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Haute-Ariège: EDF à la pointe de la technologie pour sécuriser ses barrages
02/10/2012 | 19:11
© MidiNews 2012
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grands travaux Travaux de titans sur le barrage de Gnioure

Avec une capacité de plus 29 millions de mètres cubes, le barrage de Gnioure compte parmi les cinq grands barrages d’Ariège.

Construit dans la vallée de Siguer dans les années 40, il a été mis en eau en 1950.

L’hiver, cet ouvrage a un rôle majeur dans la fabrication de l’énergie de pointe et l’été il sert à alimenter le soutien d’étiage de la Garonne.

Depuis juillet 2012, EDF a lancé sur ce barrage de Haute-Ariège un chantier remarquable tant pour son importance que pour les techniques innovantes utilisées.

Ces travaux vont permettre d’améliorer l’étanchéité du barrage par la mise en œuvre d’une géo-membrane sur la totalité amont du barrage.

Pour réaliser ces travaux de titans l’ouvrage a été vidé de son eau et une base vie dont l’effectif oscille entre 25 et 50 personnes a été installée sur site.

«Nous avons abandonné le rejointement béton pour un procédé révolutionnaire développé et breveté par l’entreprise italienne CARPI, consistant à poser une géo-membrane PVC sur la partie basse du parement (3820 m²).

La première phase de cette opération devrait s’achever dans une dizaine de jours avec les premières neiges.

Nous reprendrons les travaux au printemps pour mettre en place la membrane sur le restant du parement (6680 m²) avec l’abaissement partiel de la retenue
» explique Franck Belotti, directeur du GEH Aude Ariège pour qui ce chantier de près de 5 millions d’euros s’inscrit résolument dans le XXIe siècle.

A près de 2000 m d’altitude, pas de temps mort pour les équipes qui se succèdent sur le couronnement du barrage, le compte à rebours a commencé avant la réouverture des vannes et la période hivernale:

«Nous avons laissé un volume d’eau résiduel de 200 000 m3 pour garantir la continuité de vie piscicole» indique Patrick Jaquet, ingénieur civil EDF qui suit l’avancement des travaux.

Cet édifice de 60 m de haut alimente la centrale de Pradière dans la vallée d’Artiès.

Pour ce technicien, la pose de ce nouveau procédé vise à réduire de manière significative les infiltrations d’eau au travers du parement: «le parement amont du barrage est constitué de blocs de granit assemblés ou rejointés par un mortier de ciment.

Ces blocs ont par endroit des angles saillants, nous déployons un géotextile de protection sur l’ensemble de la surface, un grillage PVC ayant pour finalité le drainage derrière le liner puis la géo-membrane en PVC (le fameux liner de 3 mm d’épaisseur) déroulée par lés de 2,50m de large, des lés thermo-soudées entre elles et un dispositif fixé par un ancrage ultime par bandeaux tous les sept mètres.

Le système de compartimentage par double fixation étanche permet de garantir l’étanchéité de l’ouvrage en pied de barrage
»

Rien n’est laissé au hasard dans le génie civil, les équipes ont réalisé en amont des bandeaux d’égalisation en mortier pour créer des surfaces planes pour implanter le dispositif d’étanchéité alors que les parties spécifiques de l’ouvrage, au pied de couloirs d’avalanches, seront traitées en traditionnel, avec un masque de béton projeté de 10 cm d’épaisseur.

Hervé, chef de chantier RESIREP, manage les différentes équipes de ce chantier atypique où l’on parle portugais, italien et français.

Il gère également les approvisionnements avec le conducteur de travaux et les héliportages, essentiels pour alimenter le chantier en matériaux.

Pour la seule campagne 2012, près de 200 heures d’héliportage auront été nécessaires sur ce chantier de titans.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 02/10/2012 | 19:11 | Lu: 15825 fois