Les chasseurs ont tenu leur traditionnelle Assemblée Générale samedi matin au Mas d’Azil.
Accueil chaleureux de Roland Gaychet de l’ACCA locale et de Raymond Berdou, maire et conseiller général du canton.
Cette année en raison des élections présidentielles, le préfet de l’Ariège et les services de l’Etat soumis au devoir de réserve se sont faits excuser.
En revanche, c’est devant un parterre de représentants du monde politique que la réunion s’est tenue: pas moins de trois conseillers régionaux, plusieurs conseillers généraux et à la tribune, le député Henri Nayrou et le président du Conseil général Augustin Bonrepaux.
La chasse en Ariège se porte bien et forte de près de 7000 adhérents (6947 cotisations fédérales enregistrées au titre du guichet unique, soit une baisse de 1,49%), la fédération a enregistré pour la saison 2011-2012, 170 dossiers d’indemnisation concernant les dégâts grand gibier (le montant des indemnisations reste stable par rapport à l’année précédente) et 133 candidats ont été reçus à l’examen du permis de chasser.
Jean-Luc Fernandez, l’énergique président de la fédération de l’Ariège, a rappelé les missions liées à la gestion de la faune réalisées par les techniciens de la fédération: comptages nocturnes, baguage des bécasses et des cailles, comptages des galliformes de montagne, des isards ou des grands tétras, formation à l’hygiène, à la sécurité ou interventions en milieu scolaire.
Au chapitre de la sécurité, il a mis en garde les chasseurs qui utilisent les colliers de repérage, non pas pour récupérer leurs chiens mais pour traquer le gibier. Des contrôles seront effectués, précise t-il.
Parmi les priorités de la fédération ariégeoise, le volet sanitaire qui cette année aura permis de réaliser 1600 prélèvements sur le gibier toutes recherches confondues.
Jean Pierre Alzieu, directeur du laboratoire vétérinaire départemental, a fait lors de son intervention le bilan sanitaire de l’année écoulée concernant la tuberculose bovine, la pestivirose de l’isard ou la trichinellose du sanglier suivie depuis 2007 par le laboratoire départemental car fatale pour l’homme.
Le Dr Alzieu a rappelé qu’un cas avait été découvert en novembre dernier à Auzat: «l’animal avait pourtant l’air sain, en fait après prélèvements et analyses il portait 40 000 larves de trichine[…]
Je lance un appel aux chasseurs pour qu’ils continuent à nous faire parvenir des prélèvements (50 gr de langue suffisent) […] Ils sont responsables s’ils donnent de la viande infectée»
| En bref: Au terme de l’Assemblée Générale des Chasseurs de l’Ariège les personnalités ont procédé aux remises de médailles visant à saluer l'investissement des responsables des ACCA locales. Parmi les médaillés, Augustin Bonrepaux et Louis Marette ont décroché l'or. L'un pour son implication pendant cinquante ans au sein des associations de chasse locales; l'autre pour ses choix visionnaires en matière d'aménagement du territoire avec la création du Domaine des Oiseaux et le centre de soins pour les oiseaux en détresse (l’Aouselou) inauguré au début de l’année. En marge de cette assemblée générale avait lieu l'élection pour le renouvellement de trois postes d’administrateurs au sein de la fédération des chasseurs de l'Ariège. On donc été élus: Henri Arnaud et Jean Luc Dénat pour une durée de quatre ans et Jean Baptiste Rougé pour un an. |
On retiendra de cette AG une forte mobilisation en faveur de la chasse populaire au regard du nombre de participants mais également quelques messages politiques distillés ça et là.
Le président Fernandez est revenu à plusieurs reprises sur les tensions provoquées par les «écolos de tous poils» qui ont saisi le tribunal administratif de Toulouse concernant la chasse en battue.
La lecture de l’arrêté est claire: «partout où un ours a été repéré au cours de l’année écoulée, la chasse en battue doit être interdite. C’est une attaque frontale du Comité Ecologique Ariègeois et de Férus […]
Pour nous, il est absolument exclu que la chasse subisse la moindre contrainte pour cause de présence de l’ours.
Nous avons fait appel de cette décision et Nicolas Sarkozy est avec nous. Les mémoires en défense ont été rédigés. Le résultat de l’appel sera déterminant dans un an, ou plus.
A présent, le préfet de l’Ariège doit rédiger un arrêté pour la prochaine saison puisque la chasse est interdite dans tout le département pour toutes les espèces, c’est une première !»
