ariege > jeunesse et societe > enseignement supérieur
Centre universitaire de Foix: une antenne locale «à taille humaine»
05/10/2010 | 21:59
© MidiNews 2010
sur le même thème
éducation Les formateurs de l'IUFM en grève à Foix

Des universités d’été du développement local au forum international de Tai chuan, en passant par les championnats du monde de canoë kayak...

Lorsque l’on mentionne le centre universitaire de Foix perché sur la colline de Montgauzy, ce n’est pas forcément pour son actualité universitaire.

Et pourtant, la rentrée est déjà entamée pour les 265 élèves inscrits cette année.

L’occasion d’aller voir d’un peu plus près ce qui se passe, dans cette antenne décentralisée de l’université du Mirail.

Au sein de l’université fuxéenne, «pas de formation générale, mais des cursus bien spécifiques» explique Frédéric Dedieu, directeur du centre, qui précise «les étudiants viennent de toute la France»

A travers l’IUFM, on peut par exemple se préparer aux métiers de l’enseignement.

Puis, il y a la filière «géographie», avec un ensemble de formations axées autour du développement territorial, de l’accompagnement de projets dans les territoires ruraux et montagnards.

Autre composante essentielle: le tourisme à travers le CETIA ou Centre d'Etudes du Tourisme et des Industries de l'Accueil.
Une nouvelle formation sur le «e-commerce, e-tourisme» débute d’ailleurs cette année.

Mais pour reprendre l’histoire au début, il faut savoir que le centre universitaire est né dans les années 90.

Il est le fruit de la volonté de l’université de marquer sa présence en région (comme à Montauban ou à Tarbes), mais aussi du Conseil Général de conserver cette antenne décentralisée en terres ariégeoises.

Dernière preuve en date de cet appui: la construction d’une médiathèque (financée par l’Etat, le Conseil Général, la région, mais aussi la mairie) qui sera très prochainement inaugurée.

Selon Augustin Bonrepaux, président du Conseil Général, «notre seul regret est que malgré nos investissements et les moyens que nous mettons en œuvre, le nombre d’élèves baisse [...]

Nous pouvions espérer atteindre les 500 étudiants, mais nous sommes à peine à la moitié.

Cela tient aux réformes qui viennent d’avoir lieu: au lieu de former les enseignants, on les envoie directement devant leurs élèves, sans se rendre compte des dégâts que l’on cause
» (voir encadré)

Pourtant, selon les formateurs ou enseignants chercheurs qui gravitent sur le site, on a tout intérêt à valoriser ces centres d’études supérieures à taille humaine.

Et selon Laurence Barthe, maitre de conférence à Toulouse (et responsable d’un master sur le site de Foix), «c’est vrai que l’on trouve des conditions de travail remarquables, notamment du fait de la qualité des équipements ( salles de cours ou informatiques et centre de ressource).
Il y a aussi des conditions d’accueil, et d’hébergements tout à fait agréables
»

Et selon la professeur d’université, «on est dans des logiques de création de grands systèmes de compétence et d’excellence en matière de pôle universitaire.

Le site de Foix n’est pas absent de ces débats (nous sommes rattachés à l’université de Toulouse Le Mirail).

Mais il est clair que pour l’université, la présence en région reste une priorité, même si cela exige une capacité d’adaptation perpétuelle
»

Même son de cloche du côté de Jean Yves Lena, formateur à l’IUFM de Foix, «la tendance du moment est de fusionner des entités moyennes ou plus importantes.
Mais on voit bien que ces fusions ont leur limite.

On fait des grandes facs, des grands centres pour être visibles dans les classements internationaux, mais le problème c’est quand même de former un étudiant le mieux possible.

Nous pensons que des entités comme celle de l’Ariège peuvent permettre de bien cerner les capacités des étudiants et d’y répondre le mieux possible
»

Il ajoute, «c’est important de penser des formations qui sont en adéquation avec la vie même.
Et la vie réelle, ce n’est pas que des grandes métropoles new yorkaises, ni même Paris.

Il ne s’agit pas de copier le modèle parisien, mais plutôt d’avoir des lieux de formation qui soient ancrés dans le territoire
»

Cette proximité, le centre universitaire de Foix compte bien la mettre en valeur.

Son directeur Frédéric Dedieu confie d’ailleurs, «nous avons la volonté de plus communiquer: un site internet sera mis en place pour présenter les formations que propose le centre»



Formation des Maitres: les grands chamboulements de la rentrée

On se rappelle des formateurs de l'IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) qui avaient fait grève en décembre dernier pour exprimer leur inquiétudes concernant la formation des maitres.

Et on a beaucoup parlé à la rentrée de ces jeunes professeurs propulsés dans des classes avec peu (ou pas) de formation pédagogique sur le terrain.

A l'IUFM de Foix (comme conséquence de la réforme) seulement 62 apprentis professeurs sont entrés en formation pour cette rentrée 2010.

Et selon Jean Yves Léna, formateur à l'IUFM, «on passe d'une modalité de formation à une autre. C'est donc un nouveau démarrage»

Mais celui-ci ne cache pas ses réserves quant au nouveau système, «tout cela est complètement nouveau.

Premier point: pendant 5 années d'études, les étudiants devront être autonomes financièrement, alors qu'avant, la 5ème année était rémunérée.[...]

Mais le changement le plus radical concerne l'aspect professionnel: avant, il y avait une formation en alternance pendant la deuxième année d'IUFM.
On était en stage, puis on revenait à l'IUFM pour faire le point.

Il y avait une sorte de maturation, qui permettait de prendre du recul sur sa manière d'enseigner»

Pour cette rentrée 2010, «on est sur une formation plutôt universitaire avec très peu de terrain.

Nous pensons que c'est une erreur stratégique, car il n'y aura pas de sas de prise en main de tout ce qui fait le métier d'enseignant; pour prendre la mesure de son environnement, du contexte, des partenaires»

Bref, pour le formateur, il risque d'être de plus en plus difficile pour les jeunes de prendre en main une classe.

Autre détail utile pour mesurer l'ambiance générale: il y a 3 ans, 400 postes d'enseignants étaient à pourvoir, pour seulement 80 cette année.

actualites Ariege
auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 05/10/2010 | 21:59 | Lu: 25100 fois