Chantier international à Dun: une belle leçon de solidarité et d'intégration
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Ils sont biélorusses, coréens, italiens, russes ou français…
Ces jeunes gens d’une vingtaine d’années sont accueillis depuis une semaine par l’association Espoir Ariège et Handisport dans le cadre d’un chantier international visant à réhabiliter la zone dite «La Paychère» sur la commune de Dun.
Ce lieu «mythique» connu par les locaux pour sa plage de sable fin sur les bords du Douctouyre sera à terme doté d’un chemin accessible aux personnes en situation de handicap, de cabanes, d’un jardin collectif et d’une aire de pique-nique ouverts à tous.
Encadrés par Raymond et Joseph, les piliers de cette association ariégeoise, les jeunes de ce chantier international travaillent tous les matins en relation avec les adhérents de l’association volontaires, une manière de leur faire toucher du doigt la réalité du handicap.
L’après-midi est consacré aux visites et à la découverte du pays des Pyrénées cathares: rivière souterraine de Labouiche, lac de Montbel, cité médiévale de Mirepoix.
Kathy est adhérente depuis 2006 et à travers cette action citoyenne, elle a l’impression d’avancer dans la vie: «étant associé à Handisport nous avons également la possibilité de participer à des activités auxquelles on ne pourrait pas avoir accès dans des clubs classiques… le fait que l’on surpasse nos difficultés ensemble nous encourage à progresser»
Car pour Marie-Jo Palmade la directrice de l’association Espoir Ariège, c’est un chantier international qui n’a rien d’extraordinaire, il s’inscrit dans une logique sociale:
«Notre association accompagne depuis 12 ans des accidentés de la vie, traversant de graves dépressions liées à la schizophrénie ou des troubles bipolaires. Nous avons décidé d’accompagner ces personnes.
Dans un premier temps en créant des services, des clubs encadrés par des bénévoles puis en 2005 quand la loi l’a permis des services d’accompagnement (SAVS, SAMSA, des logements aussi)… mais cela n’a pas suffi car l’assistanat ne peut pas constituer une fin en soi, il faut faire rentrer ces personnes dans la vie courante […]
Ce sont des gens qui ont des troubles, des soucis de santé, il faut faire avec leur singularité, s’adapter à leur mode de fonctionnement, ne garder que les moments où ils sont bien.
Parfois il y a des rechutes, les médecins ne peuvent pas tout faire, il faut le voir comme des étapes dans la gestion de leur maladie, ce qui compte c’est l’environnement global et le faire…
Ce chantier c’est une action citoyenne, ils vont faire revivre un lieu qui était abandonné et le partager avec la population locale… cela donne une signification particulière à l’engagement de tous ces bénévoles.
D’autant qu’au départ nous n’avions pas de fonds pour le réaliser, nous avons fait appel à la solidarité de tous et cela a bien fonctionné !»
Au-delà de ce projet d’action citoyenne, il s’agit d’un formidable incubateur d’idées qui évoluera au fil du temps, au rythme des adhérents de l’association car il ne faut surtout pas précipiter les choses: aménagement d’un arboretum, jardin avec création d’une coopérative sociale d’intérêt collectif, nettoyage du canal jusqu’au moulin, etc.
«Nous nous sommes fixés un cap et on n’en dérogera pas, poursuit la présidente de l’association. Nous tenons au rétablissement de ces personnes, il passe par le faire, le soin et la continuité du soin que sont ces actions concrètes d’utilité sociale»
Ce chantier est totalement financé par les bénévoles des deux associations en relation avec les sympathisants de la commune qui n’ont pas hésités à accueillir les jeunes pour les faire dormir et contribuent gracieusement aux frais d’intendance. Une belle leçon de solidarité et d’intégration.
Toutes les bonnes volontés seront accueillies sur ce chantier qui devrait se terminer le 20 août. Renseignements: 06 07 44 28 43.
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