Depuis sa victoire contre Cherbourg, le 21 janvier, Luzenac n’a plus perdu et enchaîne les bons résultats à domicile comme à l’extérieur.
Cette série de succès témoigne de l’état de forme de l’équipe ariégeoise dans le championnat National.
A cette occasion intéressons nous au travail du préparateur physique, qui s’est intégré au sein de la structure depuis maintenant trois saisons.
Bonjour Nicolas, comment expliques-tu la performance actuelle de l’équipe?
«Bonjour. C’est vrai que nous sommes aujourd’hui sur une série de cinq matches sans défaite avec de très bons résultats.
Tout a commencé contre Cherbourg, nous étions menés 2-0 avant de s’imposer 3-2 dans les toutes dernières minutes de la rencontre.
Ensuite nous sommes allés faire match nul chez le leader.
Puis nous réalisons le coup parfait en nous imposant sur une large victoire 5-2 face à Quevilly avec qui nous sommes au coude à coude au classement, tout comme la victoire précieuse obtenue à Bayonne 3-2 et enfin le match nul de ce week-end chez nos amis corses classés 3ème.
Cette victoire face à Cherbourg est tout un symbole, et a agi comme un véritable déclic.
Nous avons la chance de n’avoir aucun blessé avec un effectif au complet et je crois que c’est ce qui importe le plus»
Comment qualifierais-tu la préparation physique à ce niveau de pratique?
«La préparation est basée sur un mode de compétition très long pour un temps de préparation très court.
Nous avons autant de matches qu’en Ligue 1 avec des moyens beaucoup plus restreints en terme de récupération, nous disposons d’un seul kinésithérapeute.
De ce fait la préparation des joueurs se joue sur deux périodes déterminantes, à savoir la pré-saison en phase estivale et pendant la trêve hivernale.
Si en début de saison nous avons le temps de travailler la qualité aérobie (endurance) autant dans la dimension de capacité que de puissance dans une démarche progressive, autant le travail à l’approche de Noël est davantage intensif de façon à rester au même niveau d’intensité que l’on retrouve en compétition.
Il s’agit là vraiment de deux périodes de développement des qualités alors que durant le championnat je suis davantage sur de l’entretien des qualités physiques, avec de temps en temps des piqûres de rappel lorsque les joueurs en ont besoin»
Quel est le profil de tes joueurs par rapport aux exigences du niveau National?
«Seuls les nouveaux joueurs ou ceux revenant de blessure ont recours à un travail de renforcement musculaire spécifique.
D’autre part, nous abordons avec Christophe Pelissier (l’entraîneur), la préparation physique dans une approche systémique, c'est-à-dire comme une interaction entre les quatre dimensions de la performance: tactique, technique, physique et mentale.
Nous travaillons donc le plus souvent possible la dimension physique à travers le jeu, de manière intégrée»
Puisque tu en parles, quelles sont tes relations avec l’entraîneur?
«Aujourd’hui je joue davantage le rôle d’adjoint que de préparateur physique.
Nous communiquons beaucoup tous les deux, nous échangeons nos points de vue, mais aussi avec l’ensemble des joueurs, à travers notamment quelques joueurs cadres.
Cela nous permet d’adapter et de réguler au plus près le contenu des entraînements, en l’occurrence sur le plan physique.
Je tiens à souligner la bonne ambiance aussi qui règne au sein de l’équipe technique mais aussi avec l’ensemble des joueurs.
La présence d’un état d’esprit au sein du groupe et le respect des valeurs sont les garants de la bonne ambiance de travail.
Plusieurs anecdotes témoignent de cette solidarité collective bien présente qui est sans nul doute le point fort de l’équipe et le moteur de la performance.
Là où c’est intéressant, c’est lorsque l’initiative vient des joueurs et aujourd’hui je peux vous assurer qu’ils nous ont plusieurs fois surpris»
Ton statut a donc évolué depuis ton arrivé dans le club?
«Oui, c’est évident, au début je n’intervenais que sur les créneaux de préparation physique.
Aujourd’hui je suis pleinement intégré, et depuis l’an dernier j’interviens tous les jours.
Je dois dire aussi que l’obtention du Diplôme d’Entraîneur de Football (DEF ou BEES 2nd Degré) m’a donné accès à davantage de responsabilité au sein du groupe, comme l’animation de la partie technique par exemple»
Pourrais-tu nous présenter une semaine type?
«Le lundi, je me charge d’équilibrer les temps de jeu.
Je m’occupe entre autre de faire un travail supplémentaire avec les remplaçants et les joueurs de l’équipe réserve mais aussi du décrassage des joueurs titulaires lors du match du week-end.
La séance du mardi représente la séance athlétique pure sans ballon destinée au développement de la qualité de puissance aérobie, couplée avec une partie jeu.
C’est aussi le jour où nous doublons les séances ce qui nous permet d’aborder l’après-midi un travail basé sur le jeu réduit.
Le mercredi, j’oriente essentiellement mon contenu de séance vers de la coordination, un travail d’appui et de vivacité.
Le jeudi, il n’y a aucun travail athlétique spécifique si ce n’est les exercices d’entretien quotidien: de gainage, de renforcement abdo-lombaires et d’étirement qui participent au programme de prévention des blessures.
Enfin, le vendredi je stimule la qualité de vitesse sous forme ludique de façon intégrée (avec ballon).
Dans la continuité du travail effectué sur le terrain je sensibilise et j’insiste sur la notion de «préparation invisible» qui fait référence à l’hygiène de vie du joueur (sommeil, hydratation et alimentation), indispensable pour favoriser le processus de récupération»
Quels sont les objectifs et les adaptations attendues?
«Je dirais que le principal objectif est de ne pas blesser les joueurs.
Chaque joueur est important dans l’effectif et je préfère avoir 20 joueurs à 98% que 11 à 101 %.
On ne peut pas se permettre de faire l’impasse sur tel ou tel match et de choisir nos matches pour privilégier le développement spécifique d’une qualité physique.
D’où l’importance de la période estivale de préparation générale au cours de laquelle nous amenons les organismes à l’état de forme optimal pour le reste de la saison.
Ensuite je me contente de stimuler et d’entretenir l’ensemble des qualités physiques pour maintenir les organismes au maximum de leur potentiel.
Depuis cette année nous nous rendons régulièrement à Calicéo où nous avons accès au sauna, hammam, jacuzzi et bain froid pour faciliter cette la récupération»
Donc si je comprends bien, la préparation physique est un équilibre entre l’alternance de charge de travail et de récupération dans lequel l’écoute des sensations du joueur et la construction d’une atmosphère de travail sereine restent fondamentales?
«C’est exactement ça, nous sommes en perpétuelle adaptation des contenus d’entraînement.
Cela se manifeste par la régulation des charges et des intensités qui dépendent d’une multitude de facteurs inhérents à la performance.
Au-delà, il faut savoir être juste et récompenser le joueur lorsqu’il le mérite, de la même façon il existe des périodes moins attrayantes qui sont indispensables pour l’atteinte du haut niveau.
Souvent ces moments participent à la construction du groupe et font émerger un état d’esprit.
Derrière la dimension physique de l’effort, une dimension psychologique y est souvent associée qui participe à la transmission de valeurs collectives»
Une dimension psychologique qui sera encore déterminante samedi soir, à l’occasion de la réception de Colmar. Match programmé à 18h00.
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