Smectom du Plantaurel: la grève continue mais le dialogue a repris
On a beaucoup parlé de confiance hier soir à Varilhes lors du conseil syndical du SMECTOM (Syndicat mixte départemental de traitement des déchets ménagers et assimilés).
C’est à la demande des agents en grève depuis le jeudi 16 octobre, bien décidés à demander des comptes à la direction suite à un communiqué tarifé, publié dans la presse et selon eux «discréditant leur action» que s’est tenue cette réunion sous tension.
Le comité d’accueil de l’Intersyndicale attendait de pied ferme direction, bureau et élus délégués. Robert Pédoussat le président s’est d’ailleurs fait prendre à partie par les agents EDF de la CGT qui lui ont demandé de rendre sa carte. Quant au directeur général, Alain Caillat, c’est en pratiquant l’art de l’esquive qu’il a pu rejoindre la salle des fêtes de Varilhes où la réunion s’est tenue en présence des agents et des représentants de l’intersyndicale (CGT-FO et Unsa).
Une réunion de crise qui n’a pas réussi à mobiliser tous les délégués
Parmi les 150 délégués invités, à peine 80 avaient répondu à cette convocation. «Une preuve supplémentaire que l’on s’intéresse pas à ce qui se passe dans notre structure» ponctue cet agent un peu désabusé. Du moment qu’on n’augmente pas la TOM, tout va bien !»
«Si je me suis déplacé, avoue Numen Munoz, maire de Verniolle, en place depuis les dernières élections municipales, c’est que le problème m’intéresse en tant que citoyen. D’une part, nous sommes confrontés au non-ramassage des ordures ménagères depuis une semaine, il faut comprendre pourquoi on en est arrivés là et l’expliquer à nos administrés. D’autre part, je suis choqué de voir les conditions de travail de ces employés. Ils méritent d’être traités comme des travailleurs dignes de respect»
Pour Annick Labonne, adjointe au maire Cazavet : «je respecte le droit de grève, mais c’est un peu abusif. C’est se passer de dialogue social. Et puis en France on obtient toujours tout avec des grèves alors pourquoi s’en priver. Là on touche aux usagers et la grève c’est la facilité !»
Pour Didier Calvet maire de Loubières, c’est un défaut de confiance entre les administrateurs via le directeur général et les personnels. «Ce défaut de confiance est regrettable tout comme il est regrettable qu’on en arrive à une grève massive du personnel pour faire respecter la réglementation du travail et mettre en place le dialogue social. Personnellement, je souhaite un autre mode de management au niveau de la structure dirigeante, qui responsabilise les salariés, qu’ils soient informés et consultés sur la marche de l’entreprise comme l’exige la réglementation du droit du travail»
Lucien Quèbre élu de Pamiers et nouveau délégué au Smectom pour la ville est formel : «c’est un problème de gouvernance […] c’est de l’incompréhension et une très mauvaise communication. Les relations sociales sont extrêmement dégradées et les élections professionnelles de décembre doivent permettre de mettre en place une véritable gouvernance avec des délégués du personnel, qu’il n’y a pas aujourd’hui, et des représentants au CHSCT. Aujourd’hui, rien ne justifie la poursuite de cette grève si ce n’est ce communiqué malheureux fait sans concertation avec les élus du bureau dont je fais partie. Je l’ai découvert en même temps que les lecteurs du quotidien local. Personnellement je le regrette. Par contre, je pense que le président et le directeur général doivent continuer, mais une véritable réorganisation doit être mise en place avec un comité technique paritaire. Tout le monde doit se remettre au boulot, y compris les élus»
Alain Gomès, délégué CGT, précise que le conflit date du mois de mai. «La lenteur des décisions, la provocation du publi-communiqué payé par les deniers des contribuables nous a choqués tant par la méthode (tout a été prémédité bien avant le mouvement de grève) que par les approximations portées sur la place publique et venant alimenter des polémiques sur la fonction publique… c’était totalement orienté. Une provocation en pleine négociation qui a mis le feu aux poudres» Séverine Pons de FO précise que « les trois derniers jours de grève sont de la responsabilité exclusive de la direction qui a cautionné ce communiqué»
Eric Coneim de l’UNSA rappelle que ce conflit prend ses origines en 2008, au début du mandat de Robert Pédoussat. «Il y a eu tant de rendez-vous manqués en terme de dialogue social» Selon lui la confiance est rompue depuis longtemps. «Ce mouvement doit faire comprendre conscience de la place du Smectom et de la nécessité des élus de s’intéresser à ce service public. Aujourd’hui on veut avoir l’avis des représentants du peuple que sont les élus sur la manière de gérer la boutique. Que veulent-ils faire du service public du Smectom dans les années à venir […] nous, personnels, nous demandons de pouvoir travailler dans des conditions de travail dignes du XXIe siècle pour un salaire digne»
Une lettre d’intention du président du Smectom proposant une nouvelle gouvernance
Au terme de cette réunion où chacun a pu s’exprimer, Robert Pédoussat a fait lecture des propositions du bureau afin de rétablir d’ici 2015 la gouvernance et restaurer la confiance : repenser l’organisation et le fonctionnement des instances composées d’élus, présidents et vice-présidents. Redéfinir l’organisation de la structure Smectom (équipe dirigeante/Service), intégrer dans le service une véritable dynamique de gestion de la sécurité, redistribuer les compétences, reconstruire et faire fonctionner les instances représentatives du personnel ; redéfinir et faire fonctionner le système de communication (en interne et externe)… cette réorganisation sera mise en ouvre par un comité de pilotage constitué d’élus, de cadres de l’entreprise, du secrétaire au CHSCT et d’un conseil externe (cabinet privé ou cadre du centre de gestion).
