’insertion d’un pavé publicitaire dans un hebdomadaire diffusé le vendredi nécessite une livraison des contenus au plus tard le mardi soir voire le mercredi matin.
Dans tous les cas, bien avant le début de la grève et la tenue des premières négociations le jeudi matin.
De quoi radicaliser les positions des salariés et cristalliser le mécontentement ambiant. «On s’est senti heurté dans notre dignité», avoue Éric qui demande réparation.
Demain jeudi aura lieu un comité syndical où plus de 150 élus sont convoqués: «nous attendons de ces délégués qu’ils se positionnent, qu’ils désapprouvent ces procédés pour le moins cavalier.
Cela permettrait dans un premier temps de calmer le jeu avant de revenir sur les trois points bloquants: à savoir les tickets restaurants, la création du service santé et sécurité pour se mettre en conformité avec la loi et n’ayant aucune visibilité sur la création d’un bâtiment en dur que l’on arrive enfin à avoir des éléments sur les bâtiments transitoires.
Ce que l’on peut dire aujourd’hui c’est que les agents sont prêts à faire grève jusqu’à ce que des engagements forts soient pris, ils n’ont plus rien à perdre».
Le rapport de force se poursuit.
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