Pour le président de la fédération ariégeoise la situation devient «intolérable dans le Couserans où presque tous les ours de la chaîne sont concentrés»
Selon lui, «le feu couve, je ne maîtriserai plus les chasseurs à la moindre étincelle. On va vers des actions individuelles que je réprouverai mais que je comprends»
Aux prédations chez les éleveurs s’ajoutent depuis peu des gestes isolés à l’encontre des services de l’Etat: il y a quelques jours des tags «Non à l’ours» ont été découverts en vallée de Biros sur une des voitures de service dont l’agent participait au suivi ours.
Si Jean-Luc Fernandez aux côtés de Philippe Lacube (Aspap) a rencontré la semaine dernière le préfet de l’Ariège pour réfléchir sur la situation, c’est au titre de l’association Ariège Ruralité qu’il a transmis aux représentants de l’Etat «un plan de sortie de crise.
Nous verrons s’il est retenu, ou si la stratégie du pourrissement et de l’enlisement avec les risques qu’elle comporte reste la seule réponse qui nous est apportée»
Enfin en guise de conclusion de son rapport moral: «mais attention de quelque bord ou de quelque couleur qu’ils soient, les amis de nos amis ne sont pas toujours les nôtres, alors choisissez bien»
La parole a ensuite été donnée aux personnalités.
Augustin Bonrepaux s’est dit satisfait des efforts de la fédération sur les questions de sécurité et de tranquillité des habitants.
«En tant que chasseur et comme élu je suis à vos cotés pour défendre votre cause […] concernant l’ours, les plus anciens se souviennent, mon discours n’a pas changé depuis 15 ans. C’est un danger pour l’Ariège […]
En 2000 j’ai fait voter un amendement mais j’étais tout seul. Si on en est là aujourd’hui c’est par manque de solidarité (en ce qui concerne les éleveurs, le Couserans) et par excès de crédulité: on a cru aux ministres mais les ministres comme les gouvernements changent.
Je continuerai à être déterminé. Si le candidat que je soutiens est appelé aux plus hautes fonctions de l’Etat il n’y aura pas de réintroduction. Il faut trouver une solution pour ceux qui sont là»
Jean-Luc Fernandez a repris la parole pour conclure l’AG en rebondissant sur ce propos: «la situation est aujourd’hui bien différente: 19 ours de la chaîne des Pyrénées ne posent pas de problème, 15 au même endroit si…
Je veux éviter de parler du passé, je regarde vers l’avenir, peut être avec un autre gouvernement… je remercie Philippe Calléja qui m’a permis de rencontrer le président de la République.
J’irai rencontrer François Hollande s’il le faut. Mais attention les élus ne doivent pas se prostituer pour 2% des voix (celles de Madame Joly).
Dans le monde rural beaucoup auraient voté François Hollande mais ils ne le feront pas parce qu’il y a des Verts à leurs côtés»
| Réactions... Dans les couloirs de cette AG, nous avons rencontré le responsable départemental de l’UMP, Philippe Calléja et nous lui avons demandé sa position face à l’ours: «J’ai plaidé contre une autre réintroduction dans l’Ariège, j’ai fait ce qu’il fallait pour que Jean-Luc Fernandez soit reçu à l’Elysée. Il faut que le prochain président, quel qu’il soit, mais je préfèrerais que ce soit Nicolas Sarkozy, entende la ruralité. Elle vote traditionnellement à droite et ce n’est pas en associant Eva Joly ou Noël Mamère à son prochain gouvernement que François Hollande suscitera l’adhésion du monde rural. Actuellement cette ruralité se pose des questions, elle a le sentiment d’être abandonnée. Nicolas Sarkozy sera attentif à cela, on le lui fera entendre. Notre identité locale doit être respectée. L’ours est slovène qu’il reste en Slovénie !» De son côté Henri Nayrou, député de l’Ariège, ancien président de l’ANEM (association des élus de la montagne), campe sur ses positions: «selon les résultats il y aura des décisions à prendre. Pour ma part je souhaite que François Hollande soit élu président de la République mais je ne suis pas d’accord avec lui si son ministre ou sa ministre de l’écologie décide une nouvelle réintroduction d’ours. Plus qu’un élu, je suis Ariégeois et montagnard, je pense que l’ours n’apporte rien à la biodiversité pyrénéenne et n’apporte rien à la vie dans les montagnes. La montagne est désormais une terre de passage, de partage[…] je n’aurais pas été contre l’idée d’un parc de vision comme le parc des loups à Orlu mais des ours lâchés dans les montagnes en liberté, non, non et non» |
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