Malgré toutes ces bonnes intentions, il n’y a pas eu approbation du bureau et la réunion s’est achevée devant la porte où les représentants du personnel ont pu continuer les discussions avec les élus.
«Aujourd’hui il faut nous donner les moyens de négocier une sortie de crise par le haut, dire que l’on n’a pas fait grève pour rien. De notre côté une partie de l’objectif a été atteint en arrivant à mobiliser les élus à leur faire prendre conscience des problèmes que l’on rencontre au Smectom» indique Alain Gomes de la CGT.
«Nous sommes obligés de leur faire confiance, poursuit Patrice Sarrias, responsable technique des installations. Il faut se mettre autour de la table pour négocier une sortie de crise. La direction a pris conscience de la nécessité d’une restructuration. À présent on va leur faire écrire les choses, jusqu’à présent ce n’était pas le cas, se mettre en conformité car c’est un peu aberrant de demander cela à des élus qui ont un pouvoir de Police et sont chargés de faire appliquer la loi !»
En attendant, la grève se poursuit et les usagers doivent prendre leur mal en patience.
| Résultats de la réunion de négociation de jeudi Après une rencontre de plus de deux heures avec la direction, les élus et les représentants du personnel, des engagements ont été actés pour une sortie de crise imminente. «On a inversé la donne, cette réunion a été très constructive» précise l’intersyndicale. Les trois principaux points des revendications ont été repris : le pouvoir d’achat à travers les chèques déjeuner, «un chiffrage va se faire et les modalités 2015 sont actées» ; Le document unique lié à la santé (document statutaire depuis 2008) : «il a abouti à Berbiac, la direction va le relancer pour la collecte» ; Le recrutement d’un conseiller de prévention. Concernant le suivi médical des agents, il sera renforcé (au niveau de la collecte une visite par an et à Manses, une visite tous le six mois) et suivi par les réunions du CHSCT. Quant à la transparence dans le déroulement des carrières, il est acté à partir de 2015 : procédures d’évaluations communes, les agents sous contrat auront le même régime indemnitaire. «La direction a reconnu qu’il y avait eu cet été des dérapages sur les procédures de recrutement, désormais elle s’engage à une publication des postes en interne (priorité aux candidatures en interne) les règles seront clarifiées dès le premier comité technique de janvier. Mais par rapport à tous ces engagements, il nous faut des écrits. Nous avons demandé la rédaction et la lecture de ces avancées, car il y a eu une crise de confiance qui nous oblige aujourd’hui à en passer par là. Suite à l’AG qui aura lieu demain à midi nous voterons la reprise du travail» a indiqué l’intersyndicale qui a obtenu que le comité de pilotage soit constitué de huit élus ayant «les compétences, la motivation et la disponibilité requises pour travailler dès la première quinzaine de novembre à la restructuration du syndicat» Ce comité devra procéder à l’audit des directeurs en s’appuyant sur l’audit externe qui existe. À la suite des élections professionnelles du 4 décembre, trois représentants du personnel intègreront ce comité de pilotage ainsi que le secrétaire du CHSCT (au final 12 personnes le composeront) «Nous sommes dans une dynamique constructive, nous souhaitons pouvoir sortir de ce conflit pour reprendre un service public de qualité» Quant aux jours de grève, à priori aucune retenue ne sera faite avant la fin de l’année. |
dans la même rubrique
- Foix: une soirée de maraude avec la Croix rouge à la rencontre des plus démunis
- Chômage en Ariège : la dégradation se poursuit en octobre
- Chasse au gaspillage pour les enfants des ALAE de l'Ariège
- Pamiers: lutte contre les violences faites aux femmes, parlons-en avec des fleurs!
- Le Centre Hospitalier Ariège Couserans participe à la 4e édition nationale de la semaine des patients du 24 au 28 novembre 2014
- Centre Hospitalier du Val d'Ariège: réorganisation ou démantèlement du service de Gynécologie
- Grève des avocats: les robes noires restent mobilisées au barreau de Foix
- Foix: l'excellence de l'apprentissage ariégeois sur la scène de l'Estive
- Les défenseurs des droits à l'écoute des Ariégeois
- Lancement de la 29e campagne d'hiver des Restos du Coeur dans l'Ariège
- Désert médical ariégeois: les députés entrouvrent la porte au retour des médecins en zone de montagne
- Foix: manifestation pour défendre la fonction publique et le service public de proximité
- Signature du 5e plan départemental de lutte contre les violences faites aux femmes 2014-2016
- Prud'hommes en Ariège: pour la CGT l'urgence est à l'action
- Projet Comenius: quand le lycée du Castella s'ouvre à l'Europe
- Foix: pour que la santé mentale ne soit plus un tabou en Ariège, parlons-en!

















