Accueil des réfugiés: Pamiers prête à recevoir deux familles

François Hollande vient d’annoncer que la France allait accueillir 24 000 réfugiés en deux ans.
Face aux postures, à la compassion de façade, aux donneurs de leçons, André Trigano, maire de Pamiers et président de la Communauté des Communes a annoncé ce matin que la ville était en capacité d’accueillir dignement deux grandes familles avec enfants.
«Les choix de chacun sont respectables, on me reprochera ce qu’on voudra, mais pas d’avoir laissé des gens dans la détresse. Étant moi-même réfugié et ayant accueilli des familles de réfugiés, je ne peux pas faire moins».
Le premier magistrat a confié le dossier à Marilyne Vital-Doussat en lui demandant dès lundi de recenser tous les logements pouvant être rapidement mis en sécurité pour accueillir de manière décente ces personnes. André Trigano insiste bien sur ce point: «on veut les accueillir dignement».
La communauté des communes a fait l’acquisition d’une douzaine de logements (11 exactement) sur l’ilot Sainte-Claire pour une future opération d’aménagement.
Parmi eux deux logements ont été pointés, répondant aux critères posés (il s’agit d’un grand appartement et d’une petite maison): «nous sommes venus avec les équipes techniques, explique Marilyne Vital-Doussat, il y a surtout des travaux de sécurité électrique et de plomberie. À la sortie ce ne sera pas des logements neufs, mais ils seront parfaitement habitables».
André Trigano préfère du concret et du rationnel
À tous les propriétaires privés qui se sont manifestés auprès des collectivités pour signaler des logements vacants ou leur souhait d’accueillir des réfugiés, André Trigano répond: «la générosité c’est une chose, mais la réalité des plans de financement avancés par l’État c’est autre chose.
À l’heure actuelle on ne sait pas si ces propriétaires pourront être indemnisés et à hauteur de combien.
Nous sommes dans une phase réaliste: nos logements sont en bon état, ils appartiennent à la Communauté des Communes et les travaux seront réalisés par la ville qui prendra en charge le temps qu’il faut les fluides (eau, électricité, gaz).
Une réunion a eu lieu hier et aujourd’hui nous sommes en mesure (sous réserve d’une dizaine de jours, le temps de réaliser les travaux et d’aménager les logements) de recevoir deux familles avec enfants soit une quinzaine de personnes».
Le maire entend dans l’urgence faire jouer le réseau de la solidarité pour équiper ces logements et y apporter tout le confort nécessaire. Les associations caritatives seront peut-être également sollicitées pour les premières denrées alimentaires en attendant les subventions de l’État... si elles viennent précise l'édile.
Et André Trigano développe en s’appuyant sur ce qu’il connait bien, c'est à dire les chiffres: «mon idée c’est un pour mille. Actuellement la France c’est 70 millions d’habitants, si on suit cette règle arithmétique on peut accueillir 70 000 personnes venant de l’extérieur sur le sol national.
À Pamiers nous sommes 18 000 habitants, on peut recevoir 18 personnes sans se faire taxer d’accueillir toute la misère du monde comme je l’entends ici ou là. Car outre le fait d’aider provisoirement ces réfugiés, nous voulons, s’ils veulent rester, leur donner la possibilité de s’intégrer, de trouver un travail»
Et à ceux qui parlent de sélection par pays d’origine ou par religion, le maire de Pamiers s’indigne: «cela me rappelle de trop mauvais souvenirs. À l’époque sur 8 millions de juifs, 6 sont partis dans les fours crématoires et les autres comme moi se sont débrouillés»
Avant de mettre en garde pour conclure: «à Pamiers il n’y aura pas de récupération, ni de surenchère. Un élu universitaire s’est mis à disposition pour apprendre aux réfugiés les rudiments de français. Je m’en félicite, il va travailler avec nous, car il faut en pareille circonstance laisser parler son cœur»
L’élu en question, tout le monde l’a compris c’est Michel Teychenné. Au-delà des étiquettes, l’ancien député européen évoque de son côté l’esprit du 11 janvier qui a rassemblé des centaines de milliers de français autour des valeurs de la République et de l’humanisme universel derrière le slogan «je suis Charlie»
Dans un courrier adressé à André Trigano, il a indiqué ses intentions pour aider à l’accueil des réfugiés en ces termes:
«C’est dans cet esprit que les Français, les Européens, doivent accueillir ceux qui fuient la mort et l’obscurantisme. Il faut que chacun se mobilise, en fonction de ses moyens, pour cela. Nous l’avons fait dans le passé, nous pouvons, nous devons le faire, aujourd’hui.
Je vous demande donc que l’on agisse rapidement, en lien avec les associations ariégeoises, pour organiser l’accueil de familles de réfugiés sur Pamiers et sa Communauté. Cette action simple et concrète, allant au-delà des discours, donnera du sens à notre refus du terrorisme et du fanatisme, et marquera notre solidarité.
Je suis à votre disposition pour l’aider à organiser cet accueil»
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