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Hébergement d'urgence: l'Auberge du Pont de l'Echo fermera-t-elle ses portes dans 15 jours?
15/12/2011 | 20:13
© MidiNews 2011
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A quelques jours de la date fatidique où elle devait cesser ces activités d’accueil (le 31 décembre), l’inconnu plane encore sur le devenir de l’Auberge du Pont de l’Echo à Foix (l’ACPE).

Rappelons que la structure assure une mission d’hébergement d’urgence et d’accompagnement social 7 jours sur 7, 24h sur 24.

Elle offre, sur les bords de l’avenue du Général Leclerc, 16 places d’accueil d’urgence destinées à des personnes en difficulté ou sans abri.

Il y a encore quelques jours, il était prévu que l’auberge ferme ses portes au 31 décembre (puisqu’une autre structure devait reprendre ses missions).

L’association avait prévu de se concentrer à redresser sa situation financière (une des pistes étant la location des locaux de l’association).

Mais les rebondissements n’ont pas cessé depuis le début du mois de décembre, laissant planer plus que jamais de multiples points d’interrogations qu’en à l’avenir du dispositif d’hébergement d’urgence à Foix.

En effet, un «Service d’Accueil et d’Orientation» devait voir le jour.

L’objectif était de mutualiser l’action de 3 structures œuvrant à Foix: l’ACPE (et ses 16 places en accueil 24h sur 24), «Chélidoine» pour l’accueil de jour, et le «Léo Lagrange» (6 places en accueil de nuit).

En août, c’est l’association Hérisson Bellor qui avait remporté l’appel à projet pour mener à bien cette mission (face à deux autres projets).

Mais le retournement de situation ne date que de quelques jours: Hérisson Bellor a annoncé qu’elle jette l’éponge.

La cause? Trop d’obstacles non résolus, avec en premier plan la question de locaux et de la reprise des personnels des autres associations.

D’où cette question qui, pour le moment, reste sans réponse: comment va s’organiser l’hébergement d’urgence à partir du 31 décembre, sachant que ce fameux «Service d’Accueil et d’Orientation» ne sera finalement pas créé?

Du côté des services de l’Etat, on affirme que le dispositif sera réactivé dans sa forme précédente (avant le projet de mutualisation), et qu’une fois l’hiver passé, les réflexions seront à nouveau lancées.

Vu l’urgence du calendrier, ils comptent donc sur la poursuite des activités d’hébergement de l’Auberge du Pont de l’Echo, au moins pour l’hiver. Mais c’est encore loin d’être gagné.

«Les services de l’Etat nous proposent de continuer l’activité jusqu’en avril» explique Christian Morisse (co-président de l’ACPE), «mais cette activité qui sera sous-rémunérée ne nous permettrait pas de fonctionner, et ne ferait qu’alourdir notre dette»

«Accepter cette formule, c’est nous tirer une balle dans le pied !» renchérit Dominique Masset (le trésorier de l’ACPE).

Placée en redressement judiciaire et en période d’observation jusqu’en avril, la structure a en fait peu de marges de manœuvre. Elle doit en effet prouver qu’elle peut venir à bout de sa dette, pour ne pas être placée en liquidation judiciaire.

L’association réclame donc un projet pérenne et durable, qui permettrait d’y voir plus clair sur le long terme. D’autant plus que la situation commence à devenir particulièrement pénible pour les salariés et les personnes hébergées, qui vivent ces retournements de situation au jour le jour.

Conclusion: en l’état actuel des choses, l’Auberge du Pont de l’Echo est censée fermer ses portes au 31 décembre, c’est à dire dans quinze jours. Et une procédure de licenciement a été engagée pour les salariés de la structure.

Où va-t-on loger les 18 personnes qui sont actuellement à l’auberge si aucun accord n’est trouvé? «A l’hôtel !» aurait répondu un représentant des services de l’Etat.

Dans tous les cas, il ne reste que quelques jours pour se mettre d’accord et trouver une solution.


Quelle est la situation financière de l’ACPE?

Placée sous redressement financier, l’association a obtenu à la rentrée un délais supplémentaire du Tribunal pour redresser la barre.

Sa dette est d’environ 50 000€ (sachant que les licenciements des salariés coûteront aussi 50 000€).

Mais l’association dispose de 220 000€ d’actifs. Une somme qui comprend 200 000€ pour les locaux, ajoutés à l’équipement qu’ils contiennent.

Les financeurs de la structure sont la mairie (11 000€), le Conseil général (22 000€), et l’Etat (100 000€).
actualites Ariege
auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 15/12/2011 | 20:13 | Lu: 10594 fois