Baisse des dotations de l'État aux collectivités: Alain Fauré persiste et signe
© midinews (archives)
Le député de la deuxième circonscription de l’Ariège ne baissera pas pavillon.
Après avoir allumé la mèche de la polémique la semaine passée en affirmant, en substance, que les maires ariégeois ne pouvaient se considérer victimes d’une réduction drastique des dotations de l’État (lire notre article du 24/09/15), il revient à la charge aujourd’hui dans un long courriel adressé à notre rédaction.
Avec moins de véhémence, mais davantage d’arguments, Alain Fauré assoit sa démonstration sur des données chiffrées qui ne manqueront pas de susciter, là encore, de nombreuses réactions.
Et de citer les baisses enregistrées sur la communauté de communes de Saint-Girons (- 58.031€), sur le pays d’Auzat-Vicdessos (- 32.487€) ou encore sur les Vallées d’Ax (- 209.385€), en soulignant qu’à l’échelle départementale d’autres ont connu des augmentations (Séronais, Varilhes, Val Couserans, Donezan, Volvestre, Saverdun, Tarascon, etc.).
«Depuis 2012, le gouvernement s’emploie à redresser les finances de notre pays par une politique de sérieux budgétaire. Tous les Français ont pris conscience du caractère indispensable de cette maîtrise, alors que la droite avait jusque-là laissé filer les dépenses publiques dans une proportion dramatique pour l’avenir de notre pays.
La baisse des dotations de l’État aux collectivités locales de 11 milliards sur trois ans s’inscrit dans le plan général d’économies de 50 milliards d’euros sur les dépenses publiques 2015-2017 voté par le Parlement le 29 avril 2014. Pour rappel, ce plan a trois objectifs: redonner du pouvoir d’achat aux salariés, maîtriser notre déficit public et mettre en œuvre le Pacte de responsabilité et de solidarité», rappelle-t-il d’entrée.
Les collectivités ne peuvent dépenser l’argent qu’elles n’ont pas
S’il dit «comprendre les craintes et les difficultés» auxquelles sont confrontés les élus locaux, l’ancien maire des Pujols affirme que «les collectivités ne peuvent plus dépenser l’argent qu’elles n’ont pas».
«De son côté, l’État continue de soutenir fortement l’investissement en Ariège et dans les zones rurales, poursuit-il, notamment par l’augmentation de la Dotation d’Équipement des Territoires Ruraux qui est passée de 5,2 millions d’euros en 2014 à 8,18 millions d’euros en 2015, soit 2,98 millions d’euros et une augmentation de 40,11% en Ariège.
À cela s’ajoutent plusieurs mesures gouvernementales et notamment le plan d’aide exceptionnel d’1 milliard d’euros annoncé par le premier Ministre en août dernier afin d’aider au financement des projets locaux».
Parlementaire socialiste, Alain Fauré n’oublie pas, bien sûr, à quelle majorité il appartient.
Certains souhaitent instrumentaliser la légitime inquiétude des élus
Et de politiser le sujet, en réponse notamment, à la réaction de Philippe Calléja, maire de Saverdun et président départemental du parti «Les Républicains» (lire notre article du 28/09/15).
«À moins de trois mois des élections régionales, certains souhaitent clairement instrumentaliser la légitime inquiétude des élus à travers une opération nationale de récupération politique.
Il est évident que les élus du parti «Les Républicains» utilisent cette situation contre le projet du gouvernement, mais leurs leaders, nationaux ou ariégeois, ont la mémoire courte.
Nous jugulons des dépenses qui connaissaient un rythme effréné de croissance de 2007 à 2012 (650 milliards d’euros), au prix d’efforts importants. Tous les acteurs du pays sont concernés».
Parlementaires, nous sommes aussi des élus de terrain
Autre sujet de réaction du député, son éloignement supposé des réalités du terrain.
«J’ai lu dans la presse que loin de la gestion quotidienne, les parlementaires ne connaitraient pas les réalités du terrain… Pour mémoire nous sommes aussi des élus de terrain», revendique Alain Fauré.
«Les exemples que j’ai donné sur la gestion des zones d’activités aux trois-quarts vides qui sont très proches les unes des autres, la gestion économique, le périscolaire, le tourisme, les infrastructures routières, sportives et culturelles, les transports, ce sont des vrais exemples de mutualisations qui représentent des économies importantes et qui permettraient d’apporter des services meilleurs aux citoyens.
Je ne souhaite pas des collectivités plus grosses, je souhaite des mutualisations à l’échelle du SCOT. Ce n’est pas moi qui est voulu ce SCOT, mais ce sont les communautés des communes qui y ont adhéré et ont travaillé pendant quatre ans pour établir un schéma commun de développement, et au pied du mur on s’arrête? C’est incompréhensible.
C’est pourquoi j’en appelle à tous les élus, afin d’agir chacun à notre niveau pour maîtriser notre déficit public et ne plus compromettre l’avenir de nos jeunes. La mutualisation à l’échelle du SCOT est la clé des économies.»
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