accueil  |  ariège   |  france

Cet été le Carmel de Pamiers va livrer ses secrets

© midinews 2015

Le temps s’est arrêté sur ce bâtiment du XVIIe devenu beaucoup trop vaste pour les cinq dernières sœurs carmélites qui l’ont déserté en octobre 2008. Trop âgées, trop isolées et faute de vocation nouvelle, ses dernières occupantes ont rejoint leur communauté de Luçon en Vendée.

Racheté par la ville de Pamiers en 2012, le Carmel (sans la chapelle restée propriété des sœurs) est un lieu en devenir.

Certainement dédié un jour à des activités culturelles (autour de la culture vivante, du patrimoine), en attendant que les budgets arrivent (notamment dans le cadre de la politique de la ville), que les travaux d’aménagement se réalisent (les derniers datent des années 30, à l’heure où le monastère servait de séminaire), la municipalité a eu envie de l’ouvrir au public.

D’abord sur la pointe des pieds, à l’occasion des journées du patrimoine puis face à l’intérêt suscité par ce lieu «magique» longtemps resté cloitré, abritant encore beaucoup de légendes, de manière plus franche avec des visites régulières pendant la période estivale.

La mission de faire revivre cet ensemble emblématique du patrimoine appaméen a été donnée à Thomas Charpentier, à la fois archéologue et médiéviste, mais surtout guide conférencier national.

Sous ses faux airs d’Indiana Jones, ce jeune entrepreneur passionné a crée il y a sept ans, Terra Historica, une entreprise visant à valoriser le patrimoine à travers les sites et la médiation (jeux, visites, animations), mais le poussant aussi à intervenir dans le cadre de son expertise en archéologie sur des dossiers ciblés (restauration, aménagements patrimoniaux), des dossiers techniques faisant appel à des diagnostics (il vient de travailler sur une église gothique à l’Isle/Tarn).

Ses missions le conduisent à intervenir jusqu’à Gérone en Espagne et sur la grande région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon. Installé en Ariège (Montaut) depuis un an et demi, Thomas a proposé à la direction des Affaires culturelles d’intervenir sur le Carmel dans le cadre des visites guidées organisées avec le concours de l’Office de Tourisme.

«J’ai accepté cette mission de faire découvrir ou redécouvrir ce bâtiment qui a la particularité d’être resté dans son jus.

N’ayant pas vécu à Pamiers, j’en ai plutôt une vision académique, analytique, je traite le carmel comme un lieu d’histoire, de patrimoine alors que les Appaméens qui suivent les visites y voient un élément de leur vie quotidienne… c’est à moi l’occasion de briser un certain nombre d’idées reçues en leur faisant redécouvrir, car il y a souvent autour beaucoup de légendes liées à ce lieu de religion
».

Parmi les espaces emblématiques de ce monastère, le cloitre, un lieu de repos, de circulation ou de méditation. À partir de là on prend la mesure des proportions du bâtiment, un bâtiment un peu disproportionné: «c’est l’un des plus grands carmels que je connaisse, précise Thomas.

Et ce bâtiment de la fin du 17e siècle est en définitive assez récent au regard de l’histoire de Pamiers. Contrairement aux monastères du Moyen Âge où il n’y a rien et où les bâtiments ont tellement été modifiés que l’on ne se rend plus compte du quotidien des moines, ici nous avons l’impression qu’il est encore habité.

Outre la poussière et l’absence de mobilier, il y a une vraie atmosphère. IL n’est pas trop délabré mis à part a peinture qui s’écaille ou les enduits qui s’effritent, on a vraiment l’impression que les sœurs viennent de partir
».

Mais c’est surtout lorsque l’on emprunte les escaliers menant aux étages que l’on partage ce ressenti. De larges couloirs de tomettes desservent les cellules des religieuses au confort spartiate. On imagine leur quotidien fait de travail et de prière dans le silence absolu.

La pharmacie, le réfectoire sont restés figés depuis les années 50, mais c’est incontestablement dans la salle capitulaire que l’on touche du doigt la réalité du carmel avec cette épaisse grille séparant, protégeant les sœurs de la chapelle accessible aux fidèles de l’extérieur.

Une grille dotée il n’y a pas si longtemps que ça de longues pointes de 20cm de long, interdisant d’approcher et donc de communiquer avec le reste du monde: «elles ont dû faire appel au pape pour demander une dérogation leur permettant de les supprimer !» À découvrir plus de 360 années de silence et de prière à l’ombre de la cathédrale Saint Antonin de Pamiers.


Histoire et Patrimoine, visites du Monastère du Carmel et Balades nocturnes insolites...

Visite guidée du Carmel à 10 h (visite gratuite):
Jeudi 16 juillet ; Jeudi 23 juillet ; Jeudi 6 août ; Jeudi 20 août
Balades Nocturnes et insolites «Cathares et Inquisiteurs» à 21 h 30: 5 €/3 € (étudiants, — de 18 ans, demandeurs d’emploi), gratuit pour les — de 7 ans
Vendredi 17 juillet ; Vendredi 24 juillet ; Vendredi 7 août ; Vendredi 21 août
Sur réservation (places limitées) à l’Office de Tourisme: 05 61 67 52 52.
http://ot-pamiers.fr
Laurence Cabrol | 10/07/2015 - 19:18 | Lu: 28903 fois