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Olivier Campardou, l'homme qui parle à l'oreille des ânes...
13/07/2010 | 20:42
© MidiNews 2010

Il vient de s’installer pour l’été avec son troupeau d’ânesse sur le site de la Plagne au pied du Mont Rouch, deuxième sommet du Couserans qui culmine à 2858 m, non loin du col muletier du Port de Salau.

Sur cette piste pastorale très fréquentée par les randonneurs en cette période de l’année, l’éleveur ariégeois leur offre la possibilité de participer à la traite des ânesses, trois fois par jour, de déguster ce précieux breuvage considéré comme étant le plus proche de celui de la femme, il est très nutritif (il contient plus de lactose et moins de matière grasse que le lait de vache) et a été utilisé jusqu’au début du XXe siècle comme substitut du lait maternel.

Connu depuis l’Antiquité pour ses vertus revitalisantes et fortifiantes, il parait même que Cléopâtre, reine d’Egypte, prenait tous les jours un bain de lait d’ânesse pour entretenir sa beauté légendaire…

Sacrée promotion pour Olivier Campardou, qui surfe désormais sur la vague des savons et des cosmétiques à base de lait d’ânesse.

Pourtant en 1995, quand il décide de se lancer dans l’élevage d’ânesses dans l’optique de transformer leur lait en savonnettes, il n’est pas pris au sérieux dans un pays dédié à l’élevage bovin ou ovin.

A force de travail et de persévérance, deux ans plus tard, Olivier est reconnu comme étant le premier jeune agriculteur français à avoir un élevage asinien, ce qui lui vaut en 2003 le prix National de la Dynamique Agricole décerné par la banque Populaire.

Aujourd’hui à la tête d’un troupeau de près de 50 bêtes, il produit plus de 18 000 litres de lait par saison (2 à 3 litres par ânesse).

Le lait frais s’oxyde rapidement, il est donc congelé à -18 degrés, envoyé dans une entreprise spécialisée dans le séchage par atomisation.

Une partie sera utilisée pour la cosmétologie (lait pour le corps, masques hydratant, shampoing, etc.); une autre servira à fabriquer des pastilles au lait d’ânesse, sans sucre, douces et agréables au goût (réalisées à Vichy par un des derniers fabriquant des bonbons de Vichy); enfin une quantité non négligeable de ce lait transitera dans le Puy de Dôme, chez Christophe Nadal, un des derniers savonniers à travailler à l’ancienne.

Il utilise dans la composition de ses produits huile de palme, huile de copra et lait d’ânesse.

Le parfum provient des huiles essentielles et le colorant de pigments naturels (argile verte, rouge…).

Tous ces produits sont développés sous la marque «Asinus», disponibles sur Internet et chez plus de 200 distributeurs en France, en Europe et depuis peu au Japon.

Aujourd’hui, Olivier a réussi son pari avec le lait d’ânesse et a largement  contribué à remettre l’âne au goût du jour…

Rappelons nous, avant la découverte de l’électricité, on se servait de la glace des névés pour conserver les denrées périssables et c’était à dos de mulet que les paysans ariégeois, pour compléter les maigres revenus de leurs terres, devenaient convoyeurs de glace.

Les derniers muletiers se trouvaient au siècle dernier à Balagué dans le Castillonnais.

Une tradition que perpétue Olivier Campardou tous les ans à la fin du mois de juillet où il monte avec une dizaine de mules pour extraire la glace au Cirque d’Anglade et la redescendre jusqu’à Saint Girons où a lieu «Autrefois le Couserans»

En attendant, on peut rencontrer Olivier sur l’estive de Salau, de juin à septembre.

Pour tout savoir sur Olivier Campardou et sa production: http://www.asinus.fr

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 13/07/2010 | 20:42 | Lu: 35501 